Et le président du Sénat, Gérard Larcher, de rassurer en déclarant : « Vous ne sortirez pas indemne d’une visite dans les villes martyres du pays.

« Vous ne sortez pas indemne de la visite des villes martyres du pays., a annoncé dimanche 10 juillet sur franceinfo le président du Sénat Gérard Larcher, qui s’est déplacé samedi à Bucha, en Ukraine, où le 2 avril des journalistes ont découvert 20 corps de civils, premiers indices des atrocités et destructions commises lors de l’occupation russe de l’Ukraine. C’est la banlieue nord-ouest de Kyiv. Le président Larisher s’est également adressé à la Verkhovna Rada et a rencontré Volodymyr Zelensky. Il dit qu’il veut “Suivez le rythme des progrès de l’Ukraine vers le statut de candidat à l’UE”.

franceinfo : Les drapeaux français et européen devant vous à la Verkhovna Rada vous ont-ils marqué ?

Gérard Lecher : naturellement. S’exprimer devant le Parlement des États en guerre, c’est confirmer que la guerre n’a pas arrêté la démocratie parlementaire en Ukraine. J’ai trouvé assez extraordinaire que près de 400 députés européens soient présents au Parlement hier, venant des quatre coins de l’Ukraine, ce qui montre que c’est toute l’Ukraine qui s’est mobilisée avec une très forte détermination. J’ai vu des gens avec dignité et détermination, avec une sorte de sérénité.

Elle a également rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Souhaitez-vous que le pays récolte sans tarder les bénéfices tangibles de son statut de candidat à l’Union européenne ?

Dans tous les cas, nous voulons soutenir les progrès de l’Ukraine vers le statut de candidat à l’UE. C’est pourquoi nous avons proposé à la Verkhovna Rada un protocole pour les accompagner car il y a beaucoup de textes législatifs ou de changements dans les pratiques institutionnelles et donc nous avons partagé l’accord.

Nous souhaitons que d’autres parlements nationaux de l’Union européenne se joignent à nous dans ce soutien à l’Ukraine, qui nous semble très important. Nos amis ukrainiens sont bien conscients de ce retard. Ils veulent naturellement qu’il soit le plus court possible. Jusqu’à la fin de l’année, la Commission européenne a fixé un certain nombre d’objectifs en matière d’État de droit, de minorités et de lutte contre la corruption. Nous avons trouvé un parlement prêt à tous ces efforts, tous groupes confondus.

J’ai réitéré cette intention française de soutenir l’Ukraine sur le long terme y compris sur le plan militaire, afin que le pays puisse se défendre à armes égales face à l’agresseur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Avez-vous promis au président ukrainien plus d’armes françaises ?

Il ne s’agit pas de promesses. Cette décision appartient au Président de la République dans la Constitution de la Ve République. Cependant, bien sûr, je transmettrai au président Macron les paroles que m’a dites le président Zelensky, à savoir lutter à armes égales. C’est un peuple qui se bat avec beaucoup de courage. Le souci du président Zelensky est de préserver au maximum ses soldats. Ces types ont besoin de protection et de véhicules blindés pour les protéger. J’ai quand même envie de dire aux auditeurs de franceinfo qu’on ne sort pas indemne de la visite des villes martyres du pays quand on s’y rend. Quand vous allez à la rencontre des élus, et quand vous allez à la rencontre des prêtres qui sont enterrés dans des fosses communes, je dois dire que vous n’en ressortez pas indemne.

La Russie est accusée de crimes de guerre. La France doit-elle jouer un rôle dans les enquêtes internationales ?

Nous le faisons déjà car la Gendarmerie nationale française a fourni au procureur général et aux Ukrainiens une aide à l’identification, notamment à Bucha. Dans les prochains jours, un laboratoire d’ADN sera mis à la disposition des Ukrainiens pour poursuivre dans cette voie. De plus, l’entraînement des Ukrainiens débutera cette semaine. Je crois que ces crimes ne peuvent rester impunis.

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