A Venise, une Mostra majoritairement américaine

La Mostra de Venise, section cinéma de la Biennale d’art contemporain, fête cette année ses 90 ans. Démonstration d’une longévité inégalée, et donc de force, pour l’un des seuls grands rendez-vous internationaux à ne pas avoir fermé boutique pendant la crise sanitaire – ses éditions 2020 et 2021 ayant eu lieu, sous haute surveillance.

A 79 anse version, qui s’est ouverte mercredi 31 août avec la remise d’un Lion d’or d’honneur à la française Catherine Deneuve et une allocution vidéo du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, marque donc un retour à la normale, avec ses hordes de festivaliers, toutes origines confondues , ainsi qu’une configuration pré-pandémique, où la plupart des restrictions ont été levées.

L’une des rares réalisations de la période Covid-19 à s’être imposée, la plateforme de réservation de billets en ligne, dédiée à fluidifier l’accès à la salle, de l’avis général assez illisible, pour ne pas dire dépassée, rejouait le même gag. comme à Cannes en mai, par un crash informatique au démarrage – ce qui a le don de rendre fébrile le festivalier.

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Bénéficiant d’une fenêtre d’opportunité imprenable pour la rentrée et l’ouverture de la saison cinématographique, Venise a toujours pu compter sur une forte présence américaine, qui se confirme cette année encore, avec pas moins de onze longs métrages répartis entre la compétition et la non-compétition, et l’aréopage des stars qui, les accompagnant, passent sur le tapis rouge (Adam Driver, Ana de Armas, Cate Blanchett, Brendan Fraser, en plus de Julianne Moore dans le rôle de présidente du jury ).

Moins versé que la France dans le protectionnisme envers le parc national des cinémas, l’événement ne rechigne pas à accueillir des productions Netflix, cette année au nombre de quatre dans les rangs très exposés de la compétition. C’est d’ailleurs à l’un d’eux, Bruit blancde l’Américain Noah Baumbach, qui a rendu le lieu de tournage du film d’ouverture.

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Jusque-là, Baumbach était connu comme un digne représentant d’un cinéma new-yorkais dépeignant les affres sentimentales des classes éduquées du côté de la jeunesse démunie (Frances Ha2012), puis maturité en crise (Histoire de mariage2019). Bruit blanc marque un net changement de régime, d’abord parce qu’il se risque à mettre en images le roman du même nom publié en 1985 par Don DeLillo (Bruit de fond en français), jugées inadaptées.

Au milieu des années 1980, dans une ville universitaire du Midwest, une famille recomposée – un père historien hitlérien (Adam Driver), une mère professeur de yoga (Greta Gerwig) et leurs quatre enfants de lits différents – sont jetés sur les routes par une explosion toxique qui s’est produit dans le périmètre de leur maison. A leur retour, toutes les certitudes ont vacillé, à la suite de quoi les parents développent une dépendance à un médicament placebo, fourni par un obscur charlatan. Et c’est ainsi qu’un foyer soi-disant éclairé devient peu à peu un nid de superstitions.

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