La Cour des comptes s’inquiète de “l’impasse financière”

La Cour des comptes s’inquiète de “l’impasse financière”

Un déficit de 6 milliards d’euros

Prévu à 3,2 milliards en 2021 – malgré le soutien exceptionnel de 2,75 milliards – le déficit des compétences de la France, qui finance notamment les centres de formation des stagiaires (CFA) sur apport des entreprises, pourrait s’élever à 5,9 milliards cette année, ce qui nécessitera un coup de pouce financier supplémentaire.

A remettre en question, la réforme du financement couplée à une augmentation des revenus des jeunes en apprentissage qui a presque doublé en deux ans pour atteindre un record de 730 000 en 2021 et a permis une augmentation du taux d’emploi des jeunes. “La croissance du nombre de stagiaires, qui est l’objectif affiché de la réforme, n’était pas prévue, pas plus que la croissance du coût unitaire par stagiaire”, a-t-elle consternée devant le tribunal.

Depuis 2020, le financement du CFA n’est plus dépendant de subventions régionales complétant les versements des entreprises, mais de financements contractuels (5 000 euros pour les CAP constructeurs par exemple) dans la logique du guichet ouvert. Le changement a augmenté le coût moyen par stagiaire “d’au moins 17%”, selon le tribunal, qui recommande des niveaux d’accompagnement inférieurs, à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration des compétences en France le 30 juin.

Le lycée est à la traîne

Emmanuel Macron – qui s’est fixé un objectif d’un million de stagiaires au deuxième quinquennat – a salué cette “croissance sans précédent” du nombre de stagiaires expliquée en partie par la réforme de 2018, qui a libéralisé l’apprentissage en termes de conditions d’entrée et d’offre. de la formation.

Mais c’est aussi dû à l’aide identifiée pendant la crise sanitaire et versée par l’État depuis la rentrée 2020. Cette prime – 5 000 euros pour un mineur, 8 000 euros pour les majeurs – rend le coût de la première année quasi nul. pour l’employeur.

Selon le tribunal, le coût total des dépenses d’apprentissage a doublé en 2021 pour atteindre 11,3 milliards d’euros, dont 5,3 milliards de financement CFA et 4 milliards d’aides exceptionnelles. L’exécutif a l’intention de prolonger cette aide extraordinaire jusqu’à la fin de l’année.

« Il est particulièrement important que la Stratégie nationale d’étude du travail assure l’efficacité de la dépense publique en priorisant les cas où l’apprentissage apporte une réelle valeur ajoutée », prévient la Cour.

La hausse des effectifs a été essentiellement tirée par les stagiaires de l’enseignement supérieur qui sont devenus majoritaires depuis 2020. Or, dès la licence, « la valeur ajoutée de l’insertion professionnelle est faible », selon le tribunal même si cela « contribue à la démocratisation, à la professionnalisation ». et le financement de l’éducation.

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