Les 27 pays se sont mis d’accord sur un objectif contraignant de réduction de leur consommation

L’objectif fixé lundi par les pays de l’UE correspond à une consommation finale maximale de 787 millions de tonnes équivalent pétrole par an, soit 36% de moins que la prévision 2030 du “scénario de référence” fixé en 2007.

Les pays de l’Union européenne se sont mis d’accord lundi sur un texte les obligeant à réduire leur consommation d’énergie, malgré les inquiétudes de certains sur des objectifs jugés excessifs ou des assouplissements réclamés par Madrid au grand dam de Berlin.

787 millions de tonnes équivalent pétrole par an

Les ministres européens de l’énergie réunis à Luxembourg ont adopté leur position commune, abordant les objectifs de consommation maximale d’énergie proposés par Bruxelles en juillet 2021. Les négociations devraient commencer dès maintenant avec les eurodéputés. Dans le cadre de son plan climat ambitieux, la Commission européenne a fixé une réduction de la consommation d’énergie dans l’Union européenne d’au moins 9 % d’ici 2030 par rapport à 2020.

L’objectif s’aligne sur une consommation finale maximale (logements, commerces, bâtiments, etc.) de 787 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) par an, en baisse de 36 % par rapport à la prévision 2030 de «scénario de référence“Établi en 2007. Chaque pays devrait établir des contributions nationales”indicatifSelon ses spécificités (intensité énergétique, PIB…), que la Commission étudiera et corrigera si l’objectif n’est pas atteint au niveau de l’UE. Le texte impose également la rénovation d’au moins 3 % chaque année de la surface totale des bâtiments publics, et la transparence sur la consommation des data centers, très énergivores.

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“large soutien”

Compromis, approuvé avec “large soutien“,”Fournit la flexibilité nécessaire tout en maintenant l’ambition globale», a confirmé le ministre français de la Transition énergétique, Anis Pannier-Runacher, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. A la demande tardive de l’Espagne, le texte propose «indicatif», et n’est plus obligatoire, l’objectif de consommation primaire proposé par Bruxelles (qui inclut la consommation d’énergie pour la production et la distribution d’électricité), soit 1 023 millions de tonnes d’énergie en 2030, en baisse de 39 % par rapport au scénario 2007. Cela pourrait encourager le développement de l’hydrogène, qui est énergivore en production, mais limite aussi les efforts nécessaires pour rendre plus performantes les centrales thermiques ou nucléaires.

En réponse, ils tiennent à éviterouverture“Berlin a adopté lundi un amendement obligeant les Etats à reporter obligatoirement leurs contributions sur leur consommation finale, et à ne faire l’objet d’un objectif européen contraignant – et pas seulement sur leur consommation primaire, qui est devenue”indicatif« .Certains pays ont exprimé leurs inquiétudes.Et si vous avez déjà atteint la limite ? La seule façon d’atteindre notre objectif est de fermer les industriesLe ministre luxembourgeois Claude Turmes s’est dit consterné, appelant àNe pas pénaliser les pays qui ont déjà une politique ambitieuseLa Pologne, elle règne.Trop élevé et disproportionné«L’objectif qui lui retombe sur les épaules, considérant qu’il n’en tient pas compte».sa situation géopolitiqueA cause de la guerre en Ukraine et de l’impact des réfugiés qu’elle accueille (plus de 4,1 millions sont arrivés au 21 juin, selon le HCR).


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