les oppositions refusent de jouer le jeu voulu par Emmanuel Macron

Comme souvent, Emmanuel Macron avait utilisé de grands mots. Le chef de l’Etat, réélu un mois plus tôt, a tenté, le 2 juin, dans un entretien à la presse quotidienne régionale, de donner une impulsion à son second mandat. Au cœur d’une campagne législative dont il avait semblé absent, le président de la République a annoncé la création du Conseil national de refondation (CNR), un outil visant à relancer une démocratie malade en rassemblant politiques, économiques, sociaux et associatifs. forces armées, élus des territoires et citoyens tirés au sort. la ” clin d’œil “ le Conseil national de la Résistance, mis en place pendant la Seconde Guerre mondiale pour reconstruire un pays meurtri, était assumé. « Nous vivons une époque similaire. Nous sommes dans une époque historique qui nécessite un profond changement de modèle et puis la guerre est là », a expliqué le chef de l’Etat. La « nouvelle méthode » d’un président accusé d’exercer le pouvoir trop verticalement se précise.

Mais, trois mois plus tard, alors que la première réunion du CNR devait se tenir le jeudi 8 septembre à Marcoussis (Essonne), le chef de l’Etat n’a pas trouvé l’esprit de concorde recherché pour apaiser une nation dominée par « querelles et scandales »comme il le mentionne dans une chronique du magazine Défis datée du 25 août. Avant même d’ouvrir la première session du CNR, où il doit aborder les cinq thèmes retenus – écologie, éducation, emploi, santé et vieillesse -, Emmanuel Macron peine à convaincre.

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Qualifié pour « machin macroniste » par Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, ou de « bla-bla saison 2 » du leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, le CNR a déjà été boycotté par les partis d’opposition. De LR au Rassemblement national en passant par les Verts, les « insoumis », les socialistes et les communistes, tous ont fait savoir qu’ils ne devaient pas participer aux discussions, sans doute menées par François Bayrou, patron du MoDem, en tant que secrétaire général, et où les représentants de la société civile doivent également participer. Vendredi 2 septembre, les associations représentatives des élus locaux, sous la bannière des Territoires Unis, ont également annoncé qu’elles n’iraient pas aux travaux du CNR. “Le cadre qui nous est proposé ne nous paraît pas approprié pour discuter des questions relevant des compétences de nos collectivités territoriales, ont indiqué dans un communiqué François Sauvadet, président des Départements de France, Carole Delga, présidente des Régions de France, et David Lisnard, président de l’Association des maires de France et présidents d’intercommunalité. C’est par un dialogue dédié et direct entre les représentants de la communauté, l’exécutif et le Parlement que ces questions doivent être abordées. »

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