Pyrénées-Orientales : l’explosion du prix de l’électricité pourrait obliger les stations de ski à fermer cet hiver

Les enjeux sont énormes. En l’espace d’un an, le prix du mégawattheure a été multiplié par 20 en raison de la crise énergétique. Pour les professionnels de la montagne, cette augmentation équivaut à une dépense désormais impossible à payer, remettant en cause l’ouverture des stations de ski si aucune solution n’est trouvée.

L’été n’est pas fini et le monde de la montagne tire déjà la sonnette d’alarme. Il faut dire que les obstacles s’accumulent au pied des coteaux de la Cerdagne et du Capcir. Après les années Covid, place à la crise énergétique. Car avec la flambée du prix du mégawattheure, la panique gagne les exploitants de domaines skiables. A commencer par les stations de ski qui sont actuellement en train de renouveler leur contrat d’électricité avec leur fournisseur. En un an, le prix a atteint des sommets, “passant de 70 euros le mégawattheure à… 622 euros la semaine dernière”explique Jacques Alvarez, directeur de la station de ski Font-Romeu – Pyrénées 2000. Le chiffre est édifiant et témoigne de l’intérêt croissant pour l’ensemble de l’économie montagnarde. “Chez nous, le contrat se termine au 31 décembre 2022. Nous sommes donc actuellement en pleine négociation avec notre fournisseur qui nous propose désormais un prix de 622 euros le mégawattheure, ce qui n’est pas supportable pour nous car nous ne pouvons pas répercuter une telle une augmentation du prix du forfait”poursuit Jacques Alvarez.

Si la facture monte à 10 millions d’euros avec les prix actuels, il sera impossible d’ouvrir

Pour bien comprendre l’enjeu, il suffit de se demander ce que représente la dépense d’électricité dans l’activité d’une station, grosse consommatrice d’énergie, tant dans le fonctionnement des remontées mécaniques que dans l’utilisation des canons. neiger. « C’est simple, jusqu’à présent, la charge énergétique représente 8 % du chiffre d’affaires, soit environ 1 million d’euros (pour un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros, ndlr). Si la facture monte à 10 millions avec les tarifs actuels, il sera impossible de Nous ne pouvons pas imaginer que tous les revenus serviront à payer la facture d’électricité., concède Jacques Alvarez. Même calcul sur les coteaux de Porté-Puymorens où la facture d’électricité s’élève à 300 000 euros par an. Ce budget correspond à 7% du prix d’un forfait (environ 2 euros). “Au prix actuel, si on répercute la hausse, la part énergie passerait à 28 euros par colis…”souligne Eric Charre, le directeur de la station.

Un bouclier tarifaire, comme pour les ménages, adapté aux stations de ski ?

Le sujet sera bientôt abordé par le gouvernement. Car au-delà des stations catalanes, c’est toute l’économie du ski en France qui est en berne. Sébastien Giraud, le directeur général des remontées mécaniques de la station iséroise de Villard-de-Lans, a été le premier à s’exprimer sur la question. Et ses propos ont fait boule de neige dans le monde montagnard. Pour lui, “l’Etat devrait mettre en place un bouclier tarifaire, le même que celui accordé aux ménages». A Font-Romeu, Jacques Alvarez partage cet avis. “Les pouvoirs publics doivent se saisir du sujet pour mettre en place un bouclier tarifaire. C’est actuellement en discussion, nous travaillons notamment avec Domaines skiables de France et l’Association nationale des maires de stations de montagne pour établir un plafond à 150 euros par mégawattheure“. Une réunion ministérielle doit se tenir ce mardi 6 septembre.

Un nouveau coup dur pour les professionnels qui comptent sur l’intervention de l’Etat pour limiter les dégâts. Car face à cette crise énergétique internationale, les acteurs du secteur sont impuissants. “C’est d’autant plus dur que tout le monde travaille depuis des années pour limiter la consommation d’énergie dans nos entreprises”, raconte le directeur de la station de Font-Romeu. Dans celui de Porté-Puymorens, « Par exemple, la consommation d’énergie a été réduite de 10 % au cours des quatre dernières années »confirme Eric Charré. “C’est tout le paradoxe de cette crise car nous faisons des efforts qui s’inscrivent aussi dans une approche territoriale où les énergies renouvelables se développent mais n’alimentent pas les réseaux locaux”. “Un paradoxe” que le directeur de Porté-Puymorens regrettera d’autant plus au moment de renouveler le contrat d’électricité de la centrale si la situation n’évolue pas.

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