Témoignage. La rentrée commence mal dans les crèches, “Trop de fatigue et de surmenage suite à l’absence du personnel”

A leur retour de vacances, les crèches peinent encore à recruter le personnel nécessaire pour s’occuper correctement des enfants. Pour pallier ce manque, le gouvernement a autorisé le recrutement de personnel non qualifié. Les jeunes qualifiés jettent l’éponge.

« Trop de fatigue et de surmenage dû à l’absence de personnel que nous n’avons pas pu remplacer malgré les moyens dont nous disposions ». Résultat, Manon Goutebel, éducatrice de jeunes enfants dans une micro-crèche lyonnaise, a fait un burn-out à 25 ans. Deux ans dans le public puis deux autres dans le privé.

“Beaucoup d’heures supplémentaires, pas le temps de se concentrer sur les activités éducatives, on était plus en garderie pour maintenir le service avec les parents”, assure le professionnel. Si depuis elle a fait une pause et compte bien reprendre son activité cette fois dans le public, Manon reste marquée. “Les crèches descendent de l’enfer et on ne s’occupe pas du bien-être des usagers ni des personnes qui travaillent dans ces structures”.



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Pénurie de personnel dans les crèches



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Les crèches descendent d’enfer et on ne s’occupe pas du bien-être des usagers ni des personnes qui travaillent dans ces structures

Manon, éducatrice en maternelle à Lyon, après un burn-out à 25 ans



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Pénurie de personnel de garde



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50% des crèches collectives souffrent de difficultés à recruter du personnel qualifié. Si le problème n’est pas nouveau, il continue de s’aggraver. Le métier n’attire plus autant. 10 000 agents sont portés disparus selon une étude de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). De ce fait, les places en garderie se font de plus en plus rares pour les parents.

Pour Marion Gorce, membre du Syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE), « C’est une pénurie planifiée et annoncée. Cela dure depuis plusieurs années. Le nerf de la guerre c’est le manque de reconnaissance du métier », pratiqué à 98% par des femmes.

En juin dernier, la ville de Lyon a été marquée par la mort d’un nourrisson empoisonné par un employé. La question des crèches est une priorité majeure du mandat “avec 71 millions d’euros pour créer de nouvelles crèches et les verdir”, détaille Steven Vassselin, assistant petite enfance à Lyon.

“En début d’année, nous avons augmenté l’ensemble de notre personnel de crèche de 80 à 200 euros bruts mensuels pour augmenter les salaires de ces équipes”, ajoute le député. Dans les 50 crèches municipales de la ville, “A la rentrée, on déplore encore une quinzaine de personnels absents, donc ça veut dire que les progrès ont été énormes cet été”, il se félicite.

« Les professionnels de l’enfance commencent souvent leur carrière au SMIC. Après, il y a peu d’évolution salariale au cours des carrières. Dans le privé comme dans le public, tout le monde est logé dans le même bateau », assure Marion Gorce du syndicat national de la petite enfance SNPPE.

Le salaire annuel moyen des professionnels de la petite enfance est de 19 748 euros contre 20 940 euros en France selon le baromètre des salaires de la petite enfance 2021. Pour le syndicat, le constat est sans appel : “C’est un très gros manque de revalorisation”.

Pour le syndicat SNPPE, l’insuccès rencontré par la profession tient aussi aux conditions de travail. « La politique de la CAF, notre principal bailleur de fonds, nous oblige à des résultats. Les crèches doivent être occupées à 80% de la capacité totale d’accueil. Sauf qu’entre 7h30 et 18h30, ils ne sont pas remplis tout le temps. Certains parents récupèrent les enfants plus tôt ou les amènent plus tard. Ces heures nous ne sommes pas à 80% d’occupation nous font perdre de l’argent”explique Marion Gorce.

Depuis le 31 août, l’État autorise le recrutement de personnel non qualifié “à titre exceptionnel, dans un contexte local de pénurie de professionnels”, détaille l’arrêté du 29 juillet. Au programme : 120 heures de formation et 35 heures d’immersion en crèche, encadrées par des collègues.

« Nous sommes très en colère. Être professionnelle de la petite enfance est un vrai métier qui demande entre 1 à 4 ans de formation. Alors oui, ça c’est du personnel en plus, c’est super, mais c’est à nous de les former quand on n’a déjà pas le temps de s’occuper correctement des enfants. regrette Marion Gorce.

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