Qui est Nicholas Revell, le nouveau directeur de l’AP-HP

LUDOVIC MARIN via Getty Images

Nicolas Reville, ici à l’Elysée à Paris, le 18 septembre 2018.

AP-HP – Haut fonctionnaire aisé, aux “fibres sociales” reconnues de la Mairie de Paris à Matignon en passant par l’Elysée, Nicolas Reville prend les commandes de l’AP-HP souffrante, où ses talents de négociateur seront mis à profit .

Elle était attendue, sa nomination a été annoncée lundi 4 juillet dans un rapport ministériel qui a suivi le remaniement ministériel.

Il a été favorisé par certains par rapport au DOH, où, de l’avis d’un auditeur régulier de Duxin Street, il aurait eu “beaucoup moins de difficulté à gagner l’arbitrage” que l’éphémère Brigitte Bourguignon. Mais je ne suis pas sûr que la personne en question, qui allait refuser l’intérieur en 2018, rêvait du métier en se rasant.

Le voilà donc, à 56 ans, à la tête de l’Aide Publique-Hôpitaux de Paris, pionnier du parc des hôpitaux à la dérive : urgences, maternités, psychiatrie, gériatrie… Les cours d’eau se multiplient et l’institution capitaliste – la force de 39 établissements et près de 100 000 salariés – Souffrir comme les autres, avec 15 % de la famille fermée et 1 400 postes d’infirmiers vacants.

Martin succède à Hirsch, un parti autant contesté qu’aigri pour son “incapacité à réunir toutes les conditions” pour faire émerger un “autre modèle hospitalier” après une décennie de planification budgétaire et de crise sanitaire.

Chargé d’éviter la noyade, Nicholas Revell a au moins l’avantage d’être sur scène avec l’exécutif. « C’est un homme de la situation », « d’une très grande intégrité intellectuelle et morale », vantant même l’ancien Premier ministre Jean Castix, qui a été son directeur de cabinet ces deux dernières années.

“C’est légitime”, reconnaît Jacques Battistoni, ancien président du Syndicat des médecins généralistes MG France, qui a négocié plusieurs accords avec celui qui a dirigé la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) de 2014 à 2020. C’est le temps d’apprendre à apprécier un « interlocuteur hautement intelligent » et à « un tissu social clair, ce qui n’est pas toujours rare » dans cette situation.

La sensibilité était déjà relevée par François Hollande, qui le nomme en 2012 secrétaire général adjoint de l’Elysée, formant un binôme complémentaire pendant deux ans avec son jeune frère à la sensibilité plus libérale, Emmanuel Macron.

Directeur du Bureau de Bertrand Delanoy 2008

Les grands esprits se rencontrent, les énarques aussi. “Le garçon qui était déjà très solide et droit” se souvient un de ses anciens compagnons de la promotion Léon-Gambita, avec “des qualités qui existent encore aujourd’hui”. A cela s’est ajouté un “vrai poisson”, perceptible par “la façon dont il a fait son travail à Matignon, avec une très bonne maîtrise technique et beaucoup de puissance”.

C’est le moins, dans Seraglio : de la botte en 1993, Nicholas Revell fait depuis partie du “grand corps” de la Cour des comptes, n’y étant guère revenu depuis un quart de siècle.

Prêté en 1998 à la préfecture des Hautes-Pyrénées, il est repéré par le baron socialiste local Jean Galvani qui le recrute en 2000 dans ses fonctions de ministre de l’Agriculture.

Après la défaite cinglante de la gauche à l’élection présidentielle de 2002, il rebondit à la mairie de Paris, où Bertrand Delano l’intègre dans son équipe avant d’être promu directeur de cabinet en 2008 pour son second mandat.

Dix ans après sa disparition, il ne s’agit pas seulement d’y garder des amis. Tel un ex-collègue qui dénigre “le pince-sans-rire” avec “l’éducation bourgeoise” et “célèbre si froid sur le plan humain”. Et anticiper son sort à l’AP-HP.

“Issu du Cnam qui sévit dans les hôpitaux”, avec en plus “les connaissances médicales proches de zéro”, le candidat ne sera pas accueilli avec des fleurs et des orchidées.” D’autant qu’il “arrive en représentant de l’Etat qui maltraite”. Conseil municipal financièrement, donc “Quand il s’agit de récolter de l’argent, on pourra peut-être lui tourner le nez.”

En choisissant le chef de l’Etat, le nouveau directeur des hôpitaux de Paris pourrait tranquillement s’y installer auprès de son demi-frère, le moine bouddhiste Mathieu Ricard.

Celui-ci amènera l’héritier d’une lignée de grands à plumes, fils de l’universitaire Jean-François Réville et du journaliste Claude Sarrot, petit-fils de l’écrivaine Nathalie Sarrot, à écrire une nouvelle page du roman familial.

Voir aussi sur Le Demi Poste: Accès restreint aux urgences ? A Cherbourg, il a déjà été

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