Deux stratégies pour le même jeu

En 2020, le Groupe PSA, devenu Stellantis, a annoncé qu’il ne donnerait plus de descendantes de ses Citroën C1 et Peugeot 108. Ces petites citadines sont alors fabriquées à l’usine de Kolin, en République tchèque, qui appartient à TPCA (Toyota Peugeot Citroën Automobile), une entité née de l’association entre l’entreprise française et Toyota. Alors ce dernier se précipite pour annoncer qu’il rachète les parts de son ancien associé et qu’il continue à développer la troisième génération d’Aygo.

Le résultat de ce travail a été dévoilé quelques mois plus tard, sous le nom d’Aygo X. Si le nouveau venu a repris les grandes lignes du design de son prédécesseur, il affirme néanmoins qu’il a muté en crossover. Ce concept est-il l’élément vital d’une classe qui a été migrée par presque tous les grands groupes ? Chez Suzuki, nous en sommes convaincus depuis longtemps. En effet, depuis 2016, la troisième génération d’Ignis a déjà pris les atours d’un petit aventurier. Elle n’a pas manqué de pousser sa soeur Celerio, la petite citadine la plus classique, vers la sortie.

Toyota Aygo X 1.0 VVT-i 72 ch Air Limited S-CVT : 22990 €
Suzuki Ignis 1.2 Dualjet Hybride 90 ch Pack Auto.  : 19400 euros
Suzuki Ignis 1.2 Dualjet Hybride 90 ch Pack Auto. : 19400 euros

Jusqu’à présent, ces deux Japonais sont les seuls représentants du genre. Si, sur le papier, leur concept semble très similaire, alors les formes que les designers leur ont présentées sont radicalement différentes. Toyota mise avant tout sur les passages de roues en plastique brut et sur ses grandes roues (avec 17″ et 18″ selon les versions) pour créer l’illusion. Ignis, pour sa part, a l’allure d’un véritable SUV. Ainsi, barres de toit, pare-chocs saillants et boucliers massifs sont au programme. C’est aussi le seul des deux à proposer des options de traction intégrale.

Attrayant à l'extérieur, l'Aygo X est également séduisant à l'intérieur avec un design de tableau de bord moderne et de nombreux extras colorés.
Attrayant à l’extérieur, l’Aygo X est également séduisant à l’intérieur avec un design de tableau de bord moderne et de nombreux extras colorés.
L'intérieur d'Ignis trahit son âge : design rétro, petit écran tactile...
L’intérieur d’Ignis trahit son âge : design rétro, petit écran tactile…

Plus que du tout-terrain, la ville est le terrain de jeu naturel de ces femmes japonaises. Un domaine où la transmission automatique est le plus souvent requise. Tous deux ont choisi une transmission CVT, c’est-à-dire à variation continue. Une option technique moins coûteuse, moins encombrante et sans à-coups. Qu’ils soient combinés à cette transmission ou à une boîte de vitesses manuelle, aucun des deux n’offre le choix des armes. Toyota est donc propulsé par un seul moteur trois cylindres 1.0 VVT-i de 72 ch. Déjà connu du précédent Aygo, ce bloc est dépourvu de toute forme d’hybridation et de suralimentation. L’Ignis dispose également d’un seul moteur : le 1.2 Dualjet Hybrid de 83 ch. Ce sont des 4 cylindres à micro-hybridation, mais ils sont également dépourvus de suralimentation.

Aspects pratiques : Ignis n’oublie pas les passagers arrière

La vue intérieure de nos concurrents d’aujourd’hui est tout aussi différente que les lignes extérieures. Toyota préfère les meubles gracieux qui, selon les versions, n’ont pas peur de jouer la carte des couleurs. La numérisation est également présente dans le logiciel, de série ou en option selon le niveau de gamme, un combiné d’instruments partiellement numérique, un écran tactile de 9 pouces et la climatisation automatique. De la conception du châssis. L’ensemble du tableau de bord renonce aux courbes, à l’exception des bouches d’aération à ses extrémités. Ici, le bloc matériel est entièrement analogique et l’écran du système multimédia, d’une diagonale de seulement 7 pouces, a la taille d’un timbre-poste. Des détails, comme les graphismes du système de navigation et ceux de la climatisation, rappellent que l’Ignis s’apprête à souffler sa sixième bougie.

