Pourquoi proposer Fincantieri sur Naval Group en Grèce

Il semble qu’une décision soit imminente. Athènes pourrait rapidement choisir le constructeur des quatre croiseurs destinés à la marine grecque, qui veut se renforcer face à la Turquie, comme l’indiquent des sources identiques à La Tribune. Vendredi dernier, la Marine a présenté un bilan au Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis. Trois chantiers navals européens sont sur la “shortlist”, qui ne dit pas vraiment leur nom, s’entre-déchirant pour remporter ce programme. La marine grecque les a classés dans l’ordre : Italien Fincantieri (Classe Corvette Zubarah), puis Naval Group (Gowind 2500), et enfin Dutch Damen (Sigma 10514). Les deux premiers sont les principaux candidats à ce concours, notamment Fincantieri, qui a tant promis à la Grèce.

Pour autant, tout n’était finalement pas réglé même si le groupe italien prenait l’avantage au home-range sur son rival français. Car la marine grecque aurait fait comprendre au Premier ministre que les trois “projets” étaient à leur goût. Outre le prix des navires et le calendrier de livraison – deux des principaux critères de concurrence – la décision serait également politique et stratégique pour Athènes. Qui ont certainement une dette envers Damen, les Pays-Bas n’ont pas beaucoup de politique de réassurance à offrir à la Grèce en termes géopolitiques. Autre composante essentielle, ce programme devra également connecter étroitement l’industrie maritime grecque (Elefsis ou Skaramangas). Enfin, ce calendrier pourrait être chamboulé en raison de la possibilité d’élections législatives anticipées.

Le retour de Fincantieri

les Italiens, Qui a su profiter de la volatilité de la France à l’international lors des élections présidentielles puis législatives, a réalisé une véritable “montée” de cette compétition ces dernières semaines. Car l’offre de Fincantieri, qui a tenté la marine grecque, est sortie de nulle part. Selon nos informations, les Italiens ont offert à la Grèce quatre Les croiseurs “Doha” de la classe Al Zubarah (3.200 tonnes) valent environ 2 milliards d’euros, tandis que le prix de quatre de la même classe vendus en 2017 au Qatar sera de 3,2 milliards d’euros, hors armement. Pour les Grecs, les Italiens ont réussi à mettre un effort surhumain pour fixer le prix… pour continuer, d’autant plus que le chantier Elephesus nécessiterait des investissements très colossaux. Cela peut plaire aux Qataris, qui ont assisté au lancement de la quatrième Corvette en mars, qui ressemble beaucoup à une frégate légère.

Dans cette campagne avec Elefsis dans la possible fabrication de croiseurs, Fincantieri a trouvé un allié au sein du gouvernement grec en la personne du ministre du Développement Spyrídon-Ádonis Georgiádis, qui veut sauver à tout prix le chantier naval grec endetté (il est mentionné 400 millions de dettes). Le chantier naval d’Elefsis sera repris par un fonds américain. Les États-Unis pourraient influencer le dossier des croiseurs grecs en faveur des Italiens. Cependant, si les Grecs choisissaient “Doha”, ils se retrouveraient avec quatre fournisseurs différents : Frégates de la classe Kortenaer (Damen) Classe Hydra (TKMS), FDI (Groupe Naval) et “Doha” (Fincantieri). Cela ne simplifiera pas l’entretien de la flotte.

Des liens étroits entre Ankara et Rome

En optant pour Fincantieri, la Grèce pourrait vouloir pousser l’Italie dans son camp alors que cette dernière est depuis plusieurs années proche d’Ankara en termes de livraison de matériel militaire (hélicoptères de combat, véhicules blindés, avions de patrouille maritime, etc.). Une période qui s’est étirée jusqu’en 2019 lorsque l’Italie, comme la plupart des pays européens, a cessé d’accorder des licences suite à l’attaque turque contre les Kurdes. De 2010 à 2020, Rome s’est également classée deuxième parmi les pays vendant des armes à la Turquie, loin derrière les États-Unis mais devant l’Espagne, la Corée du Sud et l’Allemagne, selon le SIPRI. Entre 2014 et 2018, les entreprises de défense italiennes ont exporté près d’un milliard d’euros d’armes vers Ankara.

Si la Grèce envisage de trouver un nouveau partenaire avec l’Italie, elle pourrait être vouée à une sévère déception. Le sommet italo-turc qui se tient aujourd’hui entre le Premier ministre italien Mario Draghi et le président turc Recep Tayyip Erdogan pourrait être très utile à cet égard. outreAmbassadeur d’Italie en Turquie, Massimo GianniDéclarez la couleur :Ce sommet nous permettra de récolter les fruits de notre coopération au cours des derniers mois. Le sommet intergouvernemental sera un tournant. La coopération dans l’industrie de la défense est un aspect important de nos relations bilatérales. Les résultats idéaux obtenus par les entreprises turques et italiennes opérant dans ce domaine le montrent clairement. L’Italie a toujours considéré la Turquie comme un partenaire stratégique dans la coopération industrielleLes observateurs s’attendent à ce que l’Italie lève l’embargo sur les armes à destination de la Turquie dans un contexte de normalisation des relations entre les deux pays… Les Italiens semblent vouloir que cela aille dans les deux sens : Athènes et Ankara.

Naval Group, le bon élève (aussi ?)

De son côté, Naval Group a apparemment suivi à la lettre toutes les recommandations du ministère de la Défense. Le groupe a signé un accord avec le chantier Skaramangas, qui devrait bientôt appartenir à l’armateur grec Giorgos Prokopiou malgré un accrochage judiciaire avec le milliardaire Iskandar Safa Privinvest. Récemment, Naval Group a une nouvelle fois démontré toute son expérience dans la construction de partenariats. Fin juin, plusieurs contrats et accords de coopération ont été signés avec l’industrie de défense grecque dans le cadre du programme grec de défense et de frégate d’intervention (FDI HN). “Naval Group coche beaucoup de cases. Son offre est la plus forte”, explique-t-on à La Tribune. Mais le groupe s’est laissé ivre et s’est endormi en raison de son statut de favori …

Par ailleurs, Naval Group propose des actifs performants sur le plan opérationnel, qui semblaient séduire la marine grecque depuis un certain temps : le couple FDI (Méditerranée) / Gowind (Egée), très performants en termes de clusters, d’interopérabilité, de maintenance, de formation et d’équipage et la puissance de feu. Cependant, il n’a pas négligé l’aspect financier. Ainsi, pas plus tard que le 30 juin, il aurait fait une nouvelle offre d’un peu moins de 2 milliards d’euros. Naval Group dans sa dernière offre aurait pu proposer cinq croiseurs, dont deux construits à Lorient, selon nos informations non confirmées. Et à croire que les deux chantiers navals sont partenaires au sein de Naviris…