La propagation du virus s’accélère en France et en Europe

Nos principaux voisins européens partagent la dynamique haussière : l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni connaissent une augmentation de son incidence. 238483065 / sudok1 – stock.adobe.com

En un peu plus d’un mois, les transmissions se sont accélérées et les nouveaux cas de Covid touchent désormais 1,1% de la population française.

Et sept, la nouvelle vague de Covid-19 – la septième en France – est devenue indiscutable. La faute au variant BA.5, dont la progression déterministe contre son prédécesseur BA.2 bénéficie d’un échappement immunitaire (immunité acquise par vaccination ou infection antérieure seulement partiellement efficace) et d’une plus grande infectiosité.

Cette septième vague a débuté fin mai en France, après l’Afrique du Sud et le Portugal. En un peu plus d’un mois, les transmissions se sont tellement accélérées que les nouveaux cas de Covid touchent désormais 1,1% de la population française. Les jeunes sont particulièrement touchés, avec une incidence de 1 500 cas pour 100 000 habitants âgés de 20 à 39 ans, soit environ le double de celle des personnes âgées de 80 ans et plus. Les moins de 19 ans sont davantage exemptés (400 cas pour 100 000 habitants 0-9 ans, 600 10-19 ans), mais on peut imaginer qu’ils sont aussi moins dépistés que les personnes âgées. A plus grande échelle, “Le nombre de cas a peut-être été sous-estimé en raison d’une certaine pression publicitaire par différents acteurs.”a estimé le Conseil scientifique du Covid-19 dans un avis publié le 23 juin.

Autour de nous, nos grands voisins européens partagent la dynamique haussière : l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni connaissent une incidence en hausse… mais c’est toujours la France qui affiche la plus forte progression de l’épidémie. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), dix-huit des 33 pays européens surveillés ont noté une augmentation des admissions à l’hôpital et/ou des admissions en soins intensifs pour Covid au cours des deux dernières semaines. Seul le Portugal, puisqu’il a frappé parmi les premiers, connaît déjà le recul de la vague.

La fragilité des ressources humaines à l’hôpital

Mais les experts ont remarqué il y a quelques jours en France les premiers signes d’un ralentissement de l’apparition de nouveaux cas. Pouvons-nous en conclure que nous approchons du pic de cette septième vague ? Il est difficile de conclure en l’absence de modèles scientifiques reflétant de manière satisfaisante une réalité de plus en plus complexe, dans laquelle la population a été fortement immunisée mais de manière très variable (vaccination et/ou infection, souches delta, omicron ou alpha, etc.) . “Ce que nous pouvons dire, c’est que sans politique préventive, la nouvelle vague BA.5 provoquera au moins des millions d’infections, des milliers d’hospitalisations, des centaines de décès et un nombre inconnu de Covid prolongés.”résume Samuel Allison, directeur de recherche au CNRS, et membre de l’équipe de modélisation des maladies infectieuses à Montpellier.

Les seules projections disponibles sont celles fournies par Simon Cauchemez, responsable des équipes de modélisation à l’Institut Pasteur. Au 18 juillet, ils s’attendent à ce qu’environ 1 700 cas par jour soient hospitalisés à cet horizon, contre 1 000 actuellement. En soins intensifs, le nombre d’admissions pourrait monter à environ 160 par jour, là où il est actuellement d’environ 100.

La probabilité que les hôpitaux accueillent de manière mitigée. « Nous sommes calmes et anxieuxexpliques Jilali Annan, chef de service de réanimation à l’hôpital Raymond Poincaré de Garchis (AP-HP), président du Syndicat des médecins réanimateurs. Sirène, car nous savons désormais prendre en charge ces patients : nous avons un arsenal thérapeutique et des connaissances, et le Covid ne nous surprend plus. Mais nous sommes également préoccupés par la fragilité de nos ressources humaines à l’hôpital. Dans mon service, six familles sur quinze sont fermées faute de personnel. Si la vague monte trop, on va s’embrouiller car nous ne serons pas assez nombreux, pas de marge de manœuvre. Sans compter que nos équipes épuisées ont besoin de s’absenter comme tout le monde, quand elles ne tombent pas elles-mêmes malades. pour Ps Annan, il n’est pas trop tard pour briser la vague, “En revenant sur l’obligation du port du masque dans les transports et les lieux de travail partagés. Ce n’est pas contraignant, et on sait que c’est efficace”.

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