Test vidéo – BYD Han EV : La berline électrique chinoise entre Tesla Model 3 et Model S

Si la marque BYD est présente en France depuis quelques années, c’est pour ses bus électriques. Les voitures arrivent plus tard que prévu en Europe. Ainsi la grande berline Han EV qui, avec une longueur la mettant en concurrence directe avec la Tesla Model S, devrait présenter une grille tarifaire plus proche de la Model 3 Performance.

Première expérience déroutante

La ville de Beauvais, dans l’Oise, pourrait-elle être une terre d’accueil pour les bâtisseurs nés sur d’autres continents ? Depuis 1960, il abrite l’usine Massey-Ferguson, qui a assemblé son millionième tracteur en juin dernier.

A quelques kilomètres de là, BYD a ouvert sa propre unité d’assemblage de bus électriques le 27 août 2018. Cependant, les 4 bougies n’ont pas pu être soufflées. En raison de carnets de commandes qui n’étaient pas remplis, l’activité a été déplacée en Hongrie l’année dernière. De cette mésaventure, nous pouvons tirer plusieurs informations.

Tout d’abord, que BYD est le premier constructeur chinois de voitures électriques hors quadricycles (catégories L6e et L7e) à avoir directement approché le marché français des véhicules connectés. On peut aussi dire qu’il a été le premier à avoir tenté d’investir en Europe via la France. Sa volonté de s’implanter est allée jusqu’à ouvrir une usine de bus électriques dans notre pays.

Par la Norvège

Si les premières voitures électriques BYD ont été immatriculées en France en octobre 2015 (2 exemplaires de la e6), avant même les Aiways U5 et MG ZS EV, la vraie salve pour emporter les automobilistes électriques privés passe par la Norvège où sont déjà installés les autres constructeurs chinois ce sont Voyah, Nio, Xpeng et Hongki, pour n’en nommer que quelques-uns.

« C’est le marché le plus avancé d’Europe en matière d’adoption et d’utilisation à grande échelle des véhicules électriques. Le pays bénéficie également d’un réseau de recharge complet », s’est alors justifié Isbrand Ho, directeur général de BYD Europe.

Motricité intégrale

Attendu en France avant la fin de cette année 2022, ” ce Han EV fait penser à une Honda […] à un coupé 4 portes », estime Maxime Fontanier. Pour ma part, je lui trouve un visage assez proche du Kia EV6. Il s’allume avec un éclairage Full LED.

Avec sa longueur de 4,98 m, elle dépasse le centimètre symbolique de la Tesla Model S, et le cap des 7 cm (1,52 contre 1,45 m). L’Américaine conserve cependant l’avantage en largeur : 1,96 contre 1,91 m.

La transmission intégrale est obtenue à partir de deux moteurs à aimants permanents qui développent ensemble une puissance maximale de 380 kW (516 ch). De quoi boucler l’exercice de 0 à 100 km/h en 3,9 secondes. Ce que Maxime Fontanier a pu vérifier dans une prise en main trop rapide. A noter qu’il existe une version traction en Chine, mue uniquement par ses roues avant.


Piles à lames

Pour alimenter son moteur, le BYD Han EV dispose d’une batterie lame originale LFP (lithium fer phosphate). Ces derniers sont installés transversalement sur presque toute la largeur du véhicule, sans modules intermédiaires. Les avantages de cette architecture sont nombreux : meilleure réparabilité en pouvant échanger individuellement les aubes, plus grande compacité, légèreté, facilité d’adaptation en faisant varier le nombre de ces barrettes.

Il n’y a pas que ça. Il y a tout juste 10 ans, l’image de BYD était ternie par un problème d’incendie à l’e6. Tout danger semble écarté par l’adoption des batteries à lame LFP qui intéressent aussi, entre autres, Porsche et Toyota. Ces lames supportent d’être percées d’un clou, portées à une température de 300°C, et soumises à de très fortes surcharges sans emballement thermique ni émission de flammes.

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Les premiers chiffres annoncés pour la capacité énergétique du pack laissent place aux 85,4 kWh exploitables annoncés par Maxime Fontanier. La puissance de charge maximale est étonnamment faible par rapport à la concurrence : 120 kW. Situé à l’arrière droit, le hayon accueillera un connecteur Combo CCS pour l’Europe.


Cadre

Les suspensions pilotées en deux modes (Confort ou Sport) au cœur du BYD Han EV reposent sur une architecture plutôt classique : McPherson à l’avant, et multibras à l’arrière. La liaison avec le sol est assurée par quatre roues de 19 pouces équipées de pneumatiques 245/45. Les motifs en Y des jantes alliage laissent apparaître de chaque côté à l’avant l’imposant disque ventilé léché par un étrier Brembo à 6 pistons.

En 2020, BYD promettait une distance de freinage réduite à 32,8 mètres pour une vitesse initiale de 100 km/h, ainsi qu’un niveau de récupération d’énergie pour se classer parmi les meilleurs au monde. Cependant, ” la pédale de frein n’offre pas une sensation exceptionnelle. Elle est un peu molle. Il manque un peu de progressivité dans l’effort », précise Maxime Fontanier.

