Expulsion de migrants d’un squat à Toulouse : “J’ai un sentiment de honte”, dit le député Hadrien Clouet (LFI)

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Hadrien Clouet, le député de la première circonscription de la Haute-Garonne, critique l’attitude de l’Etat qui a ordonné l’expulsion d’une centaine de jeunes migrants dans le quartier de Lardenne. Interview.

Que pensez-vous de l’expulsion de la centaine de migrants de l’Ehpad Les Tourelles ?

Il y a clairement la volonté de l’Etat de mettre les gens à la rue sans aucune aide ! J’ai un sentiment de honte. Que la 6ème puissance mondiale soit incapable de donner un toit à 15 gosses me révolte. Je défends le droit au logement, il y a des lois qui renvoient à l’Etat la responsabilité d’héberger les personnes en situation de vulnérabilité. Ma ligne politique est de défendre le droit de ces personnes à avoir un logement. Lorsque les gens vivent dans la rue, cela les met en danger physique et mental. Le gouvernement sacrifie des enfants qui ont besoin d’être éduqués et qui ont besoin de stabilité.

Que recommandent les Nupes pour faire face au problème des squats ?
La mesure la plus urgente serait de mettre en place systématiquement la préemption des immeubles vides de longue durée afin de les mettre sur le marché de manière forcée et de les transformer en hébergement d’urgence ou en location. On ajouterait dans la foulée, la garantie universelle des loyers. Nous voulons également appliquer le permis de location déjà bien établi dans certaines villes au niveau national. Cela empêcherait les agences immobilières de recommander aux propriétaires d’acheter dans des villes incontrôlées afin d’éviter un phénomène de dumping qui pourrait déséquilibrer le marché immobilier à travers le pays. Au niveau local, les mairies comme Toulouse doivent travailler avec la préfecture pour disposer systématiquement d’options de relogement, se rapprocher des associations, investir dans l’habitat coopératif (les parts sociales remplacent les titres de propriété NLDR), sortir le foncier et le bâti des marché qui en fait un bien spéculatif. Je pense à Vienne, la capitale autrichienne, qui est un modèle en la matière.

Vous avez visité à plusieurs reprises le squat de Blagnac dans le quartier des Cèdres, quelles impressions avez-vous laissées à ces familles avec de jeunes enfants ?
La plupart vivaient dans un squat du quartier Barrière de Paris à Toulouse qui a été démantelé. Ils se sont organisés en collectif pour trouver une base afin que personne ne se retrouve à la rue quand ils viennent de pays très éloignés géographiquement et culturellement. C’est une très belle leçon de solidarité. Il faut aussi voir comment ils entretiennent l’immeuble squatté alors qu’ils vivent dans des conditions spartiates et sans eau chaude. Ils balayent, nettoient les parties communes, il faut un grand sens de la décence humaine pour faire tout ça. Ils n’ont qu’une crainte : être violemment délogés. Ils craignent des lésions corporelles lorsqu’ils revendiquent simplement un endroit où dormir.

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