Nucléaire : l’Union européenne et les États-Unis examinent la réponse iranienne – 16/08/2022 à 18:10

Le négociateur en chef iranien Ali Bagheri quitte le palais de Cobourg après les pourparlers sur le nucléaire iranien le 4 août 2022 à Vienne (AFP/Alex Hallada)

L’Union européenne et les Etats-Unis ont indiqué mardi qu’ils étudiaient la réponse de l’Iran au texte “final” proposé par l’Union européenne pour relancer l’accord sur le nucléaire, une étape cruciale après des mois de négociations difficiles.

Ces négociations entre l’Iran et les grandes puissances, lancées en avril 2021 à Vienne, visent à relancer un accord international de 2015, connu sous son acronyme anglais JCPOA, qui garantit le caractère civil du programme nucléaire iranien, qui malgré ses démentis de recherche d’armes atomiques est accusé. les bras.

Le “texte final” proposé par l’Union européenne permet aux Etats-Unis de revenir à l’accord dont ils se sont unilatéralement retirés en 2018, et de lever les sanctions américaines imposées à l’Iran, à condition que ce pays respecte ses engagements et cesse de dépasser les limites établies. sur l’enrichissement et d’autres activités nucléaires sensibles.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian (L) rencontre le représentant de l'Union européenne Josep Borrell (P) au ministère des Affaires étrangères à Téhéran, le 25 juin 2022 (AFP/ATTA KENARE)

Le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian (L) rencontre le représentant de l’Union européenne Josep Borrell (P) au ministère des Affaires étrangères à Téhéran, le 25 juin 2022 (AFP/ATTA KENARE)

“Nous avons reçu la réponse iranienne hier (lundi). Nous l’étudions et nous consultons d’autres participants au JCPOA et les Etats-Unis sur la voie à suivre”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de Josep Borrell. Chef de la diplomatie européenne et facilitateur des négociations indirectes à Vienne entre l’Iran et les États-Unis.

L’agence de presse officielle IRNA a indiqué que l’Iran, qui avait “présenté sa réponse écrite” à l’Union européenne, considérait qu’un accord était possible “si les Etats-Unis répondaient avec réalisme et flexibilité”.

Un porte-parole du département d’État a confirmé mardi que les États-Unis avaient “reçu et étudient les commentaires iraniens via l’Union européenne”.

– ‘Pas de calendrier’ –

Selon l’agence de presse iranienne ISNA, Téhéran “s’attend à recevoir une réponse de l’autre partie dans les deux prochains jours”.

Mais la porte-parole de M. Borrell, Nabila Masrali, a déclaré lors d’une conférence de presse : “A ce stade, tout le monde réfléchit à la réponse (iranienne) et ce n’est pas le moment de spéculer sur un calendrier”.

Elle a ajouté que M. Borrell est “en contact régulier avec tous les participants (aux négociations), y compris les Etats-Unis”, soulignant que l’UE n’entend pas “partager les détails du processus en cours ou les positions des participants”. .

Le JCPOA a été conclu entre l’Iran d’une part et les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie d’autre part, et le JCPOA a été torpillé en 2018 avec le retrait des États-Unis. Les États-Unis sous Donald Trump et la réimposition des sanctions américaines qui étouffent l’économie iranienne.

La localisation des sites nucléaires, des réacteurs et des mines d'uranium en Iran (AFP /)

La localisation des sites nucléaires, des réacteurs et des mines d’uranium en Iran (AFP /)

En réponse, l’Iran s’est progressivement libéré de ses obligations.

Après des négociations chaotiques suspendues à deux reprises, l’Union européenne a annoncé le 8 août un “texte final” non négociable. Lors des pourparlers à Vienne, l’UE a joué le rôle de médiateur entre Washington et Téhéran, qui n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Selon l’IRNA, “les différences portent sur trois points. Les Etats-Unis ont verbalement exprimé leur flexibilité sur deux points (non identifiés, ndlr) mais cela devrait être inclus dans le texte. Le troisième concerne la garantie d’un accord permanent” réclamé par Iran. Veiller à ce que les États-Unis ne se retirent pas à nouveau du JCPOA.

– ‘Plus proche’ –

Un responsable européen a déclaré que la demande de l’Iran de retirer les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne, de la liste noire américaine n’était plus à l’ordre du jour. Mais en revanche, les garanties permanentes de l’accord exigées par Téhéran et l’exigence iranienne que l’Agence internationale de l’énergie atomique clore le dossier des sites non déclarés en Iran, où des traces d’uranium enrichi ont été trouvées, demeurent.

Mohammad Marandi, conseiller de l’équipe de négociation iranienne, estime que “les questions en suspens ne sont pas difficiles à résoudre, car elles sont liées aux préoccupations de l’Iran en raison de violations antérieures par les États-Unis et l’Union européenne”.

Le secrétaire d'État Anthony Blinken, le 27 juillet 2022 à Washington (AFP/Oliver Doolery)

Le secrétaire d’État Anthony Blinken, le 27 juillet 2022 à Washington (AFP/Oliver Doolery)

“Je ne peux pas dire que nous parviendrons à un accord, mais nous sommes plus proches qu’avant”, a-t-il ajouté sur Twitter.

Lundi, le département d’État américain a refusé de révéler si les États-Unis étaient prêts à accepter le plan de l’Union européenne, et a refusé de commenter la possibilité de lever les sanctions américaines en cas de feu vert iranien pour un règlement européen.

Il a renvoyé le ballon à l’Iran. “La seule façon de parvenir à un retour mutuel du JCPOA (…) est que l’Iran renonce à ses exigences inacceptables qui vont bien au-delà de l’accord.”

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