Olaf Schultz sommé de se clarifier dans l’enquête “Cum-ex files”

Publié le vendredi 19 août 2022 à 12h24

Audience risquée : Olaf Schulz passera vendredi l’audition d’une enquête parlementaire sur le scandale “Cum-ex”, une fraude fiscale sur les dividendes qui irrite la chancelière allemande.

Le chef du SPD sera entendu à partir de 12h00 GMT par la commission d’enquête du parlement de Hambourg sur cette fraude complexe révélée en 2017.

Le scandale “Cum-ex” concerne un dispositif innovant d’optimisation fiscale imaginé par les banques et permettant aux investisseurs étrangers de baisser leurs impôts sur les dividendes.

Des dizaines de personnes impliquées dans cette affaire ont été inculpées en Allemagne, dont des banquiers, des commerçants, des avocats et des conseillers financiers. Au total, dix pays sont concernés.

– Entrez votre e-mail –

Parmi les banques impliquées figurait la Warburg Bank de Hambourg, qui aurait dû rembourser 47 millions d’euros à la ville portuaire allemande, mais que la municipalité a cédé en 2016.

La banque a finalement été contrainte de verser des dizaines de millions d’euros de dédommagement sous la pression du gouvernement d’Angela Merkel.

Les enquêteurs tentent de savoir si des dirigeants politiques – dont Olaf Schultz, alors maire de la ville – ont fait pression sur les autorités fiscales municipales pour qu’elles cessent de percevoir ces taxes.

“Je ne peux rien vous dire là-dessus”, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement Stephen Hebestreet, assurant que M. Schultz “répondrait” à toutes les questions de la commission.

La décision de renoncer au remboursement de la dette de Warburg à la banque aurait été prise peu de temps après une conversation entre Olaf Schultz et Christian Olearius, alors président de la banque.

Cependant, Schulz nie avoir fait pression sur les autorités fiscales de la ville de Hambourg, qu’il a dirigée entre 2011 et 2018.

Mais de nouveaux éléments ont été révélés ces derniers jours qui viennent ébranler le déni du successeur d’Angela Merkel.

Plusieurs médias ont révélé ces derniers jours que des e-mails d’un proche de M. Schultz ont été piratés par les enquêteurs et fourniront des informations “potentiellement critiques” sur des “idées de suppression de données”.

Cet e-mail « bouleverse » M. Schulz, résume le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Dans un autre élu du SPD, qui a vraisemblablement joué un rôle dans le remboursement par la banque, les enquêteurs ont découvert plus de 200 000 € en espèces dans un coffre-fort, suscitant des soupçons sur d’éventuels montages financiers cachés.

– Javes –

D’autres documents saisis indiquent également que M. Schultz, contrairement à ce qu’il a dit jusqu’ici, aurait soulevé la question du remboursement directement auprès de Christian Olearius.

Le célèbre journal Bild a publié vendredi en privé des extraits du journal de M. Olearius qui font référence à une rencontre entre M. Schulz et lui le 26 octobre 2016.

“Il pose des questions, écoute sans donner le moindre avis et sans indiquer s’il a l’intention d’agir ou non”, aurait écrit le banquier après la rencontre.

L’opposition s’est précipitée à la brèche pour critiquer le dirigeant de la première puissance économique européenne.

“La dernière révélation indique qu’Olaf Schultz et son entourage immédiat ont cherché à ne fournir que des informations limitées sur certaines réunions ou conversations téléphoniques (…) ou à les dissimuler volontairement afin de protéger l’actuel conseiller”, a dénoncé Matthias Hauer, un membre conservateur de la commission des finances du Bundestag.

Ils rejettent avec véhémence Olaf Schulz, devenu moins populaire que nombre de ses ministres, moins d’un an après sa prise de fonction.

L’ancien maire de Hambourg peine à rassurer les Allemands, inquiets d’une éventuelle pénurie d’énergie cet hiver, notamment de gaz, dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine.

Les dérapages affaiblissent également le conseiller. Et il n’a pas immédiatement réagi, mardi, aux déclarations du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui à Berlin lors d’une conférence de presse conjointe a comparé la politique israélienne envers les Palestiniens au génocide des Juifs aux mains des nazis. L’absence de réponse a conduit à un déluge de critiques.

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