les conséquences de la sécheresse sans précédent qui frappe la France

Le manque d’eau, conjugué à des températures élevées, a des conséquences concrètes sur l’ensemble du territoire national, entre cultures menacées, fonte des glaces ou assèchement des cours d’eau.

Une sécheresse aux conséquences bien visibles. Le manque de précipitations se fait sentir en France, confrontée à sa troisième canicule depuis juin. Entre lacs asséchés, champs en souffrance et fonte accélérée des glaciers, de nombreuses communes sont touchées et doivent parfois trouver des solutions d’urgence pour faire face au manque d’eau.

Une commune vosgienne contrainte de puiser l’eau d’un lac

Les habitants de Gérardmer, dans les Vosges, manquent d’eau potable. En raison d’une sécheresse exceptionnellement précoce et étendue, le niveau des eaux souterraines est nettement inférieur à la normale.

La ville a donc pris la décision de puiser l’eau de son lac, très apprécié en été par les habitants et les vacanciers, pour l’injecter dans son réseau d’eau.

Une machine pour dessaler l’eau de mer à Groix

Alors que les pluies ont été rares ces derniers mois sur l’île bretonne, la réserve d’eau de Port Melin fait face à un important déficit hydrique, alors que son niveau monte généralement à la hauteur du pont (voir ci-dessous).

La réserve d'eau de Port Melin à Groix, en Bretagne, le 21 juin 2022.
La réserve d’eau de Port Melin à Groix, en Bretagne, le 21 juin 2022. © Sébastien SALOM-GOMIS / AFP

Face au risque de manque d’eau potable, l’île de Groix a décidé début juillet de mettre en place un système de dessalement d’eau de mer, selon Le télégramme. Concrètement, deux canalisations pompent de l’eau salée qui est traitée par une station mobile de dessalement puis rejette de l’eau douce.

La fonte du plus grand glacier de France

Le glacier fond visiblement. Dans les Alpes, la Mer de Glace, le plus grand glacier de France, a souffert de fortes chaleurs estivales et d’un manque de neige l’hiver dernier.

Le glaciologue Luc Moreau a mesuré une fonte de “4 mètres en 40 jours” début juillet. “C’est 10 centimètres de fonte par jour. C’est énorme”, s’alarme-t-il, sur Actu.fr. Le phénomène s’aggrave en raison du réchauffement climatique et affecte de nombreux grands glaciers.

· Dans le Doubs, le lac asséché des Brenets

A la frontière entre la France et la Suisse, le lac des Brenets a momentanément arrêté toute navigation. En raison de la sécheresse, mais aussi de failles géologiques, l’eau du lac a chuté de façon spectaculaire à la mi-juillet, à raison de 18 centimètres par jour, selon le média suisse RTN.

Le lac asséché des Brenets, dans le Doubs, à la frontière entre la France et la Suisse, le 18 juillet 2022
Le lac asséché des Brenets, dans le Doubs, à la frontière entre la France et la Suisse, le 18 juillet 2022 © Fabrice COFFRINI – AFP

La ville a dû prendre une mesure drastique en conséquence : interdire à tous les bateaux de circuler sur le lac. Un premier. Fin juin, des pêches de sauvegarde ont également été organisées à titre préventif pour sauver certaines espèces.

· Les Varois contraints de restreindre l’eau

Dans le Var, département particulièrement touché par les conséquences du manque de précipitations, les habitants sont soumis depuis une semaine à des restrictions d’eau. De 150 à 200 litres d’eau maximum par personne et par jour, selon les communes.

“On fait attention aux douches, on rince au plus vite. (…) Quand je dois laver des légumes, je fais aussi attention”, raconte sur BFMTV Christine, une habitante de la commune de Seillans, touchée par ces restrictions .

Pour ceux qui dépassent, des amendes de 1500 euros sont prévues, mais aussi la pose d'”une pastille” qui doit permettre de réduire le débit d’eau de manière forcée.

Les cultures manquent d’eau

Le Nord n’a pas été épargné par les fortes chaleurs et la sécheresse. En raison de pluies fiables et de restrictions d’eau, les récoltes de fruits et légumes pourraient être considérablement réduites. De quoi inquiéter les agriculteurs.

Un membre de l'Office français de la biodiversité inspecte un champ asséché par le manque de pluie, le 2 août 2022
Un membre de l’Office français de la biodiversité inspecte un champ asséché par le manque de pluie, le 2 août 2022 © François LO PRESTI / AFP

“Une plante comme la tomate a besoin de 2 à 3 litres par jour. C’est sûr qu’on aura des rendements de moitié”, s’alarme un opérateur de Wormhout, pour BFMTV.

Le bassin de l’Yser a été placé “en crise” par la préfecture, tandis que plusieurs bassins de la Somme sont en vigilance sécheresse ou en alerte renforcée.

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