Plusieurs piscines publiques contraintes de fermer en France en raison de l’explosion des prix de l’énergie

C’est l’une des conséquences de l’explosion des prix de l’énergie : plusieurs piscines publiques ont été contraintes de fermer leurs portes lundi en France. Parmi elles notamment, une trentaine de piscines du groupe Vert Marine, soit un tiers de ses établissements, fermées “pour une période temporaire”. La piscine Montbauron à Versailles dans les Yvelines, le centre aquatique Guy Bey à Meudon dans les Hauts-de-Seine ou encore le centre aquatique Océabul à Saint-Jean-de-Monts sont concernés.

La société d’exploitation, basée en Normandie, ne peut plus faire face à la hausse des prix de l’énergie, explique-t-elle. Souvent chauffées au gaz, les piscines sont en effet des équipements très énergivores et subissent de plein fouet la hausse des prix. Selon Vert Marine, le le prix du mégawatt/heure a été multiplié par dix depuis janvier. La facture énergétique est ainsi passée de “15 à 100 millions d’euros”C’est “le chiffre d’affaires annuel total de l’entreprise”, a indiqué l’entreprise à l’AFP. Interrogée par France Bleu Normandie, la société estime que pour supporter les coûts, il faudrait selon elle multiplier par trois le prix d’entrée des piscines, ce qu’elle ne souhaite pas.

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Poids dans les négociations

Les discussions avec les autorités locales concernées, entamées en juin, n’ont pas abouti à ce stade. Environ 10 % des 4 000 piscines publiques françaises sont gérées via une délégation de service public et non directement par la collectivité où elle est implantée. Et sur les 90 piscines et patinoires gérées par Vert Marine, certains contrats de délégation n’incluent pas le coût de l’énergie.

Le groupe fait donc appel “aux autorités locales et gouvernementales afin de prendre les décisions nécessaires et inédites pour revenir à des coûts énergétiques supportables et permettre d’assumer les obligations de service public, et en premier lieu l’apprentissage de la natation, notamment dans les écoles”, explique Marine Green.

Ce qui a le don d’agacer le maire de Sainte-Pazanne en Loire-Atlantique. Bernard Morilleau a découvert la fermeture de L’Aquaretz, la seule piscine de sa commune, via des habitants, qui se sont eux-mêmes retrouvés devant le huis clos de l’établissement. “Apparemment, ils font ça pour faire réagir les autorités politiques”, il s’énerve sur France Bleu Loire Océan. L’édile a d’autant plus de mal à comprendre que la piscine est dans ce cas chauffée à 85% au bois.

Clients le bec dans l’eau

Les clients s’énervent aussi. Sur France Bleu Drôme Ardèche, le père d’un garçon de six ans se sent lésé : “On a payé 190 euros, ils nous ont laissé nous inscrire en août sans rien dire et là depuis ce (lundi) matin j’essaie de les appeler mais personne ne décroche.” Si le patron de Vert Marine a assuré à France Bleu Normandie que les abonnements souscrits avant la décision de fermeture seraient remboursés, le père de famille doit aussi gérer la déception de son petit garçon, impatient de commencer ses cours de natation au centre aquatique Diabolo , à Bourg-de-Péage, dans la Drôme. D’autres clients de la piscine, interrogés par France Bleu Drôme Ardèche, sont sceptiques quant à la raison invoquée par le groupe Vert Marine.

Dans les Landes, où la piscine Aygueblue de Saint-Geours-de-Maremne ferme ses portes, Hélène, interrogée par France Bleu Gascogne, ne se fâche pas : ses deux filles sont inscrites à des cours de natation depuis l’an dernier, elle a renouvelé inscription il y a quelques jours, soit un chèque de 500 euros qui a été encaissé la semaine dernière. “C’est sauver l’entreprise et sauver les emplois parce qu’aujourd’hui, si on continue comme ça, dans trois semaines ou un mois, on était en défaut», justifie Philippe Boissier, le directeur régional de Vert Marine pour la région Nouvelle-Aquitaine. Le personnel du groupe, qui compte 2 000 salariés, a été placé en chômage partiel.

Si dans les Landes, la décision a bien été prise conjointement entre la collectivité et le délégué Vert Marine, le président de la collectivité de commune Maremne Adour Côte Sud regrette la situation, »déplorant les conséquences pour les familles, les écoles, les clubs sportifs et en général sur l’apprentissage de la natation sur notre territoire côtier” à l’heure où les cours de natation doivent reprendre.

Procédures judiciaires envisagées

Du coup, certaines collectivités envisagent une action en justice, comme le propriétaire de la piscine de Limoges, à savoir Limoges Métropole. Le vice-président de la collectivité, Fabien Doucet, a indiqué à France Bleu Limousin qu’une réunion de crise s’est tenue lundi matin pour examiner le plan”légal et juridique“de cette affaire et décider d’une éventuelle action”en résumé pour les forcer à rouvrir» L’Aquapolis, qui a également cessé son activité. Même chose pour Nîmes Métropole, qui selon France Bleu Gard Lozère va se rapprocher d’autres collectivités, la communauté de communes du Grand Pic-Saint-Loup et Provence verte, ainsi que la métropole de Marseille, l’agglomération de Valence ou la commune de Rivesalte.

En attendant, d’autres collectivités tenteront de reprendre la gestion de leur piscine. C’est le cas de la mairie de Montauban, dont la fermeture de la piscine Ingreo a surpris tout le monde. “Je suis scandalisé (…) par l’attitude inavouable et irresponsable de la société Vert Marine qui nous met devant le fait accompli» déclare la maire de Brigitte Barèges, dans une vidéo postée sur Facebook. Surtout, rapporte France Bleu Occitanie, que l’élu quun accord avait été trouvé avec la direction nationale de Vert Marine avant l’été, pour limiter les effets de la hausse du coût de l’énergie : raccorder le complexe aquatique au réseau de chauffage municipal dès novembre et augmenter les tarifs de 2 à 3 % .

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Insuffisance des solutions mises en œuvre

Depuis cet été, plusieurs collectivités françaises avaient déjà décidé de réduire les amplitudes horaires de leur piscine ou ont baissé la température de l’eau, pour tenter de réduire la facture. Ce dernier explose et la tendance pourrait se poursuivre compte tenu de la crise énergétique. De nombreuses piscines prévoient de fermer leurs portes cet hiver : environ 10 % des adhérents de l’association France Urbaine, qui réunit métropoles et grandes villes, par exemple.

Cette question des piscines et des patinoires est au menu du groupe de travail sportif du gouvernement sur la sobriété énergétique. “En ce qui concerne les piscines et les patinoires, un travail est mené notamment avec les représentants de ces acteurs (dont Union Sport et Cycle) et les collectivités territoriales pour trouver des solutions permettant de réduire les consommations tout en préservant l’activité sportive et économique”, ont précisé les ministres des Sports et de la Transition énergétique réunis la semaine dernière. “Des mesures complémentaires seront étudiées en cas de fortes tensions sur les réseaux”, elle a ajouté.

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