Escroquerie au chômage partiel en France et cryptomonnaies : répression en Israël – 16/08/2022 à 11:09

L’enquête porte sur un dossier tentaculaire d’escroquerie massive au chômage partiel pendant la pandémie de Covid-19 en France.

(illustration) (AFP/JOEL SAGET)

Plusieurs personnes soupçonnées d’être impliquées dans des fraudes au chômage partiel en France, évaluées à plusieurs dizaines de millions de shekels (plusieurs millions d’euros), et du blanchiment d’argent utilisant la crypto-monnaie ont été interpellées lundi en Israël, ont indiqué la police locale et une source proche du dossier. .

Dans le cadre d’une enquête menée en coopération avec la gendarmerie française et Europol, la police israélienne a arrêté “trois principaux suspects” et “plusieurs autres”, détenus pour interrogatoire.

L’enquête, qui porte sur des soupçons de “blanchiment de dizaines de millions de shekels à l’aide de mécanismes complexes” de crypto-monnaie, porte sur une “escroquerie à grande échelle visant le Trésor français” menée depuis Israël, selon la police, qui n’a pas détaillé les faits. l’identité des suspects.

54 millions d’euros détournés

Une source proche du dossier a indiqué à l’AFP qu’il s’agissait d’une escroquerie massive au chômage partiel pendant la pandémie de Covid-19 en France, un dossier complexe aux multiples ramifications instruit à Paris au Tribunal national chargé de la lutte contre le crime organisé (Junalco) .

En novembre 2020, le parquet de Paris estimait la fraude au chômage partiel à 182 millions d’euros, dont seulement 54 millions avaient effectivement été détournés, le reste ayant été bloqué avant paiement. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes.

Dans l’une d’elles, confiée depuis 2020 aux gendarmes de la section de recherche de Toulouse et à l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), a permis de dessiner le modus operandi des escrocs.

Ces derniers ont profité du fait que le gouvernement français a étendu, dès le confinement et pour compenser l’arrêt d’activité qui en a résulté, la possibilité de recourir au chômage partiel et d’indemniser les salariés.

Les fraudeurs ont usurpé la dénomination sociale et le numéro d’identification d’entreprises existantes pour réclamer une indemnisation.

Depuis juin 2021, un homme résidant en région parisienne est mis en examen pour suspicion d’appartenance à une organisation criminelle basée en Israël à l’origine de plus de 7.000 fausses demandes d’indemnisation du chômage partiel pour un préjudice total à l’Etat d’environ 11 millions d’euros.

Coopération “très active” entre la France et Israël

Les enquêteurs avaient mis au jour “des comptes ouverts en France et des comptes de rebond ouverts après qui permettent à l’argent de passer rapidement” pour le réintégrer dans l’économie légale. Le suspect français de 31 ans “nie être le meneur de cette arnaque”, a déclaré à l’AFP son avocat, Me Philippe Ohayon.

Dans un communiqué, la police israélienne a fait état d’un dispositif “méthodique” de blanchiment d’argent, dont une partie provenait “de crimes commis à l’étranger”, “utilisant des monnaies numériques sur plusieurs plateformes dans le but de dissimuler l’identité des propriétaires de l’argent”. “Ce n’est pas la seule affaire franco-israélienne et la coopération entre les deux pays est très active”, a fait remarquer Me Ohayon.

Israël pourrait choisir de juger les suspects sur place ou la France pourrait demander leur extradition, qui ne sera effective que dans un an ou deux, selon Me Ohayon.

Ce retard “pose des problèmes en termes d’agenda judiciaire et de droits des personnes”, a-t-il estimé, rappelant que son client était en détention provisoire depuis un an. Ces dernières années, plusieurs Franco-Israéliens ont été arrêtés par les autorités israéliennes dans des affaires d’escroquerie.

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