Des policiers de la Direction générale des droits de la personne ont été placés en garde à vue, soupçonnés d’avoir violé le secret de la défense

Des policiers de la Direction générale des droits de la personne ont été placés en garde à vue, soupçonnés d’avoir violé le secret de la défense

Des anciens et actuels policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été placés en garde à vue mercredi à la préfecture de service, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Ils sont entendus pour suspicion de « compromission des secrets de la défense nationale » dans le cadre d’une information judiciaire, qui a été confiée à la même direction générale de l’information publique. L’enquête porte sur des informations classifiées publiées par le journaliste Alex Jordanov, auteur d’un livre d’enquête sur la Direction générale des statistiques.

On soupçonne que la police a transmis au greffier, qui a également été placé en garde à vue, des notes de renseignement couvertes du secret défense. En 2019, Alex Jordanoff a publié “DGSI’s Shadow Wars” (New World Editions). Dans son livre, le journaliste révèle les “succès” et les “échecs” du renseignement intérieur dans la lutte contre le terrorisme à travers les témoignages de plusieurs agents de la Direction générale des statistiques. Selon le magazine Le Point, qui a révélé l’information, son domicile a été perquisitionné pendant plusieurs heures lundi.

La question du droit à l’information

Cette enquête soulève en tout cas un scandale pour la maison d’édition d’Alex Jordanov et pose la question de la protection des sources journalistiques. Aucune enquête judiciaire ne peut avoir pour seul objet d’identifier les sources d’un journaliste protégées par la loi, sauf en cas “d’extrême nécessité dans l’intérêt public”. Une notion floue laissant la liberté à la discrétion de la justice. Le sujet très sensible du contre-terrorisme et de l’espionnage abordé par Alex Jordanov est-il susceptible de porter atteinte à la sûreté de l’État, ou le travail du journaliste relève-t-il du droit légitime à l’information et de la liberté de la presse ?

Pendant deux ans, ce journaliste français a recueilli les confidences d’agents de la Direction générale de la statistique. Comment écoutent-ils et chassent-ils leurs cibles ? De quels moyens disposent-ils pour contrecarrer les plans de l’État islamique sur nos terres ? Comment imaginent-ils l’issue du conflit entre la France et les forces secrètes de l’Etat islamique ? L’hebdomadaire affirme que le sondage d’Alex Jordanov “répond à toutes ces questions”.

Le journaliste avait déjà été entendu en février 2020 lors d’une audience gratuite par la Brigade de répression des déviances à l’égard d’une personne (BRDP) de la police judiciaire de Paris pour suspicion d’atteinte au secret de la défense. Alex Jordanoff a été brièvement pris en otage en 2004 en Irak alors qu’il travaillait pour CAPA et produisait un sujet pour Canal+.

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