Le retour d’une taille très basse est-il une menace pour la positivité corporelle ?

Le retour d’une taille très basse est-il une menace pour la positivité corporelle ?

L’influenceuse Leonie Han porte Miu Miu à la Fashion Week de Paris. (Paris, 8 mars 2022.) iMaxtree

La résurgence de la silhouette iconique dans les années 2000, qui était ventre nu, est déstabilisante. Rappelant des commandes minceur pour certains, c’est, pour d’autres, l’occasion rêvée de retrouver une forme de sensualité.

A peine éprouvées, les nouvelles « normes » de beauté sont-elles vraiment menacées ? C’est le sentiment du compte Instagram Who What Wear Fashion aux 3,8 millions d’abonnés. Plus précisément, dans les commentaires publiés sur le post, l’actrice Sydney Sweeney apparaît dans une minijupe chérie aux MTV Movie & TV Awards. “Attendez-vous à voir le costume positif s’effondrer une fois que vous aurez repris les costumes hipster” ; “Retour dans l’arène : encouragement pour les troubles de l’alimentation” ; ou “S’il vous plaît, ne laissez pas les tailles basses redevenir à la mode. Mon corps ne le supporte pas”… Voici quelques messages à lire dans ce post du 6 juin où l’actrice apparaît le ventre en l’air dans le groupe de Miu Miu . Selon ces abonnés, tous les bienfaits du mouvement d’acceptation du corps sont sur le point d’être anéantis par le retour de cette tendance du deuxième millénaire, alors cette inquiétude est-elle justifiée ?

Jupe courte, maxi phénomène

Le ventre est recouvert depuis des années de coupes taille haute, dévoilant ainsi le ventre plein, le 5 octobre 2021. En ce jour, dernier jour de la Fashion Week de Paris, Miu Miu chez elle enfile la mini jupe sous la taille et le haut Couper. bord brut. La silhouette a un effet sans précédent. Couverture tous azimuts, notamment par Nicole Kidman dans l’un des Salon de la vanité Du jour au lendemain, elle a réintroduit ce clip qui a conquis les stars de la pop au tournant du siècle. A la différence, cette fois, la variance des formes corporelles (en genre, âge et forme) dominait. Paloma Elsesser, le top model aux formes sensuelles, fait une apparition remarquée en couverture du magazine carte d’identité. Jugée comme un cas isolé, l’image ne suffit pas à calmer les esprits de ces défenseurs du body positive, qui montent peu à peu contre la silhouette à travers les plateformes et sur les réseaux sociaux.

La première décennie du XXIe siècle et les diktats de la minceur

Le principal reproche de la taille basse : s’inscrire dans la continuité du système d’exclusion, une mode “motivée par les personnes minces” selon Gianluca Russo, co-fondateur de Power of Plus, une communauté “ouverte à toutes les tailles, et dont la mission est de promouvoir le respect, l’amour et l’élégance pour tous les corps”, dans une interview avec Yahoo. Par conséquent, la robe encourage les mauvaises conditions. Point de vue de Caroline Corbier, sémiologue et professeur à l’Université de Toulouse : “C’est une aberration, que l’on reproche à un sujet le fait qu’il revendique lui-même quelque chose.” Elle poursuit : “C’est très paradoxal, car l’idée d’un corps positif repose sur le fait de pouvoir porter n’importe quoi dans n’importe quelle forme.”

Compte tenu de ce mouvement, comment la tension de la taille basse continue-t-elle ? Evoquant la nostalgie d’une époque édulcorée pour certains, la première décennie du XXIe siècle, pour d’autres, est synonyme de diktat de la minceur, et donc, exposer le corps et la souffrance. Pourtant, le body positivity a porté ses fruits, et a en partie façonné la vision de la mode actuelle, qui devient plus démocratique qu’hégémonique.

Ne pas fermer le champ des possibles

Si la mode produit encore des standards, comme la silhouette de Kim Kardashian, alors la pluralité des représentations rend désormais le choix libre pour l’individu. Marie DeWitt de la Maison Cléo, qui a invité des mannequins de toutes tailles à porter des pièces sexy lors de son récent défilé, a commenté : “Les silhouettes A, H… et les tabous qui vont avec !” Parmi eux se trouve Alexia Chula. Pour elle, “la représentation de cette jupe n’est pas différente des années 2000, car ce sont les silhouettes élancées qui portent ces tailles basses à la campagne, mais la société a évolué plus vite que la publicité.” Ainsi, elle ne se sent pas en marge de la tendance et porte ces pièces avec plaisir. Au-delà de se sentir bien d’être à la mode, se souvient Caroline Corbier, la question de savoir ce qui « va » ou « ne va pas » est très personnelle. “Chacun a sa propre perception personnelle : vous pouvez trouver la silhouette élancée et jeune peu attrayante ou simplement considérer une taille basse comme plus moulante car elle étire moins le ventre.” Alors, la jupe taille basse n’aurait-elle pas une seconde chance ?

Y faire les cadavres

Une taille extrêmement basse, comme toute robe sexy, peut être essentielle dans ce processus d’inclusion. Une taille basse, laissant apparaître le ventre, au contraire « normalise » ce corps qui n’a pas toujours été dans la norme », explique le mannequin Alexia Cheula. Une analyse partagée par Paloma Elceser, qui s’est également donné pour mission de s’emparer de la mini-jupe Miu Miu, représentant le créateur Carlos Nazario. Le mannequin sur Instagram explique son objectif de “créer des images auxquelles les gens peuvent s’identifier” en apparaissant dans cette silhouette populaire. Un autre travail important du créateur Maison Cléo qui entretient cette mode est aussi une question d’exemples à donner et d’habitudes à adopter, quels que soient les complexes de chacun. “C’est très bien que des choses qui montrent beaucoup le corps coexistent avec d’autres qui le cachent, c’est une forme de diversité”, ajoute la biologiste Caroline Corbier.

sexy pour tout le monde

Lors du défilé Maison Cléo, des mannequins aux formes variées ont adopté des pièces cultes des années 2000, des robes transparentes, des robes en laine et des chaînes à la taille, sans chercher à assimiler les personnalités phares de ces années : Britney Spears, Christina Aguilera et les autres. “Chacune était tellement à l’aise avec sa tenue, et tellement enthousiasmée par l’idée de vêtements sexy qu’on y voit si peu de femmes fortes”, raconte la créatrice Marie DeWitt, qui réalise des pièces sur mesure qui respectent au maximum les silhouettes. Concept sexy et sans fioritures, il est aussi distillé par des personnages comme la créatrice Esther Manas jouant avec les découpes, Rihanna et sa grossesse en majesté, le mannequin Ashley Graham posant nue ou la chanteuse Yseult en combinaison moulante. Dos taille basse ? Je ne me suis même pas caché !

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