L'accès à la banquette Toyota nécessite quelques torsions, car l'angle d'ouverture des portes arrière est limité.  Une fois installé, il n'y a plus de place pour les jambes.
L’accès à la banquette Toyota nécessite quelques torsions, car l’angle d’ouverture des portes arrière est limité. Une fois installé, il n’y a plus de place pour les jambes.
Haut, le siège Ignis permet aux enfants de voir la route.  Et l'espace pour les jambes est plus généreux que celui de l'Aygo X.
Haut, le siège Ignis permet aux enfants de voir la route. Et l’espace pour les jambes est plus généreux que celui de l’Aygo X.

Malgré leur petite taille, l’Aygo X et l’Ignis parviennent à offrir un espace suffisant aux occupants des sièges avant de toutes tailles et combinaisons. Dans les deux cas, la hauteur du volant et du siège conducteur est réglable. Si le match se termine par une égalité aux premières places, Ignis gagne à peu près une fois que vous êtes à l’arrière. En effet, il conserve beaucoup plus d’espace pour les jambes et la tête des occupants du siège. A condition qu’il ne dépasse pas 1,80 m. Autre astuce pour la Suzuki, une selle longue est plus haute que les sièges avant. Ainsi, même les enfants pourront voir la route depuis leur réhausseur, ce qui évitera l’arrêt “je retourne 4h chez moi”. A l’arrière de l’Aygo X, il vaut mieux avoir les jambes courtes ou s’asseoir derrière une personne dont la taille est inférieure à 1 m 60. En effet, si le conducteur mesure 1,80 m, alors il reste moins d’une dizaine de centimètres à parcourir. adapter ses jambes. De plus, la taille haute et l’imposant montant C donnent l’impression qu’il est enfoncé dans l’assise du siège. Et ne comptez pas sur l’ouverture de la fenêtre pour une bouffée d’air frais : elle est ici en forme de boussole et ne laisse donc passer qu’un léger courant d’oxygène.

Côté rangements, l’Aygo X préfère miser sur ceux des contre-portes avant, qui acceptent aisément une bouteille d’un litre et demi. Au bas de la console centrale, il n’y a que deux porte-gobelets, et à partir de la fin du groupe, il y a un support pour recharger votre smartphone. L’Ignis fait exactement le contraire, avec moins de bacs de porte encombrants mais plus d’espace de rangement dans la console centrale. Cependant, il sera difficile de trouver une place pour garer votre bouteille d’eau.

Les sièges avant de l'Aygo X sont très confortables.  La sellerie Air Limited est très gratifiante.
Les sièges avant de l’Aygo X sont très confortables. La sellerie Air Limited est très gratifiante.
Les sièges Ignis manquent de maintien.  Sur de longues distances, ils sont fatigués.
Les sièges Ignis manquent de maintien. Sur de longues distances, ils sont fatigués.

Quant à la qualité de fabrication intérieure, elle est conforme à ce que l’on attend d’un véhicule de ce segment, à savoir surtout sérieuse mais conservant d’une touche de couleur sur les finitions de plaut de composé rigide. A noter cependant, sur l’Aygo X, la possibilité de choisir une sellerie cuir/tissu d’une jolie facture, l’Ignis n’offre pas mieux que la facture moyenne en tissu.

L'amplificateur du système audio JBL, de série sur la version Air Limited, réduit le volume du coffre à 189 litres.
L’amplificateur du système audio JBL, de série sur la version Air Limited, réduit le volume du coffre à 189 litres.
D'une contenance de 261 litres, le coffre Ignis se penche volontiers pour faire ses courses.
D’une contenance de 261 litres, le coffre Ignis se penche volontiers pour faire ses courses.

