US Open 2022 – Niveau incroyable, état d’esprit irréprochable : plus de doute, Garcia est de la partie

La semaine dernière, avant le début de cet US Open 2022, nous avons été les premiers, ici, à tempérer l’éventuel syndrome d’emballement qui aurait pu survenir autour de Caroline Garcia après son été meurtrier auréolé notamment de son formidable titre au WTA 1000 de Cincinnati. Après avoir vu la Française défaire la redoutable Bianca Andreescu en puissance (6-3, 6-2 en 1h27), dans la nuit de vendredi à samedi, il est peut-être temps, désormais, de lever les dernières circonspections d’usage et de laisser enfin allez du mot : oui, la Française est bien candidate au titre dans cet US Open. Peut-être même l’un des favoris.

Alors que nous arrivons bientôt à la fin de la première semaine, nous n’avons en tout cas pas vu beaucoup de joueurs proposer un plus beau tennis que “Caro” ne l’a fait pour piquer le champion de l’édition 2019. Pour ainsi dire, nous n’en avons pas vu. Il n’est pas enflammé de dire que les Français ont disputé un match assez extraordinaire, plein d’entrain et de panache, émaillé d’une myriade de coups gagnants (31) qui ont fait monter d’enthousiasme les spectateurs. Stade Louis-Armstrong.

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Un panache à la Henri Leconte

Même si « Caro » a renoncé à son service (et même deux fois) après 34 combats tenus consécutivement, on ne chipotera pas. On retiendra plutôt qu’elle est la neuvième Française de l’histoire à avoir atteint désormais la deuxième semaine de tous les Grands Chelems après Françoise Dürr, Nathalie Tauziat, Mary Pierce, Sandrine Testud, Julie Halard, Amélie Mauresmo, Marion Bartoli et Alizé Cornet.

Quitte à se répéter, on retient surtout cette merveilleuse façon de jouer, constamment projetée vers l’avant, animée par une envie permanente de faire mal à l’adversaire et de ne jamais jouer le moindre coup neutre. Cette Caroline, debout sur la table, montée sur ressorts et attirée comme un aimant par le filet, ressemble décidément à un Henri Leconte des temps modernes. On ne sait pas si elle est la fille la plus forte du tournoi. Mais sûrement, pas une fille joue comme elle.

“C’était une des clés du match : mettre la pression constamment, saisir toutes les occasions, me retrouver dans le court devant elle et jouer plus vite qu’elle, a expliqué en conférence de presse celle qui se retrouve désormais quasiment 8e mondiale de la Course. C’est un jeu dans la lignée de celui que j’ai développé ces dernières semaines, en essayant de raccourcir au maximum les échanges, en mettant la pression sur le service et le retour. Je suis vraiment content de la façon dont j’ai joué. Mais c’est un défi constant.”

L’idée maintenant est de fermer ma bouche

Un défi technique, bien sûr. Et un défi mental, surtout. Le tennis de Caroline Garcia est comme un exercice de funambulisme : il demande précision et concentration de tous les instants, mais surtout une confiance en soi inébranlable, peut-être l’ingrédient qui a le plus manqué ces dernières saisons. . Le moindre grain de sable, et c’est la chute. La marge étant quasi nulle, le droit à l’erreur est interdit. Autant dire qu’il faut avoir les idées claires.

Si la Française brille aujourd’hui de mille feux, elle le doit au travail en coulisse effectué avec son équipe au niveau du tennis bien sûr, mais aussi et surtout au niveau de l’attitude. “C’est un domaine sur lequel nous mettons beaucoup d’accent : essayer de rester calme et concentré sur chaque point, et cet état d’esprit porte vraiment ses fruits, s’est aussi réjouie la Lyonnaise. Au début de l’année, j’avais du mal à me contrôler. C’est vrai que parfois je peux être frustré. L’idée maintenant est de me taire. Parce que quand je commence à parler sur le terrain, ça ne se passe généralement pas bien. Les dernières semaines m’ont prouvé que rester calme et concentré fonctionne.”

Une pluie de gagnants: comment Garcia a submergé Andreescu

Évidemment, le discours sur l’importance de jouer point par point et de rester “focalisé” sur le moment présent, ça ne révolutionnera pas le genre. On s’approche même de l’évidence. Mais si Garcia, comme tant d’autres avant elle, insiste sur la nécessité d’une telle attitude, c’est qu’elle est beaucoup plus difficile à maintenir qu’à décrire. C’est même impossible sans un état d’esprit parfaitement lucide, débarrassé de tous les polluants extérieurs. Dans sa façon de rester bien calibrée sur son plan de match, de sourire sur le court même après un point perdu, et de promener sa sérénité même devant les médias, Caroline Garcia, sans l’ombre d’un doute, n’a jamais été aussi en s’accorder avec elle-même et avec son tennis.

Garcia reste sur ses gardes

Alors, prêt à gagner l’US Open ? Ça y est, la question a été lâchée en conférence de presse, et par un journaliste étranger s’il vous plait. Elle a fait sourire Caroline, qui n’a d’ailleurs pas dérogé à une réponse non moins conventionnelle – mais obligatoire – sur le fameux “match après match”. “La route est encore longue. Pour l’instant, ce ne sont que trois matches gagnés… C’est vrai que c’est super de me retrouver en deuxième semaine ici pour la première fois. Mais ça peut aller vite. Il faudra juste être prêt pour ce qui est Suivant.”

La suite, après cette première semaine rondement menée (3h47 passées au total sur le court) et, quelque part, ce premier contrat rempli, ce sera donc face à l’Américaine Alison Riske-Amritraj (29e mondiale). Et c’est vrai que c’est compliqué de ne pas se projeter, face à une joueuse dont elle n’a rien à envier au pedigree. Mais un joueur qui n’a jamais réussi, avec trois défaites en trois confrontations. La dernière fois, c’était en juin dernier, à Nottingham, sur gazon. Juste avant que Caroline Garcia, qui revenait tout juste d’une blessure au pied, redevienne “Flying Caro”. Un avion de chasse qui a réussi à décoller, et maintenant trouvé son altitude de croisière. Une mission reste à accomplir…

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