A Toulouse, les garagistes touchés par la pénurie de pièces automobiles

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Depuis quelques semaines, les mécaniciens et les concessionnaires sont confrontés à des problèmes d’approvisionnement en pièces automobiles, ce qui pénalise leurs clients.

Patrice*, au volant de sa Peugeot 308, freine brusquement lorsqu’il voit de la fumée sortir du capot. Le véhicule a été remorqué jusqu’à un garage et après une série d’essais, la raison de la panne a été identifiée : un des tuyaux du réservoir d’AdBlue était défectueux. Problème, la pièce est en rupture de stock. La voiture restera au garage pendant deux mois – de mai à juillet – jusqu’à ce que la pièce arrive. “C’est quand même fou d’avoir attendu si longtemps une pièce détachée”, peste Patrice.

Comme lui, de nombreux automobilistes vivent plus ou moins la même situation. La faute à une pénurie de pièces automobiles. Pour s’approvisionner, certains garages attendent des semaines voire des mois. « Au début, on peinait surtout à recevoir des phares de constructeurs allemands. Nous les attendons toujours. Mais depuis peu, la pénurie s’étend. Des pièces de fabricants français peuvent arriver. Pour certains, nous n’avons même plus de temps d’attente… », confirme Sylvain Michelin, chef d’atelier au garage Lava à Toulouse.

Les fournisseurs de pièces automobiles ont été contraints d’augmenter leurs prix. Un responsable d’une entreprise spécialisée dans la revente confie que “les prix ont augmenté d’un peu moins de 10%” ces dernières semaines.

“Le problème ne sera pas résolu avant 2023”

Cette pénurie est principalement due à un manque de matériaux. Selon Christophe Maurel, concessionnaire et membre de Mobilians, le syndicat de la distribution et des services automobiles, trois facteurs concomitants expliquent la situation : « Des régions du monde, comme l’Asie, produisent moins de pièces. Certains pays ont vécu sous verre et la production redémarre à peine. La guerre en Ukraine freine également ce marché. C’est un pays qui fournit des pièces essentielles, notamment des câbles. Dans le même temps, la Russie ne remplit plus son rôle de fournisseur de métaux rares. Il faut également tenir compte du fait que la demande de pièces n’a pas diminué, ce qui crée des délais de livraison plus longs. »

Conséquence : le marché des véhicules neufs est vertigineux. Faute de pouvoir honorer les commandes, de nombreuses usines sont fermées. « Nous observons que la production de voitures neuves, au premier semestre 2022, a subi une chute de 60 %. Ce n’est pas seulement une baisse qui est liée à la baisse de la demande. C’est avant tout une impossibilité de produire, la faute à une pénurie de pièces automobiles, notamment de composants électroniques », explique l’homme d’affaires à la tête du groupe Maurel.

Selon lui, les industriels ont revu leur système d’approvisionnement afin qu’ils soient moins dépendants des zones où la production ralentit. Ils prédisent une sortie de la crise d’approvisionnement d’ici la fin de 2023.

*Le nom a été changé

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