la chute des débits sur la Garonne, “grave et inquiétante”

“Nous n’avions pas connu un phénomène aussi intense depuis 2012”

Pas de surprise : depuis des semaines, les observateurs constatent que le débit de la Garonne baisse. “Nous n’avions pas connu un phénomène aussi intense depuis 2012”, a déclaré le sénateur du Sud-Girondin Hervé Gillé. Ancien président du Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne (Smeag), structure chargée par le préfet coordonnateur du bassin de contrôler le niveau de l’eau, l’élu considère que ces débits sont “graves et préoccupants”.

Vers un flux de crise

Par exemple, entre Cadillac, Langon et La Réole, la rivière a perdu 80 centimètres en juillet. Au port de Cadillac, depuis début mars, 18 escales de croisière sur 68 ont été annulées. C’est aussi le toboggan Bernos-Beaulac qui n’est pas alimenté en eau, sur le Ciron – ça arrive, mais généralement fin août. “Nous n’avons plus eu d’apports d’eau significatifs sur le fleuve depuis deux mois”, résume Hervé Gillé, pour qui “la hauteur de la Garonne est aussi préoccupante”

Concrètement, les relevés de la station Smeag de Tonneins (Lot-et-Garonne), utilisée pour mesurer les niveaux jusqu’à Bordeaux (1), indiquent un débit de 65,2 m³/s le jeudi 4 août. Un niveau qui a été baisse constante depuis fin juillet. Selon Smeag, les débits étaient trois fois plus élevés l’an dernier à la même époque (environ 182 m³/s).

Les restrictions s’accumulent lorsque le débit tombe en dessous d’un seuil d’alerte. Après avoir passé le « flux d’alerte » puis le « flux d’alerte renforcé » (77 m³/s), nous nous dirigeons droit vers le « flux de crise ».

Des rejets d’eau sans précédent

Lorsque les débits naturels sont faibles, le Syndicat Mixte d’Etudes et d’Aménagement de la Garonne, qui gère les barrages de la Garonne, libère régulièrement de l’eau pour assurer le soutien des étiages. Autrement dit, l’eau habituellement retenue par les barrages est libérée et apporte un débit supplémentaire, afin de “maintenir un niveau d’eau acceptable pour éviter ou limiter les mesures de restriction”, précise-t-on dans les services préfectoraux.

“Nous avons déjà libéré un tiers des volumes d’eau disponibles”

Cet été “nous avons déjà libéré un tiers des volumes d’eau disponibles”, explique un cadre du Syndicat mixte, qui ajoute qu’il faudra “tenir” pour “ne pas épuiser les stocks avant la fin de l’étiage”. Selon cette dernière, de tels lâchers d’eau n’ont pas été effectués depuis au moins 30 ans à cette période de l’année.

” Posséder “

Autre point mis en avant par Hervé Gillé, l’assèchement des zones humides. Ces zones recouvertes d’eau de façon permanente ou temporaire situées autour de la Garonne « sont indispensables pour redonner de l’eau à la Garonne. « Lorsqu’il ne pleut pas, elles s’assèchent et ne produisent donc pas d’eau. « Si nous avions eu ces niveaux fin août, la situation n’aurait pas été si mauvaise. Le problème étant qu’on est en début de mois », complète le cadre du Smeag. « Cet épisode de sécheresse est très précoce. Cela nécessite la vigilance de chacun. »

Ce qui suit ? Le nez sur les pronostics, Hervé Gillé s’attend à “une aggravation de la situation”. « Les scénarios que nous avons établis prennent en compte des précipitations probablement très faibles… »

(1) En aval, la mesure du niveau des rivières est trop soumise aux variations des marées pour être pertinente.

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