Essai vidéo – Renault Trafic SpaceNomad (2022) : le vanlife confortable a un prix élevé

et bref

Fourgon aménagé

Moteur diesel 2.0L 170cv

Modèle testé : 72 300 euros

Disponible à partir de 61 900 euros

Nos contemporains sont des amoureux de la liberté. Et ils sont prêts à tout, ou presque, pour en profiter sans encombre. Selon un récent sondage, 44% d’entre eux seraient prêts à devenir “vanlifeurs” et à envisager de passer leurs vacances dans un van aménagé. Un chiffre en hausse de 8 points depuis 2021. Les raisons de leur choix sont évidentes pour certains d’entre eux, et plus obscures pour d’autres.

Ainsi, s’il est concevable que ces utilitaires transformés aient les avantages d’une voiture, pour leur prise en main facile, leurs péages moins élevés qu’un camping-car, et un stationnement plus aisé, l’argument du moindre coût, mis en avant par 31% d’entre eux, est ahurissant à dire. le moins.

Il n’en reste pas moins que l’engouement pour ce type de machine ne se dément pas (les ventes augmentent chaque année de plus de 20% depuis deux ans) les constructeurs sont tentés de s’emparer d’un marché qui, jusqu’à présent, était aux mains de sociétés spécialisées (Pilote , Font Vendôme, Rapido, Hymer, etc.). Du coup, Volkswagen avec son T6 California, Mercedes et son Marco Polo, Ford et son Transit Custom Nugget, sont entrés dans la danse tandis que Renault jouait l’indifférence. C’est fini. Après un galop d’essai en Suisse et en Belgique, le losange propose désormais une version de son Trafic aménagée et baptisée SpaceNomad en France.

Essai vidéo – Renault Trafic SpaceNomad (2022) : le vanlife confortable a un prix élevé

Un van aménagé est à la fois une voiture et une maison ? Alors essayez les deux en prenant la route vers un coin de campagne accueillant. En ville, l’engin de 5,08 m se conduit aussi facilement qu’une voiture. Une très grosse voiture tout de même, dont la visibilité arrière est ultra-réduite, même si le constructeur a pris soin de laisser filtrer un rayon de lumière par la lunette arrière.

Equipement complet, mais la climatisation reste manuelle.
Equipement complet, mais la climatisation reste manuelle.

Au volant, on se prend pour un conducteur sympathique qui domine son univers et la circulation environnante en maniant l’engin au volant plutôt horizontal. La boîte de vitesses automatique EDC à 6 rapports et double embrayage qui équipe ce modèle est à l’aise, d’autant qu’elle est couplée à un moteur bien connu de Renault : le diesel 2 litres DCI « bleu » de 170 ch. Ses 380 Nm de couple vont très bien avec la boîte en question, même s’il est quelque peu réticent à exercer le frein moteur, ce qui n’est pas son fort.

générer du trafic ? Loin d’être une purge

Passé les rues encombrées, et dès qu’on trouve une autoroute et une route de campagne, le Trafic est parfaitement à l’aise. Malgré ses 2,4 t, il ne rechigne pas à atteindre les 130 km/h et au-delà. Une bonne vitesse atteinte sans rompre l’étonnant silence qui règne à bord, tant au niveau du moteur qui le joue en sourdine, qu’au niveau des bruits d’air que l’on imaginait conséquents, du fait de l’énorme ouverture de roof qui fait office de mezzanine lorsqu’elle est dépliée. On n’est pas à bord d’une voiture fun, mais conduire ce Trafic est loin d’être la purge que l’on redoutait.

Nous nous calmons donc et essayons de nous garer. Voici un joli parking dans un coin de verdure au pied des Yvelines. Mince, une barrière anti camping-car nous barre la route. Aucun problème. Nous le répétons; le SpaceNomad, comme tous les vans, mesure moins de 2 m et peut se garer partout. Mais pas ici. La barre est fixée à 1,90 m pour faire fuir ces nouveaux nomades et il faudra toute la bienveillance des agents de la mairie des Mesnuls (78) en leur jurant que nous ne passerons pas tous nos congés payés sur leur domaine, pour qu’ils nous ouvrent la barrière. C’est que notre Trafic fait 1,99 m de haut, et passe juste, mais vraiment juste sous la barrière de péage pour les voitures fixée à 2 m. Des barrières que l’on franchit donc en retenant notre souffle.

Déplier le store demande de la dextérité...
Déplier le store demande de la dextérité…
...et un peu de temps.
…et un peu de temps.

La machine est posée dans son joli cadre à l’orée du bois ? Il est temps de découvrir ses mystères et la petite demeure qu’il cache. A commencer par l’ouverture du fameux toit ouvrant. Deux crochets à déclipser, un panneau à pousser et le tour est joué. Cette mezzanine cache un matelas plutôt confortable, trois mini baies vitrées et, cerise sur un gâteau de connaisseurs : deux petites poches pour ranger votre smartphone, chacune équipée d’une prise USB pour le recharger. Deux ampoules LED vous permettent même de lire au lit.

