Une éolienne géante, moins chère et deux fois plus efficace

Parangons du syndrome « ​​NIMBY » (“pas dans mon jardin”C’est “pas dans mon jardin”), les éoliennes offshore n’ont pas toujours bonne presse en France, où les recours sont constants contre leurs installations au large de nos côtes.

Pas dans mon océan – mais en pleine mer lointaine et invisible, pourquoi pas. Malheureusement, l’installation d’éoliennes conventionnelles (les « HAWT », c’est-à-dire « éolienne à axe horizontal » en anglais) se complique à mesure que l’on s’éloigne de la côte.

Les amarrer dans les profondeurs les plus profondes est souvent impossible ou trop coûteux, et faire flotter leur mât colossal et les composants lourds qu’il supporte (pales géantes comme celles de l’Haliade-X, générateur, système d’orientation, direction, etc.) les voue au naufrage, ou à l’inefficacité.

Vient ensuite le concept des « éoliennes à axe vertical » (VAWT), que l’on trouve parfois déjà sur nos terres, autour de nous. Seuls, ils sont moins performants que les éoliennes classiques et leurs pales verticales.

Mais les VAWT sont également plus petits, peuvent exploiter le vent de n’importe quelle direction sans avoir besoin d’équipement lourd et peuvent être regroupés en grand nombre dans des espaces restreints sans se gêner.

Une start-up norvégienne joliment nommée World Wide Wind a voulu explorer cette dimension de la verticalité pour créer une éolienne maritime qu’elle présente comme révolutionnaire. Présentée notamment par New Atlas, la chose a été conçue pour pouvoir être déployée en groupe et en nombre dans les océans.

Dénommée “turbine verticale contrarotative” (CRVT), posée sur une bouée comprenant lest, rotor et stator et lui permettant, à la manière d’un voilier, de se plier au gré du vent, sa machine comprend deux turbines contrarotatives. L’un est relié au rotor, l’autre au stator et ils tournent chacun dans un sens, ce qui selon la petite entreprise double la production électrique de l’ensemble.

400 mètres

Les ambitions de World Wide Wind ne sont pas modestes. Comme l’explique New Atlas, la turbine la plus puissante du monde est l’œuvre du chinois MingYang Smart Energy. Présentée en 2021, elle domine le monde à une altitude de 242 mètres et est censée pouvoir atteindre une puissance de 16 MWh.

Selon World Wide Wind, sa conception pourrait à terme tolérer des hauteurs folles approchant les 400 mètres. A cette échelle, chaque unité installée pourrait atteindre la puissance stupéfiante de 40 MW.

Quant aux coûts de production, ils seraient inférieurs à tout ce qui existe actuellement. La firme norvégienne parle d’un prix de 50 euros par mégawatt produit, l’exploitation et la maintenance de son CRVT étant facilitées par l’installation dans la bouée de certains de ses éléments les plus précieux.

Quand pourrions-nous voir ces machines s’installer dans nos mers et commencer à éclairer notre avenir ? D’après World Wide Wind et une interview accordée à Recharge, assez rapidement : un modèle capable d’une puissance de 3 MW pourrait être prêt dès 2026, la firme visant 2029 pour la version géante dont elle vante les miracles.

Comme le note toutefois New Atlas, si le concept est séduisant sur le papier, dans les interviews et dans le communiqué de presse, l’entreprise n’a pour l’instant rien montré de très concret : il faudra patienter encore un peu pour savoir si ces folles promesses sont une solidité à toute épreuve. l’espoir d’un avenir décarboné, ou s’ils ne sont que le rêve d’ingénieurs trop optimistes.

Leave a Reply

Your email address will not be published.