Réveiller les Nations Unies trop tard

cTreize minutes se sont écoulées depuis l’expiration de son mandat, mercredi 31 août avant minuit, lorsque la Haute-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a publié le rapport des Nations unies sur la situation au Xinjiang. Le texte est une déclaration claire sur la répression par Pékin des Ouïghours et d’autres minorités musulmanes, qui ont été envoyés en masse dans des camps d’internement depuis 2017.

Des témoignages recueillis par des chercheurs de l’ONU pointent vers le traitement “Qui peut aller se faire torturer”. Les récits de violences sexuelles sont jugés, en particulier contre les femmes “raisonnable”. Les Nations Unies concluent à l’ampleur de ce régime de détention arbitraire, et au contexte général du déni des droits dans cette région de l’extrême ouest de la Chine. « Pourraient constituer des crimes internationaux, notamment des crimes contre l’humanité ». Cette dernière formulation, sous le sceau de la légitimité onusienne, est accablante pour la Chine, qui souhaite se présenter comme une superpuissance responsable.

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En publiant ce rapport, l’ancienne présidente chilienne a tenté de préserver l’image des quatre années qu’elle a passées à la tête de l’instance des droits de l’homme. Mais le temps mis pour publier ce texte restera aussi dans les esprits, témoignage de l’emprise croissante des régimes répressifs sur les institutions internationales.

Les experts des Nations Unies ont remis le rapport à M.je Bachelet il y a un an et attend à son bureau depuis. Son erreur a été de se laisser entraîner dans un marchandage avec les autorités chinoises, sur un sujet qui ne pouvait se permettre aucun compromis. Pékin l’a suspendue lors d’un voyage au Xinjiang, où elle demandait depuis longtemps l’accès. Afin de ne pas offenser le pouvoir chinois, l’auteur du crime étant condamné, et d’augmenter les chances de voir le déplacement se réaliser, le rapport n’a pas été publié chez Upstream. Pourtant, nul doute qu’y rester, survenu en mai 2022, l’exposerait surtout au lancement de la puissance chinoise. La visite de Potemkine, tout en laissant le rapport en suspens, était une enquête objective et détaillée sur une situation tragique.

peu d’espace

La Haut-Commissaire, en quittant ses fonctions, a expliqué le raisonnement qui l’avait poussée dans cette direction : “Nous devons tout faire pour éviter une grande fracture et préserver un ordre mondial.” C’est la même logique pour éviter une rupture avec la Chine, qui ne peut être ignorée avec son poids démographique et économique, et sa capacité à mener le vote des pays en développement qui la soutiennent financièrement, ce qui guide le secrétaire général des Nations unies. . Antonio Guterres, dans sa relation avec Pékin. Et cela même si, dans la décennie qui s’est écoulée depuis l’installation de Xi Jinping à la tête du parti-État, la répression s’est accrue. Renouvelé le 20e Le Congrès du Parti communiste chinois, qui s’ouvre le 16 octobre, va réaffirmer son emprise sur le pays.

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Pour la Chine, il y a une défaite dans la divulgation du rapport de l’ONU, mais c’est une victoire car elle a su jouer pendant si longtemps. Par ailleurs, si les pays occidentaux saluent ce retour, aussi tardif soit-il, la plupart des grands pays musulmans ont pris soin de ne pas se faire la voix de la minorité ouïgoure face à un partenaire commercial majeur. Utile au Bureau des droits de l’homme de l’ONU, cette publication montre le peu de place qu’il reste désormais à lutter pour les droits fondamentaux dans les institutions qui ont été créées pour les préserver.

le scientifique

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