un voyage époustouflant en réalité virtuelle au coeur de la pyramide du pharaon de l’Egypte antique

Avant d’entrer dans l’exposition L’horizon de Khéops présenté par l’Institut du monde arabe jusqu’au 2 octobre 2022, vous devez vous débarrasser de tout objet encombrant. Sacs, pulls et autres bibelots sont rangés au placard afin que vous ayez les mains libres pour cette balade presque plus vraie que nature au cœur de l’une des sept merveilles du monde, la pyramide de Khéops.

Première mission, enregistrez votre avatar. Il se présente sous la forme d’un grand homme composé de milliers de pixels bleus. Certains sont enthousiastes au moment de choisir leur pseudonyme : la soi-disant “Flame” côtoie sans vergogne une “Isabelle” plus classique. Les visiteurs enfilent des sacs à dos noirs connectés. Look futuriste garanti. “On dirait un chasseur de fantômes”, s’exclame un jeune garçon aux cheveux longs, prêt à commencer l’expérience.

Il met son casque de réalité virtuelle proéminent et sa vision se brouille. Lorsque son père – dépourvu d’équipement et non reconnaissable par l’appareil photo de son fils – essaie de le prendre en photo, l’enfant ne sait même pas où regarder. “Je ne te vois plus”, hurle-t-il. Logiquement, le casque l’a déjà propulsé dans une autre dimension. “En face de vous, vous devriez voir un ciel étoilé”, dit l’un des organisateurs. Des pics noirs entourés d’un ciel aux teintes violacées se dévoilent alors à 360°.

Les consignes de sécurité sont activées dans un mini haut-parleur intégré au casque : lorsque le visiteur s’approche d’un mur, une grille rouge apparaît pour l’inciter à se retourner. Il doit suivre les lignes bleues qui apparaissent sur le sol du désert égyptien. Dès les premiers pas, le calme s’installe et les autres participants se transforment immédiatement en avatars silencieux. Rapidement, l’immense pyramide se découvre sous les rayons d’un magnifique coucher de soleil.

Mona, guide virtuelle dynamique, emmène les visiteurs sur une plateforme volante.  Méfiance pour les personnes sujettes au vertige.  (Excurio par Emissive)

Mona, guide virtuelle dynamique, accueille les visiteurs et lance le départ de l’ascension de la pyramide à bord d’une plateforme volante. Méfiance pour les sensibles de l’oreille interne : le sol s’éloigne peu à peu jusqu’à atteindre l’entrée de l’édifice – une percée creusée au IXe siècle – à 16 mètres de hauteur. Difficile de se concentrer sur les premières informations données par la jeune femme tant les images et les sensations sont impressionnantes.

A l’intérieur du bâtiment, les cavités sont étroites et obligent parfois à se baisser voire à s’accroupir pour passer d’une pièce à l’autre. Plusieurs explications ponctuent la visite : le mode de transport des blocs rocheux, la chambre de Khéops contenant son sarcophage et la structure surplombant son entrée. Mais au milieu d’un des discours prononcés par le guide, le courant s’éteint et un chat mystérieux – incarnation de Bastet, la déesse du foyer – apparaît dans un halo lumineux.

Grâce à elle, le visiteur explore des sites habituellement interdits au public, comme la chambre de la Reine. Portail entre le présent et le passé, le félin emmène les participants au sommet de la pyramide pour une vue panoramique à couper le souffle sur Le Caire et le plateau de Gizeh. Quelques minutes plus tard, ils voguent à bord d’un bateau sur le Nil vers les funérailles de Khéops qui ont eu lieu 4 500 ans plus tôt.

A bord d'un bateau, les visiteurs se rendent aux funérailles de Khéops, 4500 ans avant nos jours.  (Excurio par Emissive)

Embaumement, momification… Chaque détail a été minutieusement pensé par la société française Emissive à l’origine de l’exposition. Elle a également collaboré avec Peter Der Manuelian, égyptologue, archéologue et épigraphe spécialisé dans l’étude de l’architecture mortuaire. Le chercheur les a guidés dans la reconstitution historique des bâtiments et des rituels, comme lors des funérailles du pharaon Khéops où le visiteur assiste à l’intégralité de l’office.

Au total, trois années de recherche et développement ont été nécessaires pour créer ce parcours sur plus de 500 mètres carrés. C’est la deuxième fois que la compagnie est accueillie par l’Institut du monde arabe puisqu’en 2017 elle présentait L’ennemi réalisé par le photojournaliste Karim Ben Khelifa. Les gens ont été confrontés à trois conflits armés – israélo-palestinien, République du Congo, El Salvador – en réalité virtuelle.

Des visiteurs vêtus de sacs à dos et de casques connectés déambulent dans une immense salle.  Ils découvrent en réalité virtuelle les entrailles de la pyramide de Khéops.  (Camille Bigot)

Après 45 minutes, la visite se termine. Il est temps de rendre votre matériel. Les visiteurs découvrent avec surprise que leur promenade ébouriffante dans le ventre de la pyramide s’est en réalité déroulée dans une immense salle aux murs colorés. Il y a quelque chose de comique à voir les autres encore happés par la magie de l’infographie. Le petit garçon rencontré au début de l’exposition passe en trombe, son casque à la main, le souffle court. Il a mis fin prématurément à sa visite : pour lui, il avait “vraiment trop de sensations”.

L'affiche de l'exposition

“L’horizon de Khéops”, Institut du monde arabe, 1 Rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris. Du mardi au vendredi de 10h à 18h et les samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 19h Jusqu’au 2 octobre 2022. De 24 à 29 euros.

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