Un plateau se fait sentir entre le freinage régénératif et le freinage à patins “. Ce qui n’empêche pas de pouvoir freiner très fort “. L’ESP peut être inhibé afin de s’adonner à la pratique du drift.

Coffre un peu clairsemé

BYD est pour ” Construisez votre rêve “(Construisez vos rêves”), comme on peut le lire fugitivement sur le couvercle du coffre lors du tour effectué par notre journaliste vidéo autour du Han EV. Comme la Tesla Model 3, il s’agit d’une berline à quatre portes, c’est-à-dire sans hayon.

Avec un double fond dimensionné juste pour accueillir les câbles de recharge et le matériel de secours, le coffre offre un volume strict de 410 litres. Il est traversé par le dossier de la banquette percé d’une trappe à skis. Plus court de 29 cm, le ” menue « La berline américaine offre plus à ce niveau : 561 litres, auxquels s’ajoute le frunk que la longue voiture chinoise n’offre pas sous son capot.

En revanche, il permet d’alimenter un appareil ou, pour le dépannage, un autre véhicule électrique selon le principe du V2L (Vehicle-to-Load) appelé aussi plus explicitement V2D (Vehicle-to-Device). La puissance maximale dans ce cas est de 3,3 kW.

Prenez place à l’arrière

Comme sur la Tesla, l’accès à bord du BYD Han EV se fait en actionnant les poignées rétractables. On découvre immédiatement au dos une présentation qui joue avec plusieurs couleurs gourmandes, du cappuccino au chocolat, en passant par le caramel. On retrouve l’explication de ce coffre réduit derrière la banquette. Grâce à un empattement de 2,92 m, l’espace alloué aux jambes est particulièrement généreux.

Si les genoux sont relevés, la longue assise inclinée vers l’arrière efface toute gêne. Un petit tunnel de service rend la place du milieu un peu moins agréable.

Les commandes disponibles ici sont impressionnantes. En plus de la petite dalle pour agir sur la climatisation tri-zone, un écran tactile logé dans l’accoudoir central permet de jouer avec différents réglages, dont ceux du siège avant à côté du conducteur. Depuis ce dispositif, il est également possible, par exemple, d’activer les sièges chauffants aux quatre places ou de dissimuler le toit ouvrant panoramique.

Une très bonne qualité de fabrication

Passant à la tête de BYD Han, Maxime Fontanier apprécie : ” C’est sérieux au sujet de la qualité de construction “. Il s’est vite rendu compte qu’il est possible de dissimuler les caméras de surveillance internes grâce à de petits caches coulissants.” Ce n’est pas le cas dans une Tesla », souligne-t-il.

Le tableau de bord, avec affichage tête haute, est similaire à celui qui équipe la BYD Tang. La tablette centrale de 15,6 pouces dédiée aux réglages du véhicule et au système d’infodivertissement peut être pivotée selon vos envies pour adopter le mode portrait ou paysage. ” C’est fluide, c’est bien fait », estime le journaliste spécialisé.

Un soin particulier a été apporté à l’ambiance lumineuse à bord sur laquelle il est possible d’intervenir, notamment en termes d’intensité et de couleurs. Devant le passager assis à côté du conducteur, le tableau de bord est rétro-éclairé. Les tissus rembourrés, généralement avec coutures, sont placés dans des zones stratégiques, c’est-à-dire au niveau des parties en contact avec les occupants et celles tombant sous les yeux.

Plus de 500 km d’autonomie

« Nous avons une belle instrumentation numérique « Juge Maxime Fontanier. Il est également captivé par les boutons au volant qui sont bien pensés avec, à gauche, celles dédiées aux aides à la conduite, et, d’autre part, ce qu’il faut faire sur le système multimédia. Le sélecteur de conduite est entouré de raccourcis utiles, pour changer rapidement la puissance de régénération, le mode de conduite, la ventilation, etc.

Dès les premiers tours de roues, la BYD Han EV apparaît lourde. Son poids ? Mystère ! Avec les nouveaux chiffres concernant la capacité énergétique de la batterie et la puissance du moteur, il est difficile de se fier aux anciennes informations. L’homme à la casquette l’évalue à 2,4 tonnes, similaire à celui du SUV électrique Tang 7 places.

Cela n’empêche pas le constructeur d’annoncer une autonomie de 521 km en cycle mixte WLTP. Soit une consommation d’environ 16,4 kWh/100 km, en oubliant les diverses pertes en roulant et en rechargeant.

Des prix

« Le constructeur chinois devrait faire comme les coréens Hyundai et Kia, c’est-à-dire proposer un prix comparable à celui de la concurrence, à peine inférieur, mais avec un niveau d’équipement très élevé. », considère l’homme à la casquette. ” L’idée est d’avoir une grosse berline type Tesla Model S au prix d’une Model 3 Performance », illustre-t-il.

Il suggère toutefois d’attendre octobre prochain, lorsque BYD dévoilera ses grilles tarifaires, pour assurer cette politique commerciale. C’est à cette date que la berline électrique longue Han EV sera officiellement présentée à Paris, à l’occasion du Mondial de l’Auto.

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