FluxJet, ce transport futuriste entre le train et l’avion qui pourrait atteindre 1 000 km/h – Edition du soir Ouest-France

C’est un système de transport digne de la science-fiction. Dévoilée par la start-up canadienne TransPod en juillet 2022, cette innovation baptisée FluxJet, entièrement électrique et inspirée du concept Hyperloop d’Elon Musk, vise à transporter passagers et marchandises à une vitesse ultra-rapide, supérieure à celle de l’avion. Ses concepteurs vendent ce projet comme étant plus économique et moins polluant !

Vous rêviez d’explorer l’univers de Guerres des étoiles quand vous étiez un enfant? La start-up canadienne TransPod, dirigée par le Français Sébastien Gendron, nous rapproche. Elle a dévoilé en juillet 2022 à Toronto (Canada) les plans d’un nouveau système de transport entièrement électrique, baptisé FluxJet, à la croisée du train et de l’avion, capable de transporter des passagers à une vitesse de 1 000 km/h. C’est plus rapide qu’un avion et trois fois plus rapide qu’un train à grande vitesse. Chapeau bas !

Cet “avion sans ailes” reprend le principe du concept Hyperloop, rendu célèbre par le milliardaire américain et patron de Tesla, Elon Musk, en 2013 : le FluxJet sera propulsé à vitesse ultra-rapide dans un tube, posé sur des pylônes à quelques mètres du sol. Les capsules magnétiques de FluxJet, autour desquelles règne une très faible pression atmosphérique pour réduire les frottements, seront propulsées à plus de 1 000 km/h, grâce à un champ magnétique généré par un moteur électrique. Une technologie complexe qui donne l’impression que le train vole.

Cependant, une telle vitesse ne sera possible que dans les zones rurales. Dès que le véhicule entre dans une zone urbaine, il reprend l’allure d’un train lambda, soit environ 200 km/h.

Seulement 45 minutes de trajet, au lieu de 3 heures de route

Pour le moment, la start-up TransPod concentre ses efforts sur une ligne reliant Calgary à Edmonton, deux villes de l’Ouest canadien distantes d’environ 300 km, soit à trois heures de route en voiture. Il ne faudra que 45 minutes pour transporter jusqu’à 54 passagers et 10 tonnes de fret lorsque cette ligne de 18 milliards de dollars sera construite. Probablement en 2035, selon Sébastien Gendron, co-fondateur et PDG de TransPod, interviewé par CNN. Aucun calendrier officiel n’a encore été rendu public.

Le but de cette innovation futuriste ? Réduire les temps de trajet, bien sûr, mais aussi permettre des déplacements “plus abordable”, selon un communiqué publié le 22 juillet 2022. Difficile à croire, vu la somme faramineuse que nécessite déjà le démarrage de ce projet. Pourtant, TransPod, qui a déjà reçu 550 millions de dollars (environ 548 millions d’euros) de financement, déclare : « Les passagers paieront environ 44 % de moins qu’un billet d’avion pour emprunter ce corridor canadien. »

Réduire les émissions de CO₂

La start-up met également en avant la dimension écologique du projet FluxJet. Ses concepteurs précisent qu’il réduira le trafic routier, avec une réduction de “Émissions de CO₂ de 636 000 tonnes par an”selon les débuts de l’évaluation de son impact environnemental.

“Cette étape est un grand pas en avant”, Le co-fondateur et directeur de la technologie de TransPod, Ryan Janzen, a déclaré dans le communiqué. « Le Flux Jet […] répond aux besoins des passagers pour réduire notre dépendance aux avions et aux autoroutes fortement dépendantes des énergies fossiles. »

Une technologie soulève des doutes

Ce moyen de transport futuriste, développé en collaboration avec des partenaires européens ou américains, n’a pas vocation à s’arrêter aux frontières canadiennes. Sébastien Gendron, PDG de TransPod a déclaré à CNN que « Des discussions sont déjà en cours au Texas (USA) pour relier Dallas à San Antonio, aux Emirats Arabes Unis pour relier Dubaï à Abu Dhabi, et en Australie pour relier Sydney à Brisbane. » En revanche, la France ne semble pas intéressée pour le moment selon lui. Néanmoins, une piste d’essai sera ouverte en Haute-Vienne début 2023.

Compte tenu des difficultés de ses prédécesseurs, certains ingénieurs regardent ce projet avec un œil prudent. La start-up Hyperloop Transportation Technologies (HyperloopTT) prévoyait d’ouvrir une première section pour l’exposition universelle de Dubaï en 2020, mais son projet n’a toujours pas vu le jour. De même, Virgin Hyperloop (anciennement Hyperloop One), qui a transporté pour la première fois des passagers en novembre 2020 à 172 km/h dans le désert du Nevada, a annoncé en février 2022 se réorienter vers le transport de fret.

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Beaucoup de promesses autour de l’Hyperloop, qui restent des mirages pour certains. même un “énorme escroquerie technico-intellectuelle”, selon les mots de François Lacôte, ancien directeur technique d’Alstom, cité par Yves Crozet, économiste des transports, dans un article pour le site de vulgarisation scientifique La conversation. Même Elon Musk aurait été séduit. En 2013, il aurait proposé de faire fonctionner des capsules transportant des personnes à des vitesses de 1 000 à 1 200 km/h, pour exhorter les législateurs à abandonner les projets de train à grande vitesse entre San Francisco et Los Angeles aux États-Unis. United, selon le magazine britannique Temps. Mais il n’avait pas l’intention de les construire.

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