Revenant aux “violences excitantes”, le FLN veut restaurer sa “légitimité”

« Les Corses meurent, ils disparaissent ! » En ces termes, le FLNC a annoncé lundi son retour, revendiquant 16 attentats contre des résidences secondaires, des entreprises du BTP ou des véhicules de police. Mais que signifie cette déclaration pour le mouvement nationaliste radical ? ?” 20 minutes Il mesure les implications de cette déclaration dans le contexte tendu de Beauty Island.

Pourquoi ce communiqué de presse est-il important ?

Le mouvement nationaliste corse est resté à l’écart de la violence pendant plusieurs années. En 2014, le FLN a annoncé le processus de désarmement et le 22 octobre le FLN a emboîté le pas en 2016. Ce communiqué de presse a annoncé la reprise des actions violentes et des attentats, dont 16 avaient déjà été commis ces derniers mois. “Ce qui est intéressant, c’est que les deux organisations ont annoncé qu’elles travaillaient ensemble alors que le FLN du 22 octobre était un mouvement composé de dissidents”, explique Thierry Domenici, enseignant-chercheur à l’université Purdue.

Régulièrement, de petits groupes se réclamant du mouvement se rendent en Corse ou appellent à une rébellion armée, mais jusqu’ici le FLN “officiel” n’a fait que menacer le gouvernement, sans effort supplémentaire. Elle est désormais enregistrée et homologuée, confirme Thierry Domenese, qui se souvient que le FLNC avait l’habitude d’envoyer au journal qui publie son communiqué de presse (ici Cours du matin) est un symbole, connu des seuls policiers, pour prouver qu’il s’agit bien du mouvement officiel et non d’un usurpateur. Au moment de l’assassinat du gouverneur Erignac, par exemple, c’était le numéro de série de l’arme utilisée dans le crime.

Cependant, le FLN n’a pas disparu. Le politologue rappelle qu’ils étaient “désarmés, pas matériels” et “toujours là”. Après les manifestations et les violences urbaines qui ont suivi l’assassinat d’Ivan Colonna, le mouvement corse espère que la lutte armée sera “légitimement reconnue par Al-Qaïda armé comme un moyen valable” et veut restaurer sa “légitimité” sur les lieux. Général Corse.

Peut-on craindre une recrudescence de la violence du Front de libération nationale ?

Pendant quatre décennies de lutte armée, le FLN a organisé des milliers d’attaques et tué environ 70 personnes. Pourtant, les « nuits bleues », au cours desquelles plusieurs attentats ont été commis simultanément ou à la suite, s’annoncent farfelues. Les 16 attaques annoncées dans le communiqué visaient principalement des lieux touristiques ou des résidences secondaires et ont été menées principalement par des incendies plutôt que par des engins explosifs improvisés.

Sans compter que si l’ADN du mouvement est déjà dans la “chaîne des attentats”, il s’agit avant tout d’une “violence incroyable”. L’objectif affiché est « de renaître dans l’imaginaire collectif, de restaurer cette légitimité de protecteur de la Corse, de voleur social », explique Thierry Domenici. Cependant, selon l’expert des nationalités, il est difficile de se prononcer sur les actions futures du mouvement. “Dans chaque acte de violence, il y a un message subliminal au niveau de l’imaginaire collectif”, et donc le choix d’allumer des incendies plutôt que d’utiliser des EEI “peut-être pas sur la capacité mais plutôt sur le message envoyé”.

Qu’est-ce qui a poussé les FNL à sortir de la jungle ?

Le FLN espère retrouver l’aura de l’an dernier. Mais ce processus risque d’être difficile alors qu’en Corse, “la violence a été gommée au profit de la politique” et les attentats sont remplacés par une victoire politique obstinée pour l’autonomie. En 2017, Gilles Simeone, indépendant, obtient la majorité absolue aux élections régionales. Mais le mouvement nationaliste critique “une forme de patriotisme bubu, de soi-disant complaisance, quel que soit le résultat obtenu”.

Mi-mars, Gérald Darmanen a offert aux élus de l’île la possibilité de “l’autonomie”. Le 21 juillet, le ministre de l’Intérieur rentre en Corse après la visite du chef de l’exécutif corse à Paris. Mais le FLN “ne croit pas au progrès” et critique les “promesses vides”. Gilles Simeone n’est que le président de la région, pas “le président ou le roi de Corse”, comme l’affirme Thierry Domenese.

S’il obtient “une grande décentralisation sans reconnaître la langue corse ni l’exclusivité corse, la majorité des Corses sera contente, mais il s’attirera les foudres des séparatistes et l’autonomie”. Les combattants du FLN visent la “reconnaissance officielle du peuple de Corse”, “l’indépendance politique transitoire immédiate” et l’autodétermination “d’ici cinq ans”. Un programme qui ne risque pas d’être mis en place du jour au lendemain. Même avec des cocktails Molotov.

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