Après 11 ans de cavale, la mère de Camille sera jugée à Toulon à la rentrée

C’est l’épilogue d’un enlèvement parental extraordinaire. Priscilla Majani, 47 ans, extradée par la Suisse mardi 2 août, a été escortée jeudi au palais de justice de Toulon.

L’ancien ingénieur militaire varois a été présenté à un juge des libertés et de la détention, ce jeudi à Toulon, en vue d’une probable incarcération après onze ans de cavale. La date de son procès, pour « soustraction de mineur », a été fixée au vendredi 16 septembre.

Priscilla Majani a été arrêtée le 22 février 2022 près de Lausanne en Suisse, où elle vivait illégalement avec sa fille qui y était scolarisée. Plus tôt cette semaine, la mère de Camille a été remise aux autorités françaises après le rejet de son recours contre son extradition.

La grand-mère déjà jugée pour complicité

Un premier mandat d’arrêt avait été émis contre Priscilla Majani le 29 mars 2011, par le tribunal correctionnel de Toulon qui venait de la condamner par défaut, pour « non-représentation de mineur », à un an de prison (une peine désormais prévue) .

Avec la complicité de sa mère (condamnée en 2021 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence), Priscilla Majani s’était évaporée avec sa fille Camille, alors âgée de 5 ans, au détriment du père de l’enfant, Alain Chauvet.

Le couple, qui vivait à Carqueiranne, s’est séparé et s’est battu âprement pour la garde de la jeune fille. Priscilla Majani a fini par accuser son ex-conjoint de violences sexuelles. L’enquête avait été classée sans suite, sur la base d’expertises médicales et psychologiques.

Ces allégations ont valu à leur auteur une seconde condamnation par contumace, à deux ans de prison, cette fois pour « dénonciation calomnieuse ».

Le lien père-fille reste rompu

Les recherches menées par la justice après l’enlèvement de la jeune fille n’avaient pas permis de localiser Camille Chauvet et l’enquête avait été close en 2014.

Un procès pour « soustraction de mineur » a fini par se tenir sans que Priscilla Majani ne soit condamnée par défaut, le 3 novembre 2016 à Toulon, à trois ans de prison.

Comme la loi le permet afin de respecter le principe du contradictoire, le quadragénaire s’est opposé aux jugements rendus par défaut. C’est dans ce contexte qu’elle apparaîtra le 16 septembre.

Par ailleurs, l’avocat d’Alain Chauvet, Me Olivier Ferri, a annoncé avoir déposé une nouvelle plainte, notamment pour tenter de découvrir d’éventuelles complicités ces dernières années.

Aujourd’hui âgée de 16 ans, l’adolescente a pris fait et cause pour sa mère, et refuse tout contact avec son père. Elle est prise en charge par un service de protection de l’enfance en Suisse.

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