Une chambre confortable à l’étage, à condition de pouvoir y accéder. Car rien n’est prévu pour cela et la montée se fait les deux pieds bien calés sur les dossiers des sièges avant. Une fois cette opération effectuée, il faut encore s’appuyer sur les côtés de cette mezzanine en exécutant une jolie pirouette qui devrait faire rire les locataires du lit du bas. Car la banquette pliante trois places du rez-de-chaussée se transforme aussi en lit pour deux. Mais contrairement au premier matelas, celui du bas est dur comme du béton armé. On privilégiera donc la contorsion et l’escalade au repos.

Un intérieur pratique et de bonne qualité.
Un intérieur pratique et de bonne qualité.
Un lit mezzanine avec un matelas confortable et une ventilation suffisante.
Un lit mezzanine avec un matelas confortable et une ventilation suffisante.

Nous sommes néanmoins rassurés : nous ne dormirons pas à la belle étoile. Mais il faut aussi penser au dîner. Pour ce faire, rien de plus simple. Il suffit d’ouvrir l’immense hayon et d’extraire, fixée sous le coffre, une tablette qui se déplie et vient se poser devant la banquette en position assise. Pour transformer cet habitacle en véritable salle à manger, il suffit de retourner les sièges avant et là encore, c’est un jeu d’enfant.

Un auvent pas évident

En revanche, l’installation de l’auvent, standard dès l’entrée de gamme, est réservée aux enfants plus âgés, plutôt adroits, et s’ils sont deux, la chose est un peu plus facile. A condition de suivre, comme nous l’avons fait, un tuto Youtube de la marque Thulé, qui fabrique l’objet en question, et sans lequel, nous serions toujours en pleine contorsion avec la toile dans une main et les piquets dans l’autre.

Mais que l’on dîne à l’intérieur de la machine, ou, une fois le toit relevé, on puisse parfaitement se tenir debout, ou sous l’auvent une fois qu’il est péniblement mis en place, on peut déguster les petits plats mijotés sur le bon réchaud à deux feux qui est à côté d’un petit évier en acier inoxydable. Lui-même surplombe un frigo de 42 l tout à fait respectable. La vaisselle, mais aussi les affaires diverses des campeurs vanlife trouveront leur place dans de nombreux rangements qui totalisent 225 l, sans oublier l’énorme coffre de près de 600 l.

Un petit évier et un réchaud deux feux très pratique.
Un petit évier et un réchaud deux feux très pratique.

On l’aura compris, l’hébergement comme la housse sont plutôt bien soignés à bord de ce SpaceNomad, quant à l’autonomie en terme d’électricité, elle est de 48h avec le van de base et atteint 72h grâce à une astuce uniquement disponible sur le top- finition de gamme : un panneau solaire fixé sur le toit relevable. Au-delà, vous devrez vous brancher sur une prise électrique d’un camping. Un endroit où vous aurez également la possibilité de prendre une vraie douche, car la douche extérieure, disponible depuis le hayon de la machine, est juste bonne pour se rafraîchir en cas de canicule.

Prévu sans véritable douche ni WC, ce van est pourtant parfaitement équipé pour des escapades à deux voire à quatre. Ses équipements sont faits de matériaux robustes et sont parfaitement assemblés, même si la conception de cet habitacle fait maison ne semble pas avoir été la principale préoccupation de Renault. Mais au fait, le losange serait-il devenu monteur de camping-car ?

Les SpaceNomads quittent Sandouville pour se transformer près d'Angers
Les SpaceNomads quittent Sandouville pour se transformer près d’Angers

Ce n’est pas ainsi. Les Trafics en 2 l DCI 150 ou 170 en version courte ou longue (les quatre versions sont disponibles) sont fabriqués chez Renault à Sandouville, avant de prendre la direction de Pilote près d’Angers où ils sont transformés en maison sur roues. La maison angevine est spécialiste du genre mais il lui faut néanmoins 9 jours pour mettre en place un trafic de base. Une paille par rapport aux délais de livraison actuels puisque Sandouville souffre toujours d’une importante pénurie de pièces diverses et notamment de semi-conducteurs.

Malgré ce retard qui peut prendre jusqu’à un an, les ateliers Pilote tournent à plein régime et le carnet de commandes est plein. Si les raisons de cet engouement ont une part d’objectivité, puisque les week-ends et vacances se déroulent en toute liberté (ou presque) et permettent aux vanlifers d’être autonomes pour leur logement et leur nourriture, il n’en reste plus rien. moins que le prix conséquent d’une telle machine, à 70 000 euros en moyenne, permet de s’offrir 700 nuits dans un hôtel de qualité moyenne. A méditer avant d’investir.

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