Eau potable : la Bretagne peut-elle en être privée à cause de la sécheresse ? – Sécheresse 2022 en Bretagne



Faire la vaisselle, démarrer une machine à laver, prendre une douche… Des gestes quotidiens qui pourraient être remis en cause par la sécheresse, tant l’eau devient d’or bleu. Chaleur extrême, manque de pluie cet hiver, nappes phréatiques sèches et pression liée à la demande conduisent à mettre les réseaux d’eau potable sous pression.

En France, certains territoires sont même allés à un niveau extrême : la pénurie. “Plus d’une centaine de communes n’ont plus d’eau potable aujourd’hui”, a déclaré vendredi le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, qui a qualifié la situation d'”historique”. Le ravitaillement se fait désormais par camion citerne ou distribution d’eau en bouteille.

“La situation est problématique mais pas désespérée”

En Bretagne, pour le moment, l’approvisionnement en eau potable tient toujours. A Quimper, “nous n’avons pas encore eu besoin de puiser dans la réserve de Kerrous”, rassure Philippe Jouan, chef du service eau et milieux aquatiques de la collectivité. Même si le débit du Steïr, qui sert de prise d’eau à la ville, est de 638 litres par seconde, alors que la moyenne des 50 dernières années était de 1 142. problématique mais pas sans espoir. »

Un constat rassurant également à 110 km à l’est, dans les Côtes-d’Armor, sur le territoire de Guingamp-Paimpol Agglomération. “Nos usines tournent normalement”, assure Rémy Guillou, vice-président en charge de l’eau. « Et, via le réseau départemental d’interconnexion des réseaux de distribution, nous avons une réserve. On le voit venir. »

Mais “des baisses de production sur les réserves constatées”

Mais si l’on peut encore trouver de l’eau en Bretagne en ouvrant le robinet, il faut rappeler que la situation reste très fragile par endroits. A Douarnenez (29), le Névez n’a jamais été aussi bas depuis 2011. “On est à 130 litres par seconde contre 200 il y a un an”, déplore Anne-Laure Le Gourrierec, directrice Eau et Assainissement de la communauté de communes.

Et dans le Morbihan, le débit du Scorff, le fleuve principal, est passé en dessous de 0,5 m3/s. Limite en dessous de laquelle il n’est normalement plus nécessaire de pomper pour produire de l’eau potable. « Il n’y a pas de problèmes de stocks sur nos trois barrages, mais on commence aussi à voir des baisses de production sur les réserves souterraines, complète, pour sa part, Yann Cauet, président du Sdaep 22. « Il faut vraiment être économe. »

Pour y faire face, une unité de dessalement d’eau de mer a été mise en service

Tous les acteurs vont dans le même sens : tout est fait pour éviter les ruptures d’approvisionnement. Sur l’île de Groix (56), dont les réserves du barrage de Port Melin n’auraient pas permis d’alimenter la commune en eau potable au-delà du mois d’août, la mise en service mercredi de l’unité de dessalement d’eau de mer permettra l’amincissement.

Et dans le Nord-Finistère, l’usine de Pont-ar-Bled, à Plouédern, a augmenté sa capacité de production en prélevant un volume à Élorn, pour compenser le quasi-arrêt de deux unités de production (Kerléguer et Moulin Blanc) et les 15 jours d’autonomie restants de le Kermorvan ? unité. Une montée en puissance rendue possible grâce au soutien d’étiage du barrage du Drennec. Lequel conserve, à ce jour, un stock d’environ quatre mois. L’usine se montre même solidaire en desservant le pays d’Iroise, les Abers et Lesneven Côte-des-Légendes, le niveau actuel de l’Aber Wrach ne permettant plus d’approvisionner l’usine de Kernilis.

De fortes pluies attendues d’ici septembre

Mais la mobilisation des professionnels ne suffira pas à elle seule à sauver l’eau de la Bretagne. La population doit aussi y prendre part. Pourtant, dans le sud du Pays bigouden (29), les appels à sauver la denrée rare n’ont pas, pour l’instant, permis de faire baisser le niveau de consommation. « Notre réserve Moulin Neuf diminue. Le débit des deux ruisseaux qui alimentent le réservoir est très faible. On commence à s’alarmer », lance Stéphane Le Doaré, président de « com com ». A Saint-Malo (35), face à une fréquentation touristique croissante, on constate également que la consommation d’eau a augmenté. Résultat : le volume d’eau des barrages est passé sous la courbe de crise.

Le nombre et l’intensité des prochains épisodes pluvieux diront combien de temps durera cette situation de crise. Car, s’il ne pleut pas assez, “l’eau sera consommée par les plantes et les réserves ne seront pas alimentées”, craint Bernard Le Breton, président de la communauté de Pontivy et vice-président de l’Eau du Morbihan. Le département a encore trois semaines d’avance sur les réserves.

Dans la région de Châteaulin (29), nous scrutons aussi les aléas. « Tant qu’il y aura de l’eau dans le lac Brennilis, il n’y en aura pas de pénurie. Mais on ne maîtrise ni l’évaporation ni les incendies », rappelle Gaël Calvar, président du syndicat paritaire de l’Epaga (Etablissement public d’aménagement et de gestion du bassin versant de l’Aulne). Car, pour éteindre l’incendie des monts d’Arrée, les pompiers avaient été contraints de puiser de l’eau dans le lac.

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