Après PSG – Montpellier – Comment Neymar est devenu le meilleur sur penalty

Il est déjà temps de se décider. Entre Kylian Mbappé et Neymar, les tensions liées au deuxième penalty de PSG – Montpellier, botté et transformé par la star auriverde alors que le Français aurait aimé avoir une nouvelle chance après un premier échec, devraient obliger Christophe Galtier à désigner un clair et tireur définitif. Pour faire son choix, le technicien parisien aura, d’une part, la volonté de ne pas éroder le leadership des Bondynois. Et, d’autre part, la possibilité de renforcer celui qui est probablement la référence mondiale dans cet exercice.

Car là où Mbappé n’a pas encore trouvé la bonne méthode pour crédibiliser ses envies, Neymar a élaboré sa formule. Il l’a porté, testé et peaufiné dans les moindres détails tout au long d’une gigantesque expérience sur le terrain. Pour comprendre l’évolution du Brésilien dans cet exercice, il faut remonter à une époque où Neymar n’était pas encore tout à fait Neymar.

Retour au 7 février 2010. “Ney” n’a que 18 ans, il fait déjà parler de lui à Santos pour son talent brillant, ses dribbles époustouflants et ses coiffures excentriques. Ce soir-là, il affronte un joueur qui, au Brésil, est alors une bien plus grande star que lui. Rogerio Ceni, gardien de but de 37 ans qui cumule déjà plus de 1 000 matchs professionnels, l’affronte dans un São Paulo – Santos électrique. On joue la 70e minute et lorsqu’elle obtient un penalty, l’équipe de la jeune prodige est alors menée 3-2. Celui en qui les supporters voient déjà le successeur de Pelé s’empare alors du ballon et le place prudemment sur la pointe située à onze mètres du but.

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Dans sa montée en puissance, il multiplie les petits pas, s’arrête net, feint une frappe qui oblige Ceni à plonger sur sa droite. L’attaquant n’a qu’à pousser le ballon du côté opposé. Et égaliser. Le lendemain, la presse locale s’agite. Popularisé par “Roi“, la “petit arrêt” (Traduire “le petit temps d’arrêt“) est assez courant en Amérique du Sud mais il fait toujours polémique. D’abord parce que ça ne respecte pas tout à fait l’esprit du jeu, ensuite parce que ça peut être assimilé à une sorte d’humiliation. Et on n’humilie pas Rogerio Ceni.

La “stop” puis les échecs

Tout ce tapage est visiblement arrivé aux oreilles d’un certain Jérôme Valcke. Le Français était alors secrétaire général de la FIFA et a décidé de faire voter une nouvelle loi avec l’IFAB, l’instance qui régit les règles du football. “La FIFA n’a rien d’autre à faire ?», s’interroge alors celui qui, déjà, n’avait pas sa langue dans sa poche. La nouvelle règle stipule désormais que «les feintes pendant la course sont autorisées, mais simuler le tir après la fin de la course est désormais illégal et constitue une violation de la loi 14.”

Si Neymar n’apprécie pas vraiment la nouvelle, c’est parce qu’il était, avant même de signer un contrat pro avec Santos, un vrai adepte de “petit arrêt“. “Quand il a pu faire ça, personne n’a voulu prendre de pénalités pour luia confié plus tard Marcelo Martelotte, l’un de ses anciens entraîneurs à Santos, dans une interview diffusée sur la chaîne YouTube officielle du joueur. Il les a tous mis. Mais quand il a dû changer de voie, il a raté quelques.”

Neymar et Kylian Mbappé ont tiré chacun un penalty contre Montpellier… mais pas avec le même succès – 13/08/2022

Crédit : Getty Images

La star brésilienne n’a donc eu d’autre choix que d’adapter son procédé. L’accélération est restée la même mais les temps d’arrêt ont disparu. Efficacité avec. Pendant plusieurs saisons, y compris après son arrivée en Europe, Neymar se contentera d’être un laïc et même indigne de son statut. Au cours de l’exercice 2015/2016, alors que ses compagnons d’attaque Messi et Suarez n’étaient pas vraiment en réussite non plus, l’ailier auriverde a alterné bons et mauvais à onze mètres, avec 5 penaltys manqués entre le 11 février 2015 et le 3 février 2016.

C’est anecdotiquetente de rassurer l’entraîneur de l’époque, Luis Enrique. Je les trouve confiants, surtout Leo mais Luis et Ney aussi. Ce n’est pas un problème. La seule chose qu’on peut faire, c’est demander au gardien adverse de nous dire dans quel camp il va plonger !“En réalité, il y a d’autres solutions. Quelques jours plus tard, face à Villarreal, le joueur de Mogi das Cruzes réussira avec une panenka. Cela marquera un avant et un après dans sa manière de tirer les penaltys.

Techniquement extrêmement efficace… mais risqué

Car après cela, et alors que l’IFAB a décidé de durcir la règle avant les grandes compétitions (Euro et Copa America du Centenaire), en sanctionnant d’un carton jaune et d’un coup franc pour l’équipe adverse un joueur simulant une frappe après son élan de Au point de penalty, Neymar adopte une nouvelle méthode.

En 2012, Neymar n’a pas ralenti son élan pour tirer un penalty

Plutôt que de prendre un temps mort et de feinter avant de toucher le ballon, l’attaquant choisit désormais de ralentir et de retarder au maximum son tir. Objectif ? Obliger le gardien à plonger pour pouvoir choisir le côté opposé. Techniquement, le procédé est bien plus difficile à réaliser qu’il n’y paraît, puisque la décision doit être prise en une fraction de seconde et le tir effectué sans avoir les yeux sur la balle. Mais c’est diablement efficace.

Depuis qu’il a pleinement intégré ce savoir-faire, Neymar a converti 46 des 52 penaltys qu’il a tirés. Cela porte son taux de conversion à 88%, alors qu’il atteignait à peine 73% auparavant. Mieux encore, 36 de ces 46 buts ont été marqués en prenant le gardien à contre-pied. Ainsi, depuis quatre saisons, Alban Lafont est le seul gardien à avoir stoppé une tentative du Brésilien en choisissant le côté droit. La plupart des autres porteurs finissent par ne pas vraiment plonger, piégés par la stratégie du Parisien.

Désormais, ce sont donc eux qui interrogent le tireur. “Je me suis approché de lui et lui ai dit : ‘Tu sais si je t’arrête, je suis une star ?‘, racontera Jessy Moulin après PSG – Troyes en mai dernier. Il a ri et je lui ai dit : ‘S’il vous plaît dites-moi au moins de quel côté vous allez tirer.'” Neymar n’a donné aucun indice. Et le portier troyen s’est ajouté à la longue liste des victimes de l’ancienne adaptation du “temps d’arrêt court“, devenu spécialiste du grand ralentissement.

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