Les prix du pétrole ont chuté de plus de 20 % en un peu plus de deux mois

Les prix du pétrole continuent de baisser. Mardi, la référence sur le marché américain, le baril de WTI américain, est passée sous les 89 dollars. Il a chuté de plus de 10% en un mois. La référence en Europe, le baril de Brent, évoluait juste au-dessus des 94 dollars, alors qu’il cotait plus de 123 dollars en mars 2022.

Les prix s’étaient envolés en début d’année, soutenus par la reprise de la demande avec la fin des confinements et le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En deux mois et demi, ils ont vendu plus de 20 %.

Crise immobilière chinoise

Cette baisse reflète principalement les perspectives d’une baisse de la demande, notamment en raison du ralentissement de l’économie chinoise, du fait des effets de son strict « zéro-Covid ». La banque centrale chinoise a également annoncé une baisse des taux dimanche pour stimuler le crédit et l’activité.

La Chine baisse ses taux directeurs face aux effets néfastes de sa politique “zéro covid”

En Chine, deux indicateurs montraient lundi que la deuxième économie mondiale, qui engloutit une grande partie de la production de pétrole brut de la planète, est en mauvaise posture. En juillet, les ventes au détail et la production industrielle ont connu un ralentissement inattendu, en raison d’un rebond du Covid-19 et d’une crise de l’immobilier qui a lourdement pénalisé l’activité. La faiblesse de l’économie chinoise « pèse sur le pétrole, et il y a peu de chance de rebond à court terme », résume Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, dans une note. Il pense « assez clair que la faiblesse de la demande chinoise explique la baisse des prix du pétrole depuis juin ».

« Rappelons plus généralement que plus de la moitié du coût de l’essence est dictée par le prix du pétrole. La baisse des prix du brut due au ralentissement de l’économie chinoise a poussé le prix moyen de l’essence aux États-Unis à 3,965 $ lundi, le 62e jour consécutif de baisse »souligne, pour sa part, John Plassard, économiste à Mirabeau.

L’Iran, un élément central de l’approvisionnement en pétrole

Mais le prix de l’or noir tient également compte de la possibilité d’un prochain accord sur le nucléaire iranien, qui conduirait à la levée des sanctions et à la possibilité pour l’Iran, un important producteur de pétrole et de gaz naturel, d’exporter vers de nouveaux marchés internationaux. C’est ce qu’a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, membre clé de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Selon le ministre Hossein Amir-Abdollahian, son pays devait annoncer lundi soir son « propositions finales » sur le dossier nucléaire, après que, selon lui, les États-Unis aient accepté deux des demandes iraniennes. « Si nos propositions sont acceptées, nous sommes prêts à conclure (les débats) et annoncer l’accord lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères »il ajouta.

« Alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ralentit ses augmentations de production, l’Iran est une pièce maîtresse de l’approvisionnement », a déclaré Aditya Saraswat, analyste chez Rystad, cité par l’AFP. Mais, « il y a encore beaucoup de cases à cocher avant qu’un accord ne soit signé »prévient-il, mais si toutes les parties sont d’accord, le pays pourrait augmenter sa production de 1 million de barils par jour en quelques mois, inondant un marché où la demande s’affaiblit.

(avec agences)