Terminons notre tour de propriétaire avec les malles de nos concurrents. Si, d’avance, personne n’avait l’idée de se déplacer avec un, les courses de la semaine se dérouleraient sans trop de difficultés dans l’Ignis, qui pouvait compter sur 261 litres de volume de chargement sous le porte-bagages arrière. Avec l’Aygo X ce sera encore plus difficile, puisque le boitier n’économise que 231 litres voire seulement 189 litres si l’option système audio JBL est sélectionnée. Dans une configuration « antiquaire », c’est-à-dire avec la selle rabattue, Suzuki enterre encore plus sa concurrence. Ce faisant, il accepte jusqu’à 1 097 litres de fret, contre seulement 820 litres pour Toyota.

Budget : économique dans le temps

Comme l’Ignis, l’Aygo X conserve la transmission CVT pour ses finitions milieu et haut de gamme. Ainsi, les prix peuvent sembler assez élevés lorsqu’il s’agit de petites citadines. Certes, investir environ 18 000 € (17 990 € pour l’Aygo X Dynamic et 18 250 € pour la franchise Ignis) dans l’un comme dans l’autre va freiner l’enthousiasme de certains. Mais ces taux sont maintenant au milieu. Il peut largement dépasser la facture. Car si l’Ignis ne propose que deux versions (Privilège, donc, en plus du pack à 19 400 euros), l’Aygo X double les variantes : Dynamic (17 990 euros), Design (18 990 euros), Group (20 690 euros) et Air Limited , photographié ici (22 990 euros).

Aygo X se veut une voiture moderne.  Leurs prix ont donc été gonflés en conséquence.
Aygo X se veut une voiture moderne. Leurs prix ont donc été gonflés en conséquence.
Suzuki a toujours eu une politique de prix raisonnable.  Ignis lui prépare un nouveau spectacle.
Suzuki a toujours eu une politique de prix raisonnable. Ignis lui prépare un nouveau spectacle.

Pour se faire pardonner leur relatif partenaire acheteur, nos deux héros se révèlent très vigilants. Lors de nos essais, nous avons pu relever une moyenne de 6,5 l/100 km à condition que les trajets sur autoroute soient restreints. En espérant le plus possible lors des trajets urbains, nous avons même pu économiser 1 litre aux 100 km avec la Toyota et jusqu’à 1,5 litre/100 km avec la Suzuki. La boîte CVT, qui consomme moins d’énergie qu’une automatique classique, n’est pas pour rien dans ces très bons résultats.

Ajoutons enfin que nos concurrents ont une bonne garantie de 3 ans ou 100 000 km, une excellente fiabilité et une valeur de revente élevée, mais dans ce dernier domaine il y a un léger avantage à Suzuki.

Équipement : Aygo X, mise à niveau coûteuse

En choisissant de ne pas proposer de versions automatisées dans les finitions d’entrée de gamme, l’Aygo X comme l’Ignis ont, dès le départ, été un cadeau complet. Climatisation manuelle, caméra de recul, système multimédia à écran tactile, compatibilité Android Auto et Apple Carplay sont de série. Pour justifier l’absence de limiteur de vitesse, de régulateur de vitesse adaptatif et son surcoût de 260 € par rapport à l’Aygo X Dynamic, l’Ignis Privilege embarque également des phares à LED, des jantes alliage 16 pouces, des sièges avant chauffants et des vitres arrière surteintées.

Dans le haut de gamme du package haut de gamme, Suzuki creuse l’écart. Proposée à 19 400 €, elle gagne la climatisation automatique, le freinage d’urgence automatique, l’alerte de changement de voie, le régulateur/limiteur de vitesse et la navigation connectée. La quantité d’équipement chez Toyota est dans sa définition de groupe. Mais ce dernier nécessite un montant supplémentaire de 1290 euros, soit un total de 20 690 euros. Une différence ne suffit pas à justifier la présence d’un chargeur de smartphone à induction, d’une fonction parking intelligente, et d’un affichage plus agréable.

En plus de ses éditions, Aygo X propose également, jusqu’à la fin de l’année, les Air Limited Special Series. Il s’agit de la version illustrée ici qui est reconnaissable à ses inserts extérieurs et intérieurs orange, son toit ouvrant en tissu, son système audio JBL, ses capteurs de stationnement avant et arrière et sa sellerie cuir/tissu. Pour justifier son charmant prix de 22 990 euros, il n’en fallait pas moins.

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