2ème tentative de décollage ce samedi pour la méga-fusée de la NASA vers la Lune

Le décollage est prévu à 14h17 heure locale (18h17 GMT, 20h17 heure de Paris), et reste possible pendant les deux heures suivantes si nécessaire.

Météo et emplacement

Les conditions météo sont favorables à 60% au début de cette fenêtre de tournage, puis s’améliorent progressivement jusqu’à 80%. “Notre équipe est prête, elle est meilleure à chaque tentative”, a déclaré vendredi Jeremy Parsons, responsable de l’équipement au sol au centre spatial. Si les conditions météo et matérielles sont réunies, “il est clair que nous allons décoller”.

En cas de nouvel empêchement samedi, le décollage pourra éventuellement être reporté à lundi ou mardi. Il faudra alors attendre le 19 septembre au plus tôt, en raison des positions de la Terre et de la Lune.

Le but de cette mission sans pilote, nommée Artemis 1, est de vérifier que la capsule Orion, au sommet de la fusée, est sûre pour transporter les astronautes à l’avenir.

Grâce à ce nouveau vaisseau, l’agence spatiale américaine entend renouer avec l’exploration humaine lointaine, la Lune étant 1 000 fois plus éloignée que la Station spatiale internationale. Surtout, la Nasa entend cette fois y établir une présence humaine durable, afin d’en faire un tremplin pour un voyage vers Mars.

Voyage de six semaines

En plein week-end prolongé aux Etats-Unis, jusqu’à 400 000 personnes sont attendues pour admirer le décollage, notamment depuis les plages environnantes. De nombreux astronautes ont également fait le déplacement, dont le Français Thomas Pesquet.

Le remplissage des réservoirs de la fusée avec son carburant cryogénique, environ trois millions de litres d’hydrogène et d’oxygène liquides, devrait commencer au petit matin. Lundi, une fuite avait été constatée à ce stade, avant qu’un problème de refroidissement moteur ne finisse par annuler le lancement. La NASA a depuis travaillé pour résoudre ces problèmes.

En cas de succès, deux minutes après le décollage, les boosters retomberont dans l’Atlantique. Au bout de huit minutes, la scène principale se détachera à son tour. Puis, après environ une heure et demie, une ultime poussée depuis l’étage supérieur mettra la capsule en route vers la Lune, qu’elle mettra plusieurs jours à atteindre.

Le voyage devrait durer environ six semaines au total. Orion s’aventurera jusqu’à 64 000 kilomètres derrière la Lune, plus loin que tout autre vaisseau spatial habitable jusqu’à présent.

L’objectif principal d’Artemis 1 est de tester le bouclier thermique de la capsule, le plus grand jamais construit. A son retour dans l’atmosphère terrestre, il devra supporter une vitesse de 40 000 km/h et une température deux fois moins chaude que celle de la surface du Soleil. Au total, le navire doit parcourir quelque 2,1 millions de kilomètres jusqu’à ce qu’il atterrisse dans l’océan Pacifique.

90 milliards de dollars

Le succès complet de la mission serait un soulagement pour la NASA, qui tablait initialement sur un premier lancement en 2017 pour SLS, et aura investi d’ici fin 2025 plus de 90 milliards de dollars dans son nouveau programme lunaire, selon un audit public. .

Le nom Artémis a été choisi d’après une figure féminine, la sœur jumelle du dieu grec Apollon, faisant écho au programme Apollo, qui n’a envoyé que des hommes blancs sur la surface lunaire entre 1969 et 1972.

Cette fois, la NASA veut permettre à la première personne de couleur et à la première femme de marcher sur la Lune. Comme pour accentuer le symbole, c’est la première femme directrice de lancement à la Nasa, Charlie Blackwell-Thompson, qui donnera le “go” final au décollage samedi.

Après cette première mission, Artémis 2 transportera des astronautes sur la Lune en 2024, sans y atterrir. Un honneur réservé à l’équipage d’Artemis 3, en 2025 au plus tôt. La NASA veut alors lancer environ une mission par an.

Il s’agira alors de construire une station spatiale en orbite lunaire, baptisée Gateway, et une base à la surface de la Lune.

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