La mer Noire est un enjeu stratégique, militaire et économique

La mer Noire est un enjeu stratégique, militaire et économique

Un monument soviétique en l'honneur des marins disparus, face au port d'Odessa, Ukraine, le 2 juin 2022.

Les Ukrainiens peuvent-ils briser le blocus russe sur la mer Noire ? Depuis le début du conflit initié par Vladimir Poutine, il y a près de quatre mois, l’accès à la mer intérieure bordant le sud de l’Ukraine est un enjeu stratégique, qui intéresse Moscou et Kiev. Les Russes ont tenté par mer – en vain – d’envahir le sud-ouest de l’Ukraine pendant les premières semaines des combats. Par voie maritime, les Ukrainiens espèrent exporter des millions de tonnes de céréales dormantes dans leurs silos, ce qui est essentiel pour éviter une crise alimentaire mondiale.

Lors d’une visite surprise le 18 juin à Mykolaïv et Odessa, les deux principales villes du sud du pays, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit déterminé à ne pas laisser la Russie lui couper l’accès à la mer Noire. “Nous ne donnerons le sud à personne, nous reprendrons tout ce qui nous appartient, et la mer sera ukrainienne et sûre”, confirmé. Certes, l’Ukraine n’a pas d’autre choix : la Russie lui refuse déjà l’accès à la mer d’Azov depuis la prise de Marioupol, et le pays a un besoin vital de ses ports pour faire fonctionner son économie.

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île âprement disputée

Signe de la montée des tensions dans la région, plusieurs opérations militaires ukrainiennes ont eu lieu ces derniers jours en mer Noire. Mercredi 22 juin, deux usines de stockage de céréales ont été touchées par des bombardements russes à Mykolaïv, faisant cinq blessés. Le 17 juin, les forces de Kyiv ont démantelé un navire russe soupçonné de ravitailler en hommes et en matériel l’île du Serpent, pour laquelle les deux camps se battent. Occupée par Moscou au début du conflit, cette île de moins de 20 hectares se situe à une trentaine de kilomètres des côtes ukrainiennes et contrôle l’accès aux golfes du Danube et d’Odessa, verrou stratégique pour le transport maritime de marchandises.

D’après des photos prises par un drone et publiées sur les réseaux sociaux, la locomotive russe Fasil Bakkah Apparemment (1 600 tonnes), que les forces ukrainiennes soupçonnaient de transporter le système anti-aérien TOR, aurait été touché par deux missiles lancés depuis la côte. Il s’agit de la deuxième attaque menée par le kyiv à partir d’une batterie côtière, après le croiseur Moscou (12 500 tonnes), le navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, le 13 avril a été touché par des missiles ukrainiens et a coulé le lendemain.

Le 20 juin, plusieurs obus ukrainiens ont touché Snake Island, occupée par les forces russes depuis le 24 février. Selon Moscou, 15 drones ukrainiens, ainsi que des batteries de lanceurs de missiles et d’obusiers, ont été impliqués dans cette attaque, qui aurait pu être repoussée grâce aux systèmes de défense antiaérienne russes installés sur l’île, sans que cela soit possible. Vérifier. Les radars installés par Moscou auraient détecté dans le même secteur un drone de surveillance américain RQ-4 Global Hawk, signe d’une possible implication de Washington dans cette attaque.

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