Pour nos lecteurs, c’est parfois “compliqué de finir le mois et de payer les fournitures”

« Début juillet, j’ai acheté des cartables, des stylos, de la colle, etc. Je l’ai eu pour 75 euros alors que l’année dernière c’était beaucoup moins cher, raconte Amandine, une maman. Même la directrice de l’école a averti que le coût des fournitures avait augmenté. Le prix de la pâte à papier s’envole, et l’inflation se fait sentir jusque dans les rayons « fournitures scolaires » des supermarchés. Preuve en est que les parents d’un élève de sixième devront débourser en moyenne cette année 208 euros pour les achats de la rentrée, selon une étude de Familles de France. Cela représente une augmentation de 4,25 %.

De fait, même si le gouvernement verse la deuxième partie de l’allocation de rentrée (ARS) revalorisée mardi, les parents d’élèves vont encore tirer la langue en septembre. Au-delà d’Amandine, c’est aussi le cas de Lydie, lectrice de 20 minutes qui ont répondu à notre appel à témoignages : « C’est compliqué de finir le mois et de payer les fournitures. J’avais anticipé en commençant les courses scolaires en juin et juillet, mais les professeurs demandent beaucoup de choses. »

Comment “réduire la note”

Voyant l’inflation monter en flèche le prix des cahiers à spirales, grands ou petits carrés. L’exécutif a annoncé qu’il verserait donc cette année une prime exceptionnelle, lancée dans le cadre de la loi Pouvoir d’achat. Ce coup de pouce devrait coûter 1,1 milliard d’euros à l’Etat et arrivera en septembre dans les portefeuilles des ménages aux revenus les plus faibles.

Ce coup de pouce de 100 euros par foyer, plus 50 euros par enfant est le bienvenu à l’heure où “tout a augmenté, même les inscriptions aux activités périscolaires”, explique Aurélie à 20 minutes. “J’ai halluciné quand j’ai vu le prix recommandé des calculatrices pour le collège. Ils sont passés de 13 à 16 euros ! », confie, pour sa part, Céline. Celle dont le fils entre en 6e nous donne son astuce « pour réduire la note » : « J’ai trié tout le matériel du kit pour récupérer ce qui est encore en bon état. Pour certains stylos, par exemple, je n’aurais que les recharges à acheter. »

Stylos plume, gommes et bâtons de colle ont vu leur prix augmenter de 3%, selon l’étude de l’association Famille de France. Pour baisser la note, « les cahiers et classeurs sont conservés et échangés entre mes enfants avec leur accord, affirme encore Aurélie. […] Nous gardons tout ! Et on récupère, c’est la réduction des déchets scolaires ! Comme cette mère célibataire de deux bambins de 12 et 16 ans, les lectrices de 20 minutes redoublent d’astuces pour limiter les achats de la rentrée.

« Simplifier leurs exigences concernant les équipements demandés »

Ainsi, Aurélie “n’achète jamais les fournitures demandées sur une liste en fin d’année” car, “souvent, les professeurs en donnent une nouvelle” à la rentrée. “Cela nous fait acheter des fournitures en double”, ajoute celui qui dénonce une situation “ingérable et coûteuse”. De son côté, Claire “ignore les demandes particulières, comme ‘carnet rouge avec couverture bleue'”. Mère de deux enfants, elle pointe la responsabilité de certains enseignants, qui devraient “simplifier leurs exigences concernant le matériel demandé”.

“Parents de trois enfants, et salariés, nous ne bénéficierons pas de cette prime exceptionnelle”, regrette Ninia qui juge cela “injuste”. “S’il s’agit d’aides dues à une inflation extraordinaire, tous les ménages ayant des enfants scolarisés devraient en bénéficier”, plaide notre lecteur. La mère de famille dépense environ 200 euros pour son élève aîné, et 150 euros pour son cadet en primaire.

Faire des économies sur l’achat de vêtements

De son côté, Claire ne bénéficie ni “d’un bon pour préparer la rentrée ni d’allocations spécifiques” car elle est “juste au-dessus du plafond de revenus pour y avoir droit”. Mère de deux enfants, elle doit se limiter au strict nécessaire pour les achats de la rentrée. Comme elle, Céline explique que les restrictions seront indispensables cette année : « Je pense que cette année il y aura moins de vêtements achetés pour combler l’augmentation des approvisionnements. »

A noter qu’initialement destinée aux bas revenus, la prime exceptionnelle de rentrée 2022 sera finalement perçue par les allocataires des minima sociaux, des APL ou de la prime d’activité, ainsi que les étudiants boursiers. L’incertitude persiste néanmoins concernant le montant des aides accordées aux personnes qui bénéficient de la prime d’activité. Pour eux, le montant payé pourrait être différent. Une réponse est attendue dans les prochains jours.

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