Les taux d’intérêt sont en hausse, par rapport à la France au dessus de 2%

Les taux d’intérêt sont en hausse, par rapport à la France au dessus de 2%

Publié le lundi 13 juin 2022 à 17h33

Les taux d’intérêt des obligations d’État ont poursuivi leur remontée lundi, le taux à 10 ans français dépassant les 2%, un niveau jamais vu depuis 2014, sous la pression de l’inflation qui faisait craindre un sévère resserrement monétaire des banques centrales.

“C’est une sorte de bain de sang” sur le marché de la dette souveraine alors que les investisseurs se débarrassent de leurs obligations, note Aurélien Buffaut, directeur de la gestion obligataire chez Meeaschaert Amilton AM.

Les rendements se sont envolés à la suite d’un message fort de la Banque centrale européenne jeudi et d’une accélération de l’inflation américaine vendredi, laissant le marché craindre un resserrement monétaire plus fort que prévu.

La Société monétaire de Francfort a confirmé la semaine dernière qu’elle mettrait fin début juillet à ses achats d’obligations sur les marchés et qu’elle augmenterait ses prix en juillet d’un quart de point, comme prévu, sans exclure une hausse plus importante en septembre. Les anticipations d’inflation se maintiennent ou se détériorent.

“Le marché estime qu’une hausse des taux sera plus difficile que prévu”, explique M. Buffot.

Dans la zone euro, le rendement du Bund (taux d’emprunt à 10 ans de l’Allemagne, qui indique) était de 1,61%, un niveau jamais vu depuis 2014, tout comme la France à 2,22% vers 14h50. GMT.

“L’arrêt des achats d’actifs par la Banque centrale européenne mettra la pression sur la dette des pays de la zone euro, en particulier des pays périphériques comme l’Italie”, note Nicholas Forrest, directeur de la gestion obligataire chez Candriam, dans une question à l’AFP.

Le rendement du prêt italien a dépassé les 4 %, un niveau remontant à fin 2013.

«Surtout au niveau des différentiels de taux d’intérêt, il convient d’être prudent en zone euro: l’écart entre les taux à 10 ans en Allemagne et en Italie était de 2,40% ce matin, le plus haut niveau depuis mai 2020, lors de la première vague de Covid », a écrit Alexandre Paradis, responsable de l’analyse de marché chez IG France. Un écart « encore loin des niveaux de stress atteints lors de la crise de la dette de la zone euro puisque cet écart a dépassé les 5 % en 2011 et 2012 », précise l’expert.

La perspective d’un resserrement de la politique monétaire de la banque centrale américaine à l’issue de sa réunion, qui a lieu mardi et mercredi, a également poussé les taux d’intérêt américains à 10 ans à un plus haut de 11 ans.

Leave a Reply

Your email address will not be published.