Braderie de Lille : nos propositions pour frôler la perfection en 2023

La Braderie de Lille a réalisé une superbe édition 2022, tout le monde l’admet. Mais pourquoi ne pas chercher encore plus loin ? Voici les points qui, selon nous, peuvent être améliorés. Notre équipe éditoriale fait des propositions pour pousser plus loin le curseur.

Le tas de moules

Photo Pascal Bonnière – VDNPQR

Les seules montagnes qui se sont érigées à chaque braderie de Lille, l’autre plat pays, ont déçu. Notamment des touristes, venus s’immortaliser au pied de ces “montagnes noires”, ce folklore qui leur était vendu en même temps que leur billet de train. Ils n’ont trouvé qu’un périmètre aseptisé, place Rihour, d’où dépassaient à peine les coquilles vides. Les restaurateurs étaient déçus aussi, qui sentaient que les grands sacs en fibres dans lesquels ils versaient les moules se remplissaient en même temps que la tradition du tas anarchique perdait tout son charme. L’objectif était de récolter plus facilement les coquillages qui allaient être recyclés. Oui. Mais non. Demandez aux serveurs des restaurants qui ne se trouvaient pas dans le périmètre du grand sac blanc. Ils vous diront la corvée de transporter les seaux d’obus. Comme une forme de désobéissance civique, quelques professionnels ont érigé leur propre petite montagne, à l’ancienne, sur le sol.

Notre proposition : C’est un peu l’âme de la Braderie que nous essayons de conserver ici, l’image de carte postale. Alors on oublie les gros sacs sans âme. Rien n’empêche, comme dans les dernières éditions, de placer une grande bâche au sol.

chine nocturne

Photo Zoulerah Norddine
Photo Zoulerah Norddine – VDNPQR

Flânez entre les étals, dans la nuit du samedi au dimanche, à la seule lumière d’une lampe frontale ou d’une lampe torche, avec un pull léger sur les épaules pour affronter la fraîcheur nocturne. Nos souvenirs sont restés à l’état de… souvenirs. On ne cache pas une once de déception devant tous ces brocantes couvertes le samedi de 22h30 à 23h, tant sur le boulevard de la Liberté que sur la façade de l’esplanade. Malgré quelques « résistants » qui ont joué le jeu des « 34 heures de Chine non-stop » (ou presque), c’est un peu l’esprit de la Braderie qui s’est ainsi évaporé. Les principaux concernés avancent que les promeneurs du samedi soir ne sont pas des chineurs ; l’éternel problème de la poule et de l’œuf. Si la ville tolère gentiment que les brocanteurs commencent à vendre, plus ou moins discrètement, à partir de vendredi sur l’esplanade, on pourrait s’attendre en retour à ce qu’ils jouent le jeu de la vente nocturne. Pour conserver l’esprit de la Braderie.

Notre proposition : la signature d’un engagement, lors de l’inscription, à ne fermer que quelques heures (entre 1h et 6h par exemple). Au risque de ne plus tolérer, à terme, les soldes du vendredi, où une partie du “chiffre” est déjà assurée.

La brocante des enfants

La photo de PIB
Photo PIB – VDNPQR

C’est la carte indéniable du samedi. A l’intérieur de la gare Saint-Sauveur, les enfants ont pu vendre des jouets de leur enfance, des livres de leur apprentissage de la lecture, des vêtements de leur entrée… Les cartes Pokémon cartonnent, les jeunes parents se précipitent pour s’habiller les plus petits à moindre coût ou trouver des articles de puériculture. Cette populaire vente pour enfants n’a lieu que le samedi.

Notre proposition : c’est simple, prolongez-le le dimanche, mais peut-être avec d’autres enfants.

Les trous de la raquette

Photo Pascal Bonnière
Photo Pascal Bonnière – VDNPQR

Cent kilomètres d’étals, 8 000 réservations d’emplacements… et des trous dans la raquette. Contrairement aux brocantes professionnelles, où le moindre centimètre carré d’espace était autant demandé qu’un parasol sur la Costa Del Sol, les corners des vide-greniers n’étaient pas tous sold out ce week-end. Le linéaire de la rue Nationale avait ainsi tendance à s’effilocher comme un vieux tee-shirt. La pourtant stratégique rue Gambetta affichait un profil discontinu, une succession de pleins et de vides. La rue de Valmy, pour son retour dans le périmètre soldé, peinait à garder un front uni. Quant au lieu de la Nouvelle Aventure, nul besoin de tirer sur l’ambulance : son intégration à la Braderie, pour la première fois, tourne au fiasco. Des défections sans doute difficiles à anticiper, donc à prévenir. A moins d’innover ?

Notre proposition : tester un mode d’inscription alternatif, plus rapide, sur le modèle des tickets de dernière minute, pour « remettre sur le marché » les places inoccupées, jusqu’à quelques jours avant la Braderie, voire pendant celle-ci.

Toilettes publiques

La photo de PIB
Photo PIB – VDNPQR

L’odeur du pipi est à la Braderie ce que le numéro 5 de Chanel était à Marilyn Monroe : une signature. Néanmoins, si l’on peut s’amuser de la mythique incontinence des brads, comme l’a fait Martine Aubry, on peut aussi s’interroger sur les moyens mis en œuvre pour empêcher des milliers de vessies de se soulager aux abords des églises, sous les porches ou à l’entrée des parkings… Avec seulement huit toilettes publiques dans le périmètre de la Braderie, pour plusieurs centaines de milliers de visiteurs, le compte n’y est évidemment pas.

Notre proposition : accélérer l’installation prévue de nouvelles toilettes publiques municipales (une vingtaine d’ici fin 2023 en théorie), et doubler le nombre de toilettes provisoires pendant le week-end de la Braderie, en les répartissant mieux dans le Centre et le Vieux Lille.

DJ d’appartement

Photo Zoulerah Norddine
Photo Zoulerah Norddine – VDNPQR

C’est un phénomène qui a surgi sans véritable préméditation : une sonorisation, une fenêtre ouverte, une poignée de passants accrochés, et badaboum, comme à l’anniversaire d’un copain, on se retrouve hypnotisé par le charme de faire danser des amis dans la rue juste en dessous. Ces DJs d’appartement ont fleuri le samedi soir, et c’était joyeux, bon enfant. Ce n’était pas du goût de la police, qui avait pour mission (ce n’était pas le rôle le plus facile) de mettre un terme à ce genre de situation. Dans la question ? Les embouteillages que cela a provoqués dans les rues concernées. Mais, le même jour, la Braderie provoque les mêmes embouteillages, sans que cela pose de réel problème. Et de nombreux endroits ont joué de la musique jusqu’à 2 heures du matin, sans être dérangés.

Notre proposition : si ces manifestations spontanées restent dans les clous des horaires annoncés, on tolère sans le dire, on laisse vivre, et on permet aux gens de profiter de ces petits moments de bonheur collectif, ce n’est pas si souvent. Nous n’intervenons que lorsque le délai est atteint.

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