Contre la crise énergétique, l’exécutif tente de préparer les esprits à “la fin de l’abondance”

Une crise chasse l’autre. Après s’être concentré pendant plus de deux ans sur la gestion de l’épidémie de Covid-19, l’exécutif se retrouve face à un autre défi prioritaire en cette rentrée : les tensions sur le système énergétique de la France.

Tout un symbole, Emmanuel Macron ressuscite un format de réunion utilisé à de nombreuses reprises pendant la crise sanitaire, en présidant, vendredi 2 septembre, à l’Elysée, un conseil de défense consacré pour la première fois au sujet de l’approvisionnement en gaz et en électricité. . L’occasion pour le chef de l’Etat de se poser une nouvelle fois en capitaine dans la tourmente. Autour de lui, la cheffe du gouvernement, Elisabeth Borne, et une poignée de ministres, dont Bruno Le Maire (économie) ou Agnès Pannier-Runacher (transition énergétique), feront le point sur ce sujet, présenté par l’Elysée comme “un intérêt vital pour le pays”. Avec une question centrale au menu des discussions : la France aura-t-elle assez d’énergie pour échapper à la pénurie et ainsi “passer l’hiver”selon la formule reprise aujourd’hui par les macronistes ?

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La situation suscite de vives inquiétudes au sommet de l’Etat, en raison de la baisse des flux de gaz en provenance de Russie depuis le début du conflit en Ukraine. D’autant que la situation va sérieusement se dégrader dans les prochaines semaines : mardi, le géant russe Gazprom a annoncé qu’il allait suspendre totalement ses livraisons de gaz au groupe français Engie à partir du jeudi 1est septembre. Les tensions sont également vives du côté de l’électricité, car seuls vingt-quatre des cinquante-six réacteurs nucléaires d’EDF fonctionnent actuellement, notamment en raison d’un problème de corrosion.

Dans ce contexte, l’exécutif tente de suivre une ligne de crête : préparer les esprits à une situation difficile dans les mois à venir, avec d’éventuelles coupures d’électricité ; et, en même temps, rassurer les Français sur la capacité du gouvernement à les protéger.

discours sombre

Un double discours chanté par Elisabeth Borne ces derniers jours. « La situation est grave », a-t-elle prévenu, lundi 29 août, lors d’une allocution à l’école d’été du Medef. Avant d’inciter les entreprises à agir pour améliorer leur sobriété énergétique, faute de quoi elles seraient les “premiers coups” par des mesures de “rationnement” Dans les mois à venir. “Malheureusement, il faut s’y préparer”a-t-elle averti, évoquant d’éventuelles « des coupures de gaz brutales »avec “de graves conséquences économiques et sociales” en jeu.

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