La zone euro a épuisé les fruits post-Covid, la stagflation confirmée

La zone euro a épuisé les fruits post-Covid, la stagflation confirmée

L’hypothèse de la « stagflation », une croissance lente couplée à une forte inflation, se précise chaque jour. Pire encore, la récession qui s’annonce sur le Vieux Continent. Et malgré les prévisions de la Banque centrale européenne, qui s’est voulue rassurante il y a deux jours, le tableau s’assombrit déjà en Europe. La croissance L’activité économique de la zone euro a fortement ralenti en juin dans le secteur privé, à un plus bas en 16 mois, principalement en raison de l’inflation, selon le PMI composite publié jeudi par Standard & Poor’s Global.

Face à la hausse des prix, les consommateurs modifient leurs achats et dépensent moins en divertissement. L’indice, calculé sur la base d’enquêtes auprès des entreprises, est tombé à 51,9 contre 54,8 en mai. Un nombre supérieur à 50 indique une augmentation de l’activité, tandis qu’une diminution lorsqu’elle est inférieure à cette limite. Il chute également à son plus bas niveau depuis février 2021.

“La croissance L’économie de la zone euro montre des signes de faiblesse et l’impact en plein essor de la demande tardive liée à la pandémie se dissipe déjà, éclipsé par le choc du coût de la vie et la détérioration de la confiance des entreprises et des consommateurs, déclare Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global.

En effet, après une longue période d’ajustement des politiques monétaires, les banques centrales européennes tentent désormais d’éteindre le feu de l’inflation, qui a atteint en France ses plus hauts niveaux en mai depuis 37 ans. Si les prévisionnistes économiques écartent le scénario noir d’une récession en 2022, ils évoquent la possibilité d’une chute du PIB à 1,3 % en 2023.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a également confirmé lundi l’intention de l’institut de relever les taux d’intérêt à deux reprises en juillet et en septembre, la première en plus de 10 ans. Pour la Banque centrale européenne, le dilemme est le suivant : comment restaurer le sérieux budgétaire, qui empêchera les prix de remonter après un afflux de liquidités, sans freiner la croissance ?

Le moteur allemand s’est essoufflé

L’Allemagne, principal moteur de l’économie européenne, vit le même scénario. Outre-Rhin, la dynamique croissance Il a clairement perdu de son élan en juin. Pour Phil Smith, directeur associé de S&P Global, ces chiffres signifient que l’Allemagne a perdu presque tout l’élan qu’elle lui avait donné en assouplissant les restrictions sanitaires.

“La confiance des entreprises dans la marche future des affaires est désormais à son plus bas niveau depuis la première vague de la pandémie il y a deux ans”, ajoute-t-il.

De même, l’onde de choc de la guerre en Ukraine a continué de déstabiliser l’économie française. Lundi, la Banque de France table désormais sur une croissance du PIB de 2,3% en 2022 contre 2,7% (mars dernier).

(avec Reuters)