Un autre “Blanc Matignon” en Guadeloupe, sur France 3 : une communauté unique

Un autre “Blanc Matignon” en Guadeloupe, sur France 3 : une communauté unique

Image extraite d'un film

France 3 – Lundi 20 juin à 00h15 – Documentaire

Les “Blancs-Matignon” sont les descendants de ces colons arrivés en Guadeloupe à la fin du 17ème siècle.e siècle, à la suite de Léonard Matignon, plus connu sous le nom de “La Creuse”, qui s’implanta ensuite dans le nord-est de l’île de Grande-Terre, après la première abolition de l’esclavage, en 1794. Des colons blancs rebelles, qui s’enfuirent à l’intérieur des terres, notamment aux Grands-Fonds, dans la région du Moule, au nord de l’archipel guadeloupéen. Depuis, le terme « Matignon » est devenu un terme d’argot désignant les habitants de cette enclave.

Le dernier Blanc Matignon de Guadeloupe Il retrace leur quête pour retrouver une trace de leurs ancêtres et, en même temps, leur identité. “Ce qui distingue l’appellation ‘Plan Matignon’, c’est qu’à une certaine époque ils ont tous continué à se multiplier entre eux avant de se mélanger.”, ont noté deux de leurs petits-enfants, Estelle et David. Issus de métissages, ils réalisent, au fil de leurs rencontres avec leurs cousins ​​ou ancêtres un peu éloignés, qu’ils ont du mal à se dégager de cette étiquette.

Les blessures du passé seront-elles cicatrisées quand certains, encore figés dans leur communauté de Blancs aux yeux bleus qui parlent plus créole que français – comme d’anciens esclaves plutôt que d’anciens maîtres – continueront à garder leur sang pur ? Autant que possible?

“Entre l’arbre et l’écorce”

Même si leurs ancêtres, d’origine modeste mais dont la parcelle leur a été cédée, possédaient aussi des esclaves, ils se distinguaient des Pékes, descendants des grandes familles riches qui s’emparèrent des terres antillaises et pour lesquelles le système de la traite négrière maintenant un crime contre l’humanité a été mis en application.

Il n’y a pas si longtemps, les mariages ou alliances mixtes faisaient encore l’objet de préjugés et de réactions hostiles. Désormais, on mixe, on mixe, on devient Guadeloupéen, même si rien ne s’efface. Car, comme le rappelle l’artiste Jocelyn Akwaba Matignon, il est né d’un père noir Pointe-à-Pierre et d’une mère Blanc Matignon, “L’écorce et l’arbre de vie entrelacé”.

« Qui suis-je ? Suis-je français, suis-je guadeloupéen ?Un de ces fils pose des questions sur le croisement. “Votre famille était composée d’esclaves et de propriétaires d’esclaves.”lui dit-il dans une réponse éloquente “vieil homme”.

“Repas pour les pauvres”

Estelle et David marchent vers leur passé, sans vraiment l’affronter. “Il y a d’autres membres de la famille qui se sont tournés vers le métissage. Je n’ai pas voulu prendre de risque.”, leur dit un de leurs cousins, de cette souche. Lorsqu’ils se réunissent pour un déjeuner en famille, l’hôtesse le prépare pour la caméra “Ce n’est pas un Blancs-Matignon, c’est la Guadeloupe.” Pris par un invité : “C’est de la mauvaise nourriture.”

A l’entrée du port de Pointe-à-Pitre se trouve le Musée de la Mémoire et de l’Histoire de l’Esclavage. Cela fait bizarrement l’impasse sur ces « Blancs-Matignon », qui font aussi partie de l’histoire de la Guadeloupe.

Le dernier Blanc Matignon de GuadeloupeEt le Écrit par Michel Renett et Mariette Montpierre (Fr., 2022, 52 min). Le documentaire est déjà disponible sur le Portail des Outre-mer.

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