Le plan de sauvetage du secteur pour éviter une série d’échecs

Le plan de sauvetage du secteur pour éviter une série d’échecs

La crise énergétique, amplifiée par la guerre en Ukraine, devrait constituer un véritable point de départ pour le développement des énergies renouvelables sur le Vieux Continent, et l’Union européenne parie sur le déploiement massif d’énergies propres pour se débarrasser au plus vite du gaz russe que possible et garantir son énergie. indépendance. Cependant, à court terme, les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie pourraient nuire au développement de ce secteur. C’est en tout cas ce que craignent les professionnels français du secteur, avertissant des dangers D’une poche d’air.

“De nombreux projets d’énergies renouvelables doivent absorber les surcoûts liés à la crise actuelle et ne peuvent voir le jour si des mesures d’urgence ne sont pas adoptées d’ici l’été.”Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) alerte, mercredi 22 juin, dans un communiqué.

Contrairement à l’industrie automobile, qui souffre de la faible disponibilité des semi-conducteurs, le secteur n’est pas confronté au problème de la rareté des composants, mais au problème de l’augmentation significative du coût des matières premières.

+ 25% à 30% de dépenses d’investissement

Les professionnels des énergies renouvelables sont particulièrement touchés par la hausse des prixSolide, notamment utilisé dans les turbines hydrauliques, dans des plateaux montés pour recevoir des panneaux solaires ou dans des mâts d’éoliennes. Le secteur est également touché par la hausse des prix Ciment Et par là siliciumdont le processus de fabrication nécessite beaucoup d’énergie.

A cette hausse des prix des matières premières s’ajoute le coût élevé des matières premières Le transportmais aussi l’émergence de taux d’intérêtce qui grève la capacité d’emprunt des porteurs de projet et les oblige à mobiliser davantage de fonds propres.

“Tout cela, combiné, entraîne une augmentation des dépenses en capital [les dépenses d’investissements, Ndlr] Entre 25% et 30%”, estime Alexandre Roche, délégué général du SER.

Ajouter :

“Les gagnants des offres les plus récentes proposées à un certain prix doivent désormais supporter des augmentations de coûts qui n’auraient pas pu être anticipées. La crainte est que ces projets ne soient plus économiquement viables et ne puissent pas être construits.”

L’équivalent d’un an de développement solaire menacé

Tous les secteurs renouvelables sont touchés (hydraulique, éolien, solaire, biogaz, etc.), mais le solaire est le secteur avec la plus grande taille projetée, et le président réélu vise à fournir 100 gigawatts de solaire connecté au réseau d’ici 2050, contre D’un peu plus de 13 gigawatts fin 2021.

Au total, d’après un sondage réalisé par le SER auprès de ses membres, plus de 2 GW de capacités solaires seraient aujourd’hui en péril du fait du contexte inflationniste, soit peu ou prou l’équivalent des capacités solaires raccordées au réseau l ‘L’année dernière. Plus de 5 TWh de capacité de production de biométhane sont également menacés.

Deux mesures d’urgence

Dans ce contexte, les professionnels de ce secteur appellent à la mise en place de deux mesures d’urgence “de nature non législative”, dit Alexandre Roche. La première consiste à permettre aux adjudicataires de vendre de l’électricité sur les marchés et d’activer ensuite le contrat de subvention publique.

L’idée est de leur donner la possibilité de profiter des prix actuellement élevés du marché de l’électricité (environ 400 € le mégawattheure, bien au-dessus du prix négocié lors des appels d’offres) pour absorber les surcoûts. SER suggère que ce développement pourrait être réalisé sur une période de deux ans.

La deuxième piste est destinée aux jeunes joueurs. Cette dernière ne répond pas aux appels d’offres mais bénéficie du tarif d’achat de l’électricité. C’est ce qu’on appelle la fenêtre ouverte. “Pour ces acteurs, nous proposons d’indexer les niveaux de soutien public, c’est-à-dire de revoir le niveau tarifaire auquel ils ont droit pour couvrir les surcoûts en augmentant”, Explique le délégué général du SER. Cette mesure prendra alors la forme d’un arrêté tarifaire et, contrairement à la première proposition, affectera le budget de l’Etat.

Danger pour la sécurité de l’approvisionnement en électricité

Selon les professionnels du secteur, ces mesures ne peuvent attendre la rentrée et doivent être prises dès maintenant.

Alexander Roach prévient : « Des décisions stratégiques doivent être prises. Les porteurs de projet ont besoin de vision. Il y a urgence aujourd’hui. Dans le solaire, le tissu de sous-traitance sera le premier touché si des chantiers sont annulés.

Outre les risques économiques pour le secteur, le SER alerte sur la sécurité de l’approvisionnement électrique au moment où près de la moitié des réacteurs du parc nucléaire sont à l’arrêt pour diverses raisons, dont le phénomène de corrosion sous contrainte.

“Sans aucun doute, nous nous dirigeons vers une situation de stress sur l’approvisionnement en électricité. Il serait dommage de se priver de projets d’énergies renouvelables, qui sont les premiers à sortir de terre”, estime Alexandre Roche.

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Les énergies renouvelables, pas encore à la hauteur des enjeux climatiques

Défi climatique aussi. Car si la part des renouvelables dans la consommation finale d’énergie des Français a nettement augmenté l’an dernier, atteignant 19,3 %, ce niveau est encore loin de l’objectif de 33 % d’ici 2030. La France est déjà vue comme un mauvais élève. Avec un taux de 19 % en 2020, c’est le seul État membre de l’UE qui n’a pas respecté son objectif de 23 %, issu d’une directive européenne.

A l’international aussi, le développement des énergies renouvelables se poursuit à un rythme encore insuffisant pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, malgré les progrès attendus pour cette année. En effet, selon les dernières estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les investissements dans les énergies propres (éolien, solaire, biogaz, réseaux, stockage, etc.) devraient dépasser les 1 400 milliards de dollars en 2022, soit une augmentation de 12 % par rapport à 2020. . .

c’est ça “Beaucoup moins que ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques internationaux, mais c’est un pas important dans la bonne direction”jugé par l’Agence internationale de l’énergie.