Quatre mois de prison avec sursis pour avoir frappé le maire de Châteauneuf-sur-Cher

Le jeune homme de 19 ans accusé d’avoir donné des coups de poing au maire de Châteauneuf-sur-Cher mercredi soir a été condamné à 4 mois de prison avec sursis de 18 mois ce vendredi après-midi par le tribunal correctionnel de Bourges. Une peine à laquelle s’ajoutent notamment une obligation d’effectuer des travaux d’intérêt général pendant 105 heures, une obligation de soins et une obligation d’indemniser la victime jusqu’à 200 euros. En garde à vue depuis mercredi soir, le soir des faits, cet habitant de Châteauneuf-sur-Cher a été déféré vendredi 2 septembre devant le parquet de Bourges avant sa comparution immédiate.

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Lors de l’audience, le parquet avait requis une peine de huit mois de prison ferme assortie d’une suspension probatoire avec obligation d’accomplir des travaux d’intérêt général pendant 105 heures et une obligation de soins.

Nous vivons une période difficile où nous ne respectons plus rien…

Mercredi soir, alors que William Pelletier, maire de Châteauneuf-sur-Cher, était assis au volant de son véhicule garé sur le parking de la mairie, il a reçu un coup de poing au visage, le blessant au niveau de l’arcade gauche . Trois jours d’incapacité totale de travail lui ont été prescrits. “C’est trop facile de frapper des élus pour des bagatelles”, a réagi le maire, présent à l’audience, sans avocat. Il a déposé une action civile demandant une indemnité d’un montant de 600 euros, qu’il s’est engagé à reverser à une association. “On vit une période difficile où on ne respecte plus rien…”, a regretté l’élu.

Les premiers mots du jeune homme, ce vendredi, à la barre, ont été des excuses au maire. “Je voudrais m’excuser, je ne comprends pas pourquoi j’ai fait ça. En plus, tu es une personne âgée, tu ne mérites pas ça. Je suis désolé.” Calme, courtois, visiblement impressionné de se retrouver dans le box des prévenus après deux nuits passées en garde à vue, le jeune homme raconte avoir passé une mauvaise journée le jour des faits. “J’avais peu dormi, je me suis embrouillé avec mes collègues. Ça a certainement joué sur le fait que je n’arrivais pas à garder mon calme. Mais ça reste un geste très sérieux, je ne suis pas excusable.”

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Interpellé le soir même des faits, le jeune homme de 19 ans, jusque-là inconnu de la justice, avait rapidement reconnu le coup de poing donné au maire, expliquant qu’il n’avait fait que digérer les faits anciens dont il se dit victime, notamment de la violence du maire à son encontre, ont été démis de leurs fonctions. Des violences que le maire dément pour sa part et autour desquelles des divergences sont encore apparues à l’audience.

Le maire de Châteauneuf-sur-Cher a expliqué au tribunal qu’il était intervenu un soir de juin au camping municipal pour mettre fin au “bazar” provoqué par une bande de jeunes. A son arrivée, les jeunes sont tous partis sauf le jeune de 19 ans, qu’il aurait “sermonné” et “tenu fermement par l’épaule”. Suite à quoi le jeune homme aurait répété, selon le maire : “Je vais te tuer !”” Une version avec laquelle le prévenu n’était toujours pas d’accord ce vendredi. “Je n’ai jamais dit ça”, a- Sous sa garde à vue audiences, il évoque pour sa part “un coup de poing” porté par le maire qui l’aurait également “jeté contre une barrière”, lit le président du tribunal.Le lendemain par le jeune homme avait été débouté, selon le parquet de Bourges ayant estimé, après enquête, que les preuves n’étaient pas suffisantes pour que le délit soit constitué, ce qui a causé “une grande déception” au jeune homme.

“J’ai eu un culot et je l’ai frappé”

“J’aurais préféré qu’il (la note de l’éditeur défendeur) venez me retrouver à la mairie pour qu’on en parle plutôt que de me faire tabasser. On ne peut pas continuer comme ça, on n’est pas élus pour être frappés”, a déploré William Pelletier, encore marqué moralement par cette attaque. “Au fond, je ne voulais pas le frapper, a assuré le jeune homme. Je voulais lui poser des questions. Mais quand il a répondu qu’il ne me reconnaissait pas (Mercredi soir, ndlr), je suis devenu nerveux et je l’ai frappé. Ce n’était pas une vengeance. Si je voulais me venger, je l’aurais fait avant. Je n’ai pas agi contre son statut de maire, mais contre sa personne.”

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Pour le parquet, cependant, “tous les éléments du dossier confirment que les violences” ont été sciemment commises à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique. “Et il est hors de question de porter atteinte à l’autorité de l’Etat”, a martelé Lydie Samour, substitut du procureur de la République de Bourges pour qui le jeune homme “a commis un acte particulièrement grave” pour sa première rencontre avec la justice. Elle a néanmoins tenu compte de la personnalité du prévenu décrit lors de l’audience comme quelqu’un qui “n’a jamais fait parler de lui”, “plutôt en retrait”, “plutôt sympathique”, qui “n’appartient pas aux jeunes de Châteauneuf qui posent problème” . Elle a néanmoins souligné le fait qu'”il faut se poser des questions sur le fait qu’il n’a pas pu retenir un coup de poing. Il y a un problème, et il va falloir le régler. Des frustrations, il en aura beaucoup dans sa vie”.

Un coup de sang aux conséquences dramatiques.

Me Cyril Garcia, avocat du prévenu, a évoqué “un acte inadmissible et imbécile”, “un coup de sang aux conséquences dramatiques”. Revenant sur le parcours de son client qui suit une formation en électricité avec une alternance prévue très prochainement, un jeune homme « soutenu par ses parents » avec qui il vit, Me Garcia a demandé au tribunal que la peine prononcée serve de une “punition” mais ne ruine pas son avenir.

Confiant d’avoir “beaucoup pleuré” lors de sa garde à vue – “j’avais peur de ce que mes parents allaient penser de moi” -, c’est avec un souffle de soulagement que le prévenu a écopé de sa peine de 4 mois avec sursis. , promettant au tribunal de ne plus parler de lui. “Je ne veux plus jamais le revoir au tribunal”, avait déclaré le substitut du procureur quelques minutes plus tôt.

Marion Lapeyre

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