La commission des finances au RN ou au NUPES ? Dans l’assemblée, la question est déjà impressionnante

La commission des finances au RN ou au NUPES ?  Dans l’assemblée, la question est déjà impressionnante

Bruno DE HOGUES via Getty Images

Palais Bourbon sur le Quai d’Orsay à Paris, France. (Photo by Bruno DE HOGUES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Législatif – Avec persévérance et distinction, la présidence de la Commission des finances est l’un des postes les plus convoités à l’Assemblée nationale. Rien d’étonnant vis-à-vis de ce dernier, passé dans l’opposition, que l’attention et les discussions se tournent ce lundi 20 juin, au lendemain du second tour des législatives.

Le Rassemblement national, deuxième parti à la Chambre des représentants avec 89 députés, a été le premier à tirer, notamment via le député Uys RN et porte-parole nouvellement élu Philip Ballard. “Nous sommes le premier parti de France” et “le premier parti d’opposition, donc la commission des finances, c’est à nous”, a-t-il déclaré à franceinfo. Marine Le Pen a été interrogée dans la matinée sur BFMTV, où elle a également affirmé avoir obtenu le poste de vice-présidente AN pour le RN.

L’engouement des ambitions de l’armée nationale est dû aux pouvoirs accordés par la commission. L’une des institutions les plus puissantes de l’AN, elle contrôle directement le budget et la gestion des finances de l’État. Il peut lever le secret fiscal de l’entreprise, auditionner le ministre de l’Economie, donner un avis sur le choix du gouverneur de la Banque de France, ou encore accéder à certaines informations en amont.

« En retour, son président peut donner à sa famille politique un éclairage utile, dans la perspective du cycle électoral à venir », assurent nos confrères LundiPhilip Askenazi, économiste au Morris-Halbwachs Center.

L’opposition est en désaccord

Ce qu’il faut comprendre, alors, c’est pourquoi les Nupes – et notamment les 72 députés LFI – n’ont pas l’intention de moucher la succession d’Eric Wirth sans rien dire. L’Insoumise Clémentine Autain, réélue en Seine-Saint-Denis, a immédiatement répondu à Marc Fesneau.

Sur franceinfo, le ministre de l’Agriculture (l’ancien ministre des Relations avec le Parlement) a déclaré lundi que c’est “constitutionnellement, c’est le premier groupe d’opposition” qui devrait prendre la présidence de la commission des Finances. Analyse des conflits par NUPES. Pas le plus grand groupe d’opposition mais le candidat qui obtient le plus de voix, les députés de la majorité ne votant pas. Par conséquent, NUPES est le meilleur », a déclaré Clémentine Otten.

Qui dit la vérité? Il n’y a pas d’implications pour des règles spécifiques relatives à la commission des finances dans la Constitution, et d’autre part, les statuts de l’Assemblée nationale stipulent que : « Il n’est pas permis d’élire un député à la présidence de la Commission des finances, de l’économie publique et du contrôle budgétaire. Commission d’un député appartenant à un groupe déclaré dans l’opposition. Cependant, il n’y a aucune mention du groupe. Selon la coutume, cette position revenait sur les épaules du groupe d’opposition le plus important.

L’ambiguïté reconnue dans la moitié des propos de la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, qui a souligné auprès de France Inter que le poste “doit constitutionnellement passer à un groupe d’opposition” mais “il n’y a aucune certitude quand on lit la constitution”.

De la règle tacite à la stratégie

En tout état de cause, la NUPES et le RN devront s’appuyer sur une règle : les commissions sont constituées de manière à représenter le rapport de force au sein de la demi-circulation, et sur une autre tradition : lors de la présidentielle des finances, la majorité le fait. Ne participez pas au sondage. Macron choisira-t-il d’honorer cette tradition ?

Peut-être que la solution pour la nouvelle coalition de gauche est de proposer à ce poste un ou un élu qui n’est pas de la France Insoumise afin de freiner la majorité – le nom de la socialiste Valérie Rabo a notamment été évoqué. La deuxième sortie pourrait simplement être de configurer un groupe afin d’équilibrer le RN. Une révolution politique aux conséquences désastreuses, qui relève actuellement plus d’une réflexion sécuritaire que d’une vision réaliste de la dissolution entre PS, PCF, EELV et LFI.

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