Le béluga perdu dans la Seine refuse de se nourrir, “très fuyant”

JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP Un béluga est vu en train de remonter la Seine en France, près d’une écluse à Courcelles-sur-Seine, dans l’ouest de la France, le 5 août 2022. – Le béluga semble être en sous-poids et les autorités s’inquiètent pour sa santé, ont déclaré les autorités régionales. L’espèce protégée, que l’on trouve généralement dans les eaux froides de l’Arctique, avait remonté la voie navigable et atteint une écluse à quelque 70 kilomètres (44 milles) de Paris. La baleine a été repérée pour la première fois le 2 août 2022 dans le fleuve qui traverse la capitale française jusqu’à la Manche, et fait suite à la rare apparition d’un épaulard dans la Seine il y a un peu plus de deux mois. (Photo de Jean-François MONIER / AFP)

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Le béluga perdu dans la Seine refuse de se nourrir, “très fuyant”

ANIMAUX – Le béluga, repéré dans la Seine mardi, est entré dans une écluse vendredi soir, à 70 km de Paris, une situation qui représente un “risque de stress supplémentaire” pour ce cétacé qui refuse de se nourrir.

L’écluse dans laquelle pénétrait le béluga, une espèce protégée de cétacé vivant habituellement dans les eaux froides, est désormais fermée et interdite à la navigation jusqu’à nouvel ordre, selon la préfecture de l’Eure.

Mais cette situation peut aussi représenter “un risque de stress supplémentaire qu’on ne veut pas prendre”, a prévenu auprès de l’AFP la présidente de l’ONG Sea Shepherd, Lamya Essemlali. Elle a déploré que “Les tentatives de se nourrir dans la rivière n’ont jusqu’à présent pas intéressé le béluga” mais qu’il reste un espoir que “c’est différent dans la serrure”.

“On aimerait qu’il mange, mais s’il ne réagit pas positivement ça va devenir compliqué”elle a poursuivi au sujet de l’animal, désormais isolé dans l’écluse de Notre-Dame de la Garenne près de Vernon, à 70 km au nord-ouest de la capitale.

“Etat de minceur très avancé”

Elle était pessimiste quant aux conséquences possibles si l’animal ne mangeait pas : “Les vétérinaires spécialisés dans les bélugas nous disent qu’il faut agir vite, son état de maigreur étant très avancé, et le sortir de l’eau pour lui prodiguer des soins va être très difficile”.

Gérard Mauger, vice-président du Groupe d’étude des cétacés du Cotentin (GEEC) a continué d’observer le béluga vendredi. « Il a le même comportement qu’hier, très évasif. Il fait de très courtes apparitions en surface, suivies de longues apnées.dit Mauger.

Approchant d’une cinquantaine de mètres, “nous avons fait des enregistrements acoustiques, avec nos moteurs coupés, mais il n’a pas fait d’émissions sonores”, a-t-il regretté. Quatre bateaux se trouvaient dans la zone vendredi, selon Mauger, celui du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours), de l’OFB (Office français de la biodiversité), de Sea Shepherd et de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer). ).

Le précédent de l’Orc

Début juillet, Sea Shepherd a annoncé avoir observé un cétacé présenté comme un rorqual commun dans l’estuaire du Havre. En mai, un orque s’est retrouvé en difficulté dans la Seine entre Rouen et Le Havre. Les opérations pour tenter de sauver le cétacé avaient échoué et l’animal était finalement mort de faim.

L’autopsie – un examen post-mortem effectué sur un animal – avait confirmé la “mauvaise condition physique” orque, femelle ” immature “ plus de quatre mètres et 1 100 kg. Il avait découvert une balle logée à la base du crâne du mammifère.

“Aucune certitude” n’a pas pu être établi sur le lien entre les munitions et la mort de l’épaulard, les experts privilégiant “l’hypothèse que l’animal est mort de faim”. Cette triste fin « C’est ce qu’on veut éviter avec le béluga. Pour nous, il faut faire un test ADN rapidement pour connaître son origine et procéder à un rapatriement”a souligné Essemlali.

“L’urgence est déjà de le nourrir avec des poissons morts, probablement des harengs congelés, pour éviter qu’il n’en manque car le milieu n’est pas très accueillant pour lui”, a déclaré Essemlali. Selon l’observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, il s’agit du deuxième béluga connu en France après qu’un pêcheur de l’estuaire de la Loire en ait ramené un dans ses filets en 1948.

En 1966, un autre individu avait remonté le Rhin jusqu’en Allemagne et en 2018, un béluga a été observé dans l’estuaire de la Tamise en Angleterre, se souvient Pelagis. « Ces cas d’errance restent inhabituels et inexpliqués, avec probablement de multiples raisons comme l’état de santé, l’âge (les subadultes se dispersent plus facilement), l’isolement social, les conditions environnementales, etc. »poursuit l’observatoire.

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