Moutarde, vinaigrette, huiles et maintenant cookies… Ruptures de stock en cascade dans les magasins

Difficile de se procurer un pot de moutarde en ce moment… Comme le fameux condiment, depuis plusieurs semaines, les rayons des supermarchés voient disparaître toute une gamme de produits, faute de pouvoir reconstituer les stocks.

Huile de cuisson, vinaigrette, allume-feu ou brumisateur… Dans sa dernière étude, le panéliste Nielsen IQ a listé les produits qui manquent le plus. Entre début mars et mi-août 2022, la moutarde était la plus en rupture de stock avec 21 % de disponibilité en moins, suivie de la vinaigrette (14 %) et produits d’incendie (12 %). Les huiles (6%) et la volaille (5%) font également partie du classement.

Plusieurs explications ont été avancées : de mauvaises récoltes dues à la sécheresse, l’invasion russe de l’Ukraine, ou encore des abattages liés à la grippe aviaire dans les élevages de volailles.

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Incertitude autour de la guerre en Ukraine

Dès le week-end qui a suivi l’invasion en Ukraine, on a vu une ruée dans les magasins​, explique Myriam Qadi, chercheuse à l’Institut NielsenIQ, interviewée par 60 millions de consommateurs. Avec la hausse des prix et l’incertitude de l’issue de la guerre, de nombreux ménages ont acheté des produits de première nécessité. Pour la moutarde, l’indisponibilité n’est pas seulement due à des achats de précaution, car les ventes diminuent. Le produit est rare. En juillet, près de 30% des magasins n’avaient pas de moutardedit l’expert.

Un phénomène qui s’explique notamment par une mauvaise récolte l’an dernier au Canada, troisième producteur mondial de graines de moutarde, et qui représente près de 80 % des importations françaises pour fabriquer le condiment.

Ces pénuries ne sont pas sans conséquences pour les distributeurs. “Depuis le début de l’année, le manque à gagner brut lié aux ruptures a atteint 2,7 milliards d’euros dans les magasins. ​, déclare Nielsen IQ dans son dernier rapport.

Certaines gammes de produits laitiers peuvent manquer

Et la situation pourrait continuer à se détériorer. Dans un communiqué publié vendredi 2 septembre, Syndifrais, l’association professionnelle des produits laitiers frais, indique que certaines gammes pourrait manquer. En cause, les possibles arbitrages à faire l’inflation des coûts de production.

“Les constructeurs vont devoir arbitrer car certaines productions sont désormais en marges négatives” ​, souligne le syndicat. « Nous avons toujours travaillé avec des marges extrêmement faibles qui ne nous permettent pas d’absorber les multiples augmentations qui nous affectent. Les prochaines semaines seront cruciales pour nos entreprises. ​, conclut Patrick Falconnier, président de Syndifrais.

D’autres produits s’épuisent déjà, en raison d’imprévus sanitaires : les biscuits des marques Mikado, Petit Écolier, Granola, Pépito ou encore Pim’s. La raison ? Une alerte à la salmonelle dans une usine belge du fournisseur de chocolat du groupe Mondelez. Mais aucun produit contaminé ne s’est retrouvé dans la chaîne alimentaire et il n’y a donc pas eu de rappel de produit, selon l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

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