L’Union européenne s’apprête à certifier la candidature de l’Ukraine, qui est aux prises avec le lot russe – 23/06/2022 à 16:46

L’Union européenne s’apprête à certifier la candidature de l’Ukraine, qui est aux prises avec le lot russe – 23/06/2022 à 16:46

Soldats ukrainiens lors d'un exercice près d'Odessa (sud) le 22 juin 2022 (AFP/Oleksandr GIMANOV)

Soldats ukrainiens lors d’un exercice près d’Odessa (sud) le 22 juin 2022 (AFP/Oleksandr GIMANOV)

L’Union européenne, réunie en sommet à Bruxelles, s’apprête à entériner jeudi la candidature de l’Ukraine, dans un geste hautement symbolique près de quatre mois après l’invasion de l’armée russe, qui continue d’avancer en Irak avec des bombardements dévastateurs.

Le sommet de l’UE, consacré à l’octroi du statut de candidat à l’Ukraine et à son voisin la Moldavie, est un “moment historique de la géopolitique”, a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel avant la réunion qui a débuté vers 14h00 GMT.

Il a ajouté que la décision prise “affectera l’avenir de l’Union européenne, notre stabilité, notre sécurité et notre prospérité”.

“Nous attendons le feu vert”, a lancé à Kyiv le chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andrich Yermak. Il a ajouté que “l’objectif clair est l’adhésion à part entière à l’Union européenne”, même si ce processus pourrait prendre des années.

Sauf surprise, Kyiv devrait recevoir jeudi le statut de candidat : ​​l’exécutif européen a rendu il y a quelques jours un avis positif sur la candidature de l’Ukraine et mardi, la France, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, a relevé qu’une « consensus” s’est dégagé entre les sept pays. Vingt sur cette question.

Continuant à souligner que son pays appartient à la “famille européenne”, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a poursuivi jeudi un “marathon téléphonique” avec les dirigeants européens pour s’assurer d’un consensus en faveur du “oui”.

Il peut compter sur le soutien de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a appelé les dirigeants européens à “se montrer à la hauteur” en répondant à la demande de Kyiv.

Ce scénario, inimaginable jusqu’à récemment, s’est imposé aux 27 pays avec la guerre que la Russie a lancée il y a près de quatre mois contre l’Ukraine.

Le président russe Vladimir Poutine avec son ministre de la Défense Sergueï Choïgou à Moscou le 22 juin 2022 (Spoutnik/Mikhail Metzl)

Le président russe Vladimir Poutine avec son ministre de la Défense Sergueï Choïgou à Moscou le 22 juin 2022 (Spoutnik/Mikhail Metzl)

Le président russe Vladimir Poutine a également profité de la convocation du sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) le même jour que la réunion de Bruxelles, pour dénoncer les « agissements égoïstes » des pays occidentaux et appeler au leadership des BRICS. pays « à créer un véritable système multipolaire ». », qui est le leitmotiv du discours du Kremlin.

Les pays des Balkans occidentaux sous embargo sont restés pendant des années dans la salle d’attente de l’Union européenne, qui avait déjà fait une demande d’adhésion, pour leur part n’ont pas caché leur amertume tout au long de la procédure.

“C’est une bonne chose de donner du prestige” au candidat de Kyiv, a déclaré le Premier ministre albanais Edi Rama avant une rencontre à Bruxelles avec les dirigeants européens. Mais il a conseillé aux Ukrainiens de “ne pas se faire d’illusions” sur leur adhésion peu de temps après.

– ‘L’été est chaud’ –

Funérailles d'un soldat ukrainien tué lors d'une bataille à Kyiv, le 22 juin 2022 (AFP/Sergei SUPINSKY)

Funérailles d’un soldat ukrainien tué lors d’une bataille à Kyiv, le 22 juin 2022 (AFP/Sergei SUPINSKY)

Au sol, minées par la puissance de feu de l’artillerie et de l’aviation russes, les forces ukrainiennes fondent désormais leurs espoirs sur l’arrivée d’armes lourdes réclamées sans relâche par les alliés occidentaux, comme les lance-roquettes multiples américains Hemars.

Le ministre de la Défense ukrainien, Oleksich Reznikov, a annoncé jeudi, photo à l’appui, l’arrivée des premiers exemplaires de cette arme puissante et précise, qui pourrait permettre de repousser les Russes.

“L’été sera chaud pour les occupants russes. Et le dernier pour certains d’entre eux”, at-il menacé, sans préciser combien de ces batteries mobiles d’une portée de 80 km avaient été livrées à ce stade par des Américains.

Car en ce moment, les forces ukrainiennes continuent de céder du territoire dans le Donbass, notamment autour des villes jumelles stratégiques de Lyschansk et Severodonetsk, dernière poche de résistance de la région de Lougansk.

Un bâtiment détruit par un bombardement à Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine, le 21 juin 2022 (AFP/SERGEY BOBOK)

Un bâtiment détruit par un bombardement à Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, le 21 juin 2022 (AFP/SERGEY BOBOK)

Bombardée par les Russes pendant des semaines, Severodonetsk est une étape majeure dans leur plan de conquête de tout le bassin du Donbass, un bassin de l’est de l’Ukraine en partie contrôlé par les séparatistes pro-russes depuis 2014.

Le gouverneur de la région dans Telegram Serguiï Gaïdaï a déclaré jeudi matin que les Russes « multipliaient les attaques pour encercler nos forces », admettant que l’ennemi avait envahi Loskutivka et Rai-Oleksandrivka, deux districts situés à quelques kilomètres de Lyssytchansk, et attaqué Syrotyne, au portes de Severodonetsk.

Un représentant des séparatistes pro-russes a déclaré jeudi que la résistance ukrainienne à Lyschansk et Severodonetsk était “inutile”.

“Au rythme auquel nos soldats marchent, très bientôt tout le territoire de la République populaire de Lougansk sera libéré”, a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Andrei Maruchko par appel vidéo.

Carte de la situation en Ukraine au 23 juin à 7h GMT (AFP/)

Carte de la situation en Ukraine au 23 juin à 7h GMT (AFP/)

Dans la nuit, Volodymyr Zelensky a mis en garde contre la stratégie destructrice de l’armée russe depuis sa défaite près de Kyiv après son entrée en Ukraine le 24 février.

“Ils veulent détruire tout le Donbass, pas à pas. Complètement. Lessichansk, Sloviansk, Kramatorsk… Ils veulent transformer toutes les villes en Marioupol”, une ville martyre du sud-est du pays où les pertes civiles sont estimées à au moins 20 000 morts.

Au nord, à Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine, bombardée quotidiennement, les rues semblaient vides mercredi, selon l’équipe de l’AFP.

L’armée russe continue également de bombarder la région de Mykolaïv (sud), alors qu’elle a annoncé jeudi avoir considérablement détruit 49 réserves de carburant et trois centres de réparation blindés.

– “Une question de valeurs” –

Selon l’American Institute for the Study of War (ISW), il est possible que les forces russes aient repris la rive orientale des Inhoulets, située entre Mykolaïv, toujours sous contrôle ukrainien, et Kherson, à l’est, occupée par les Russes.

Les ports de Mykolaïv et d’Odessa ont été fermés dès le début du conflit, paralysant le transport maritime des matières premières agricoles, qui jusqu’alors était la principale voie d’exportation de l’Ukraine.

Cependant, un blocage prolongé pourrait avoir de graves conséquences sur l’alimentation de nombreux pays qui dépendent des greniers ukrainiens et des engrais russes.

Guerre russo-ukrainienne, derniers développements, 21-22 juin (AFP/)

Guerre russo-ukrainienne, derniers développements, 21-22 juin (AFP/)

“Cette crise est urgente et doit être résolue d’ici un mois, sinon les conséquences pourraient être désastreuses”, a déclaré jeudi la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss lors d’une visite à Ankara, accusant Vladimir Poutine d'”utiliser la faim comme une arme” dans ce conflit.

Le chef du Fonds mondial, une organisation luttant contre la crise alimentaire mondiale, déclenchée par la guerre en Ukraine, a averti qu’une grande partie de la population était rendue plus vulnérable aux maladies infectieuses, ce qui pourrait conduire à une nouvelle crise sanitaire. Sida, paludisme et tuberculose.

Il devrait être suivi du sommet européen, qui se tiendra jeudi à Bruxelles, un autre sommet du G7 et un troisième de l’Otan, auquel participera le président américain Joe Biden. La question de savoir comment l’aide financière devrait être au centre des discussions lors de ces trois rencontres.

Volodymyr Zelensky a critiqué jeudi le gouvernement israélien pour ne pas avoir adhéré aux sanctions contre la Russie, lors d’une allocution vidéo devant des étudiants à Jérusalem.

“Imposer des sanctions à la Russie est une question de valeurs. De nombreux pays européens sont avec nous contre l’agression russe, mais malheureusement nous ne voyons pas Israël se joindre” aux sanctions, a-t-il déclaré dans un discours en ukrainien traduit en anglais.

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