Les pièges du marché de l’art

Les pièges du marché de l’art

Par Roxana Azimi

Publié aujourd’hui à 00h31, mis à jour à 13h28.

Le 14 juin, le même rituel annuel aura lieu dans la vaste cour grise de la Mesplatz à Bâle. Une foule disciplinée assistera à l’ouverture des portes du Swiss Art Basel, le rendez-vous incontournable du marché de l’art contemporain, qui réunit l’élite des marchands – quelque 300 galeristes du monde entier – et une élite de collectionneurs, entourés de Conseillers Ces consultants qui soulignent sont des affaires à ne pas manquer.

Ces centaines d’acheteurs arrivent à 10h pour un petit déjeuner au champagne. Le temps pour ces convives triés sur le volet de se régaler de brochettes de fruits et de petites pâtisseries, avant de gravir, une heure plus tard, les deux étages de la galerie. Ils savent que les amateurs moins connus, ceux qui n’achètent ni avec la même régularité ni à des prix élevés qu’eux, ne pourront entrer dans l’immeuble que le lendemain à 17 heures. Et le grand public devra attendre encore deux jours, moyennant un versement de 65 francs suisses (63 euros), pour voir les œuvres, dont la plupart ont déjà été vendues.

Mais, même parmi les privilégiés, il y a toujours des personnalités qui sont plus importantes que soi. Le 14 juin, dans un espace dédié à l’une des deux salles d’Art Basel, dédiées aux affaires au format XXL, un autre groupe, plus précisément, discutera autour d’un petit-déjeuner, également narré : Mécènes mondiaux de l’art.

“Participation” VIP

Ces collectionneurs cinq étoiles ne sont pas les premiers sur les palmarès de l’extravagance – Jeff Bezos, par exemple, ne les fait pas. En revanche, ils sont dits “engagés”, selon la formule donnée. Engagés à acheter bien sûr, mais aussi à montrer leur collection au public, à la prêter à des expositions. Enfin, pour défendre une certaine vision de l’art, il est jugé audacieux.

172 d’entre eux mécènes mondiaux de l’art, C’est ainsi que nous avons découvert Christian Boros, le collectionneur allemand qui a transformé un immense orphelinat de Berlin en musée privé. Ou Edith Broad, la veuve d’Ellie Broad, la milliardaire californienne, co-fondatrice de l’empire immobilier Kaufman and Broad, qui a refaçonné le visage artistique de Los Angeles (avec le MoCA). Il y a aussi des Français, comme Guillaume Houzé, de la famille propriétaire des Galeries Lafayette et fondateur du Centre des Arts Lafayette Anticipations, ou Laurent Dumas, président du groupe immobilier Emerige.

Ce qui joue dans ces cocktails bâlois est le cœur du réacteur d’un marché de l’art florissant. La réputation des commerçants et la cote des propriétaires d’expositions sont déterminées dans les expositions

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