Que nous disent les premières images du télescope spatial James-Webb ?

Six mois après son décollage, désormais en orbite à 1,5 million de kilomètres de la Terre, le télescope James-Webb fonctionne parfaitement. La preuve, il s’est mis à nous envoyer des images du cosmos avec un niveau de détail sans précédent. En voici trois racontées par trois astrophysiciens.

1Les dames des galaxies SMAC 0723

C’est la toute première image révélée par James-Webb. Il a été dévoilé par le président américain Joe Biden le 12 juillet 2022, comme aux beaux jours du programme Apollo dans les années 1960. Et c’est déjà l’une des images les plus célèbres de notre univers.

Cette image est “un champ profond», explique Nicole Nesvadba, astrophysicienne et directrice de recherche au CNRS. « On pointe le télescope vers une partie du ciel où il n’y a a priori pas d’objets particulièrement brillants pour détecter ceux qui sont les plus faibles dans cette partie du ciel“. Le résultat, alors, est cette photo sur laquelle apparaissent des milliers de galaxies, dont certaines sont si éloignées qu’elles semblent être un petit point rouge en arrière-plan.

Ce sont ces éléments à peine visibles qui intéressent particulièrement les scientifiques. Ce sont quelques-unes des plus anciennes galaxies de l’univers, formées il y a plus de 13,3 milliards d’années. “En astronomie, plus on regarde loin dans l’univers, plus on remonte dans le temps», se souvient Nicole Nesvadba. Et James Webb, grâce à ces facultés de voir dans l’infrarouge, une lumière invisible à notre œil, permet de remonter plus loin que tout autre télescope avant lui.

2La nébuleuse de la carène

Le télescope James-Webb est juste une excellente machine à remonter le temps. C’est aussi un instrument d’analyse de la composition chimique des objets. Notamment pour comprendre la formation des étoiles comme notre soleil.

Nous voici dans notre galaxie, la Voie lactée, à environ 7 500 années-lumière de la terre. Et c’est une nébuleuse, aussi appelée pépinière d’étoiles. “Dans la zone supérieure, avec ce fond bleu, on est dans une zone où le gaz est très chaud”explique Olivier Berné, astrophysicien à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie de Toulouse et responsable du programme scientifique du télescope spatial James-Webb. Il poursuit : “Vers le bas, on voit ces nébulosités oranges. C’est ce qu’on appelle les nuages ​​interstellaires. Ils sont constitués de gaz et de poussière. À l’intérieur de ces nuages, où il fait suffisamment froid et où la gravité est suffisamment forte, des nuages ​​de gaz et de poussière peuvent s’effondrer et former de nouvelles étoiles. Vous pouvez également voir des étoiles se former à certains endroits.“.

A noter que l’on peut voir une nébuleuse à l’oeil nu dans notre ciel. Il s’agit de la nébuleuse d’Orion, située à 1 500 années-lumière de la Terre.

3Jupiter et sa lune Europe

La vue infrarouge de James Webb commence également à scanner des objets dans notre système solaire. Une première photo de Jupiter a été publiée le 14 juillet.

Dans cette image, nous voyons Jupiter et l’une de ses quatre lunes appelée Europa», décrit Tristan Guillot, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur et spécialiste de la formation des géantes gazeuses.Grâce à James Webb, on observe Jupiter avec une haute résolution dans l’infrarouge, on observe donc la chaleur émise par la planète, ce qui nous donnera beaucoup d’informations sur sa composition. Nous pourrons également étudier cette grande tache rouge à droite. C’est un anticyclone qui est là depuis 300 ans et dont on ne sait pas grand-chose”, se réjouit Tristan Guillot.

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