La Chapelle Sixtine comme vous ne l’avez jamais vue

Tous ceux qui ont visité la chapelle Sixtine au Vatican en ont des souvenirs mitigés. Comment profiter du chef-d’œuvre de Michel-Ange dans la foule, la tête haute, le cou tordu, le smartphone à portée de main, les gardes scandant “silenzio !” » toutes les demi-minutes ?

D’un sommet de 18 mètres et cinq siècles, la fresque intemporelle nous contemple, intouchable, laissant la même frustration que devant les fenêtres blindées de Mona Lisa. Forte de cette expérience frustrante, Fever, une société américaine spécialisée dans les expériences immersives, a conçu une galerie pour montrer de près la Chapelle Sixtine.

Détails époustouflants en taille réelle

A partir de ce mercredi et jusqu’au 21 août au Palais de la Bourse, dans le IIe arrondissement de Lyon, le grand public pourra contempler une trentaine de fresques quasiment identiques aux originales. « Nous voulions une exposition grandeur nature, explique Alice Wurtz, chef de projet chez Fever et responsable de cette exposition à Lyon. Pour cela, nous avons utilisé la technologie de SEG, Silicon Edge Graphics, qui reproduit l’œuvre de Michel-Ange en haute résolution, sur toile. Ainsi on peut apporter la touche du peintre, ainsi que la lumière naturelle de l’original. »

Le visiteur suit un parcours qui débute par des épisodes de origineSuspendu haut, mais suffisamment près pour révéler des couleurs vives et des crevasses. Si les scènes les plus célèbres sont clairement représentées, comme la création d’Adam ou le Jour de la Résurrection, alors l’exposition permet de découvrir des détails étonnants. Les muscles forts des personnages féminins, les ancêtres du Christ ont été dépeints comme des enfants, et des scènes de pure horreur qui semblent être sorties de… des choses anormales.

Musique de fond obsolète et inutile

De brèves explications détaillent chaque panneau, avec un QR code à scanner sur votre smartphone pour un audioguide. “C’est aussi la grande différence que nous voulions faire ici”, ajoute Alice Wurtz. Tous les épisodes sont expliqués, on remet le contexte, ce qu’ils représentent, pourquoi Michel-Ange les a choisis… ainsi on obtient une immersion plus forte, comme si vous aviez été largué vers le caveau avec l’artiste. »

Si la musique de fond, dépassée, semble redondante, la galerie réussit son pari sur la démocratisation intelligente de l’art. Les premiers visiteurs comprennent un grand nombre de touristes comme les locaux, qui ont également découvert le palais d’une manière différente. « Cette exposition fait le tour du monde, elle a déjà été présentée aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, et pour avoir sa première exposition en France, nous sommes particulièrement heureux d’être à Lyon », précise Alice Wurtz. “Le Palais d’Albors présente un vrai défi technique : c’est un lieu merveilleux, mais aussi fragile. Nous avons travaillé dur pour y accrocher les fresques afin qu’elles se démarquent, tout en valorisant le lieu.”

Leave a Reply

Your email address will